Accueil Echo des entreprises

Chez Corteva Agriscience: de nouvelles pistes pour le désherbage en maïs, chicorée et betterave

Cette année, c’est à Beauvechain et Jauchelette (Jodoigne) que prenaient place les essais conduits par Corteva Agriscience. La question du désherbage y occupait une place prépondérante, dans un contexte où les pratiques évoluent, notamment en betterave sucrière et chicorée.

Temps de lecture : 3 min

La société exposait, début juillet, plusieurs herbicides en cours de développement. en betterave sucrière, chicorée et maïs. Ces produits sont en attente d’agréation et ne sont donc pas encore commercialisés sur le territoire belge. Ils doivent, en effet, d’abord achever leur « parcours administratifs » avant d’être proposés à la vente.

Un herbicide compatible avec l’actuel système Far

En betterave sucrière, le nouvel herbicide que présente Luc Looze, regional sales marketing manager chez Corteva Agriscience, fait intervenir une molécule jusqu’ici inutilisée dans cette culture. Agissant par contact, les chénopodes constituent son point fort, mais elle montre aussi une certaine efficacité sur aethusa, mercuriale, laiteron, coquelicot…

Sur le plan technique, il s’agit d’une formulation liquide et fractionnable. Il est ainsi possible de la conjuguer avec le traitement Far « classique », moyennant un délai d’au moins cinq jours entre chaque intervention. « Qu’importe le fractionnement choisi, il est essentiel d’appliquer la dose pleine pour obtenir une efficacité complète sur chénopode », précise-t-il. Et d’ajouter : « Les traitements peuvent s’envisager assez tôt car il s’agit d’une matière active sélective de la betterave en pré-émergence. »

Face à la flore adventice rencontrée, l’emploi de partenaires reste requis en vue d’obtenir des résultats satisfaisants.

Par ailleurs, sur base des essais conduits sur la parcelle, Luc Looze confirme qu’il ne faut pas débuter trop tardivement le désherbage des terres betteravières. « Attendre signifie intervenir sur des adventices plus développées et, par conséquent, plus difficiles à combattre. Ce qui n’est pas sans impact sur le résultat final ! ».

Une alternative au Bonalan et aux sulfonylurées

Du côté de la culture de chicorée et chicorée witloof, le phytopharmacien s’attelle à faire agréer une nouvelle matière active de contact efficace contre chénopode, aethusa, fumeterre ou encore mercuriale. Malgré un spectre d’efficacité similaire, il ne s’agit pas de la même matière active que celle présentée en betteraves sucrières. Cette formulation liquide serait, elle aussi, appliquée en plusieurs fractions pour maximiser son efficacité. « Toutes deux appartiennent également à une nouvelle famille chimique », complète Luc Looze.

Cet herbicide permettrait de mettre sur le marché une alternative suite à la disparition du Bonalan et au recours aux sulfonylurées pour lesquelles des adventices résistantes commencent à voir le jour (coquelicot, mouron et camomille, entre autres).

Petit bémol mis en évidence dans les essais, l’herbicide en question ne se montre pas efficace en présence d’arroche étalée et ne constitue pas une solution face au laiteron. L’ajout de partenaires est donc nécessaire. Et M. Looze d’ajouter : « Les interventions doivent débuter au stade 2-4 feuilles du chénopode pour une efficacité maximale ».

Une combinaison à large spectre

En maïs, Corteva Agriscience travaille sur un futur herbicide associant trois matières actives, dont une serait nouvelle dans cette culture, en cas d’agréation. Il se présente sous forme d’une formulation prête à l’emploi compatible avec les produits à action racinaire. Le but : commercialiser un produit à large spectre, efficace contre les graminées et les dicotylées. Parmi ses cibles, on retrouve les chénopodes, le panic pied-de-coq, les renouées, la morelle, le géranium ou encore le rumex.

La parcelle d’essais, largement envahie par les adventices (liseron des haies, chénopode, véronique de Perse…), a permis de mettre en évidence les plus-values de cette nouveauté. L’association avec divers partenaires est également passée au crible, en fonction de la flore adventice rencontrée.

Sur place, la firme teste également deux biostimulants visant à réduire l’impact des stress abiotiques sur la culture.

Jérémy Vandegoor

A lire aussi en Echo des entreprises

Voir plus d'articles