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SsangYong Torres: un souffle nouveau

Enfin débarrassé de ses problèmes financiers, le constructeur coréen revient avec un nouveau SUV qui joue la carte de la séduction. Avec le Torres, il entend jouer sur plates-bandes de certains modèles bien installés sur le marché.

Temps de lecture : 4 min

Ces derniers mois, le constructeur SsangYong a traversé quelques difficultés financières. Au bord de la faillite, celui-ci a failli être racheté par le groupe Edison, mais l’opération a capoté au dernier moment. Puis vint le conglomérat sud-coréen KG qui a finalement pris son contrôle et effacé ses dettes, le sauvant in extremis de la disparition. Cette reprise devait s’accompagner d’un changement de nom de l’entreprise qui devait devenir KG Mobility. Mais c’était sans compter sur les nouveaux dirigeants de la société qui ont récemment décidé de changer ce nom en KGM.

Allez savoir pourquoi, le Torres, dernier modèle développé à la base par SsangYong, mais commercialisé par KGM, porte encore la marque SsangYong qui pourtant n’existe plus ! Du côté de l’importateur belge, on nous a assuré que le nouveau nom serait définitivement adopté au début de l’année prochaine. Quoi qu’il en soit, ce SUV symbolise le renouveau de ce petit constructeur coréen qui ne demande qu’à se réinventer.

Look sympa

Si les anciens modèles du constructeur n’étaient pas vraiment des modèles de design (on se souvient du Rodius qui avait vraiment touché le fond !), le Torres s’inscrit dans une nouvelle dynamique. Ce véhicule de 4,70 m de long se la joue stylé et plutôt viril avec sa face avant verticale, les passages de roues bien marqués avec des protections en plastique, les lignes de force dans les flancs et un hayon surmonté d’une protubérance qui évoque les roues de secours qui trônaient autrefois à l’arrière des 4x4.

Mention spéciale aux montants C, très épais, peints en gris, qui contrastent avec le reste de la carrosserie. Ce SUV ne ressemble ainsi à aucun autre véhicule de sa catégorie et c’est tant mieux ! Avec son look d’aventurier, il donne vraiment envie de voyager…

Premium

L’ambition de KGM était de réaliser un véhicule plus « premium » que ce que SsangYong avait l’habitude de faire. Il suffit de pénétrer dans l’habitacle pour s’en rendre compte, car les matériaux utilisés sont très flatteurs et les assemblages ont de quoi rendre jaloux certains constructeurs plus haut de gamme. Sur la planche de bord, peu de commandes physiques, mais trois écrans : un pour l’instrumentation, un autre pour le système d’infodivertissement et le dernier pour les commandes de climatisation.

Dans un univers bicolore plutôt chic et « design », pas de faute de goût ou d’ergonomie. Tout tombe parfaitement sous la main, les plastiques de proximité sont majoritairement « moussés » et agréables au toucher et les sièges se montrent très confortables.

L’espace à bord est généreux aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, tout comme le coffre qui bénéficie d’une capacité correcte de 703 l et qui peut évoluer jusqu’à 1.662 l.

A l’intérieur, les matériaux utilisés sont très flatteurs et les assemblages ont de quoi rendre jaloux certains constructeurs plus haut de gamme.
A l’intérieur, les matériaux utilisés sont très flatteurs et les assemblages ont de quoi rendre jaloux certains constructeurs plus haut de gamme.

Une seule motorisation

En attendant sa version EVX 100 % électrique, ce modèle n’est vendu qu’avec une seule motorisation essence : un bloc 4 cylindres turbocompressé de 1,5 l développant 163 ch et 280 Nm. En fonction de la finition, le SUV est disponible en traction ou avec une transmission intégrale, en boîte manuelle ou automatique à 6 rapports.

Pas question d’hybridation légère toutefois, le moteur coréen n’a pas encore été converti au principe d’électrification. Pourtant, il est tellement discret au ralenti qu’on a l’impression qu’il l’est. En roulant, il faut vraiment le pousser dans ses retranchements pour l’entendre et le niveau sonore n’est donc jamais gênant. Notre véhicule d’essai était équipé de la boîte automatique qui fait son travail sans se faire remarquer.

Loin d’être léger avec une masse de 1.500 kg à vide, le Torres n’affiche pas des performances spectaculaires. Cependant, son moteur se révèle suffisant dans le cadre d’une utilisation « en bon père de famille » et les relances sont suffisantes dans la circulation de tous les jours.

En ce qui concerne la consommation, elle a tourné autour des 8,5 l/100 km sur un parcours essentiellement composé de routes secondaires.

Suspensions fermes

Le confort à bord se dégrade facilement lorsque la route devient moins accueillante. Pour procurer à son véhicule un comportement rigoureux sans mouvements de caisse, le constructeur a opté pour un réglage très ferme de ses suspensions. De ce fait, les passagers sont mis à rude épreuve sur notre réseau routier qui ne brille pas par son bon état.

Si les sensations au volant sont bonnes sur les routes sinueuses, le Torres aurait toutefois mérité plus de souplesse, ce qui aurait été plus en adéquation avec son excellente insonorisation.

L’addition fait cependant passer ce désagrément : vendu à partir de 36.490 € en version deux roues motrices et en boîte manuelle, le SsangYong, futur KGM, est très correctement positionné par rapport à la concurrence (Skoda Kodiaq, BMW X3 ou Volvo XC 60). Par contre, la version à transmission intégrale qui est vendue presque « toutes options » est proposée bien plus cher : 46.490 €.

Maxime Hérion

www.gocar.be

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