Auxiliaire animalier : une formation taillée pour les réalités du métier
Le métier de vétérinaire évolue constamment. Entre les actes médicaux, les charges administratives ou encore le suivi des clients, ces professionnels doivent faire face à un agenda plus que chargé. Dans ce contexte, l’appui d’un profil adapté pourrait-il les aider dans leurs tâches quotidiennes ? C’est en tout cas le pari de la haute école de la Province de Liège qui, depuis septembre 2025, propose une option d’auxiliaire animalier au sein du bachelier agronome en gestion des productions animales et végétales.

Juliette Humblet et Alycia Lhoist font partie de la trentaine d’étudiants qui suivent cette nouvelle option. « Ma maman a vu la formation sur le compte Instagram du campus de La Reid. Sans elle, je ne me serais peut-être pas inscrite dans ce bachelier », confie Alycia. Même son de cloche pour Juliette, qui a décidé de sauter le pas après être venue aux portes ouvertes de l’établissement. Si la première souhaiterait plus tard ouvrir un refuge pour animaux, la seconde se voit travailler dans un zoo puis, pourquoi pas, ouvrir un chenil pour chiens et chats durant les vacances de leurs maîtres. Bref, c’est avec des projets plein la tête que ces deux étudiantes ont fait ce choix pour leur futur.
Néanmoins, avant de sauter à pieds joints dans la vie active, elles devront d’abord réussir leurs trois années d’études à La Reid (Theux). Inscrites dans le bachelier agronome en gestion des productions animales et végétales, c’est à partir de la prochaine rentrée scolaire qu’elles pourront découvrir pleinement cette nouvelle orientation. En effet, les étudiants suivent d’abord un tronc commun lors de leur première année d’études. En deuxième, l’option auxiliaire animalier leur ouvre ses portes, avec déjà un premier stage d’observation d’une semaine. « Il s’agit des seuls étudiants à partir déjà en stage dès la deuxième année. Nous avons suivi les conseils des professionnels. Selon eux, il est essentiel que les jeunes soient rapidement dans le bain », explique Marianne Dawirs, directrice du département des sciences agronomiques à la haute école de la Province de Liège.
Les animaux, dans l’ADN de l’école
Afin de développer cette option, le monde pédagogique et professionnel ont avancé de concert. Un travail de longue haleine entamé il y a une dizaine d’années, tandis que la haute école Louvain en Hainaut (Helha) ouvrait la formation en technologies animalières. « À l’époque, nous avions également déposé un dossier. Cependant, nous n’étions pas encore totalement convaincus de l’intérêt d’une telle section », souligne la directrice. Au fil du temps, le projet mûrit, avant de revenir sur la table il y a deux ans. « Nous avions sondé le secteur, des vétérinaires aux parcs animaliers, afin de savoir si c’était pertinent. Avec le temps, nous avons remarqué que leurs besoins avaient évolué. Nous nous sommes donc dit que c’était le moment de nous lancer ».
Par ailleurs, comme le rappelle Marianne Dawirs, les animaux font partie de l’ADN de l’école. Ainsi, le bachelier en productions animales et végétales, anciennement connu sous le nom de techniques et gestion agricoles, permet aux étudiants de devenir, par exemple, conseillers agricoles, technico-commerciaux ou encore d’acquérir les connaissances nécessaires pour reprendre une exploitation. En se formant en auxiliaire animalier, ils étudieront dès lors les animaux de la ferme et les chevaux, mais aussi d’autres espèces qu’ils seront amenés à côtoyer dans leur profession.
Un soutien précieux pour les vétérinaires
Et le moins que l’on puisse dire est que l’école a voulu miser sur une formation des plus complètes, comme l’indique Martine Antys, également impliquée dans le projet. « Ils apprendront de tout. Cela passe par la législation liée à la médecine vétérinaire, les connaissances administratives… ».
Les jeunes devront notamment être en mesure de contenir une bête pendant que le vétérinaire s’en occupe. « Sur le terrain, nous sommes souvent limités par le propriétaire, qui peut éprouver des difficultés à tenir correctement son animal, et cela peut s’avérer dangereux », souligne la professeure à l’Ipea (Institut provincial d’enseignement agronomique).
Également vétérinaire, elle sait de quoi elle parle. Les horaires chargés, la masse de travail, le surmenage : elle ne connaît que trop bien cette réalité. Autant d’éléments qui lui ont valu d’être victime d’un accident alors qu’elle exerçait. « J’ai reçu un coup de sabot d’un cheval. Je reste persuadée qu’avec un assistant, cela ne se serait pas produit. Le vétérinaire a des heures de travail énormes. En outre, il doit s’occuper de tous les aspects administratifs. S’il peut être épaulé dans ces tâches, il pourra se concentrer pleinement sur ses actes vétérinaires ».
De plus, la formation se veut en phase avec les enjeux actuels du métier. Seront, par exemple, étudiés le bien-être animal, le développement durable, les relations entre l’animal et l’homme… l’ensemble dans le cadre d’études scientifiques.
À terme, plusieurs portes pourront s’ouvrir aux futurs diplômés. Pour ceux qui choisissent d’assister les vétérinaires, l’école aura pu leur fournir toutes les clés afin de leur être d’une aide précieuse, à l’instar des infirmiers pour les médecins. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir. Chez nous, il manque actuellement un cadre législatif afin de reconnaître à juste titre cette profession. « Mais les choses peuvent évoluer… Dans d’autres pays, une série d’actes médicaux peuvent d’ores et déjà être réalisés par les assistants vétérinaires », souligne Marianne Dawirs.
Si l’option n’est actuellement qu’à ses débuts, elle a déjà trouvé un écho positif auprès des vétérinaires. Un signal encourageant pour ces futurs professionnels dont l’enthousiasme ne demande plus qu’à trouver sa place sur le terrain.





