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La meilleure alliée d’une alimentation saine

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Les Britanniques sont quelque peu habitués aux décisions marquantes. On l’a déjà vu avec le Brexit, dont les effets se sont fait ressentir de part et d’autre de la Manche. Ils le prouvent également avec l’adoption attendue en 2027 d’une interdiction générationnelle de fumer. Si celle-ci achève son parcours législatif, toutes les personnes nées après le 1er janvier 2009 n’auront plus accès aux cigarettes, entre autres dispositions.

En ce début d’année, c’est une autre décision qui touche chaque jour les Anglo-saxons. Depuis début janvier, les publicités consacrées aux biscuits, céréales, boissons gazeuses, confiseries, pizzas, glaces ou encore produits surgelés trop gras, salés ou sucrés sont bannies de la télévision. Des dizaines d’aliments ont ainsi été privées d’apparition sur le petit écran avant 21h, sur décision du gouvernement. Ces mêmes publicités sont, par ailleurs, désormais interdites sur internet, qu’importent l’heure et le site web consulté.

Les aliments frappés par cette interdiction ont été considérés comme étant les moins sains, sur base de leur teneur en sel, en graisses, en sucres et en protéines. L’objectif affiché par le gouvernement est clair : réduire drastiquement les cas d’obésité infantile, en protégeant davantage les plus jeunes de la publicité consacrée à ces produits.

La mesure est loin d’être anecdotique, tant elle frappe les esprits par l’ampleur des denrées concernées. Elle ne pourra néanmoins produire des effets durables que si elle s’inscrit dans une approche plus globale. Protéger les enfants de la publicité, sans prévoir des mesures de conscientisation, ne suffit pas à leur apprendre le « bien manger ».

L’éducation alimentaire, à l’école comme à la maison, constitue un levier indispensable pour permettre aux jeunes Britanniques de retrouver de meilleures habitudes culinaires. De nombreuses écoles intègrent déjà un potager à la cour de récréation, permettant aux plus jeunes de découvrir le cycle de croissance des légumes mais aussi les rudiments de la cuisine « maison ». Vertueuse, la démarche gagnerait à être prolongée à domicile, même si le temps, partagé entre activités professionnelles et privées, manque souvent à l’heure de préparer le repas.

Promouvoir les visites à la ferme et l’achat de produits agricoles constitue une piste supplémentaire pour reconnecter les mangeurs à des pratiques alimentaires saines, tout en redonnant une place centrale aux produits bruts et au partage familial en cuisine. Lait, fromage, beurre, viande, fruits et légumes sont produits en abondance sur le territoire britannique. Ils n’attendent que d’être achetés et cuisinés, constituant ainsi la base de repas équilibrés.

Ce postulat n’est pas propre au Royaume-Uni. En Belgique aussi, l’agriculture constitue la meilleure alliée d’une alimentation de qualité. C’est à la ferme que doit commencer l’apprentissage du « bien manger », là où les aliments ne sont ni ultra-transformés, ni enrobés d’un épais discours marketing. Plus que jamais, notre agriculture doit être replacée au cœur de nos démarches alimentaires, non pas comme un vestige du passé, mais bien comme une réponse actuelle à un défi de santé publique.

Jérémy Vandegoor

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