Interdiction des pesticides à proximité des captages d'eau: la proposition d'Ecolo rejetée
Comme en commission il y a 15 jours, la proposition de décret portée par Ecolo visant à interdire l'usage de pesticides à proximité des captages d'eau potable a été rejetée par la majorité, mercredi, en séance plénière du parlement wallon.

Une décision «incompréhensible» pour Ecolo, soutenu par le PS et le PTB. «Je ne comprends toujours pas cette obstination du gouvernement wallon à ne pas agir. L'heure de la décision, c'est maintenant», avait auparavant répété la députée écologiste Céline Tellier.
Les verts avaient déjà déposé une proposition de décret sur le sujet en novembre dernier - et une motion en septembre - mais à l'époque, le ministre wallon de l'Environnement, Yves Coppieters (Engagés), avait assuré que des avancées étaient sur le point d'être présentées au gouvernement. «Quinze semaines plus tard, soit près de 4 mois, aucun texte n'a été présenté au gouvernement, aucune discussion n'a abouti, aucune décision n'a été prise et aucune perspective n'a été présentée», a à nouveau déploré Ecolo.
Si elle se dit «alignée» sur la nécessité d'avancer, la majorité, elle, a avant tout appelé à la poursuite de la concertation. «Il n'y a aucun débat sur la nécessité de préserver la ressource en eau et Ecolo n'est pas le seul groupe à défendre la nécessité d'agir. Mais la dynamique du dialogue et de la co-construction des mesures pour réduire l'utilisation des pesticides suit son cours. Et dans ce cadre, il est essentiel d'emmener le secteur agricole avec nous», a ainsi défendu Marie Jacqmin (Les Engagés).
«Pour Ecolo, ce sont 15 semaines de perdues. Pour nous, c'est le temps de la co-construction, un temps nécessaire pour parvenir à des mesures réalistes. La transition doit être soutenable et les mesures doivent être justes et flexibles», a-t-elle ajouté.
«C'est un sujet qui nous mobilise tous. Par contre, on ne peut pas se joindre à une méthodologie qui manque de sérieux: le texte n'a ouvert aucune concertation avec le secteur agricole alors qu'il serait fortement impacté par les interdictions prévues par cette proposition. Or, pour une bonne adhésion en agriculture, il est primordial de consulter le secteur. Il serait idiot et contre-productif de se passer de cette concertation, concertation qui est d'ailleurs menée par le gouvernement», a abondé Véronique Durenne (MR).
Selon le ministre Coppieters, les travaux ont effectivement repris avec les représentants du secteur agricole. Une réunion a d'ailleurs eu lieu mercredi matin avec les syndicats agricoles qui souhaitent une transition soutenable. «Il est indispensable de privilégier une approche pragmatique fondée sur le dialogue, sans diminuer nos objectifs finaux», a conclu le ministre. Ce dernier présentera au gouvernement une note sur l'évolution des travaux d'ici la mi-avril.





