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De l’œuf au poussin: quand la vie démarre sous le regard des élèves

C’est un soupçon de vie à la campagne qu’amène chaque année Jessica Brummans dans sa salle de classe. Cette institutrice de l’école primaire Saint-Cœur de Marie à Hannut a eu une idée originale : apporter à ses élèves des œufs fécondés de ses poules. Quelques jours plus tard, la magie opère sous les yeux émerveillés des enfants, aux premières loges pour assister à l’éclosion tant attendue.

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« Ici, c’est un peu comme une deuxième maison », sourit Jessica Brummans en montrant sa salle de classe. Il suffit d’ailleurs de jeter quelques regards aux alentours pour comprendre que l’on a affaire à une passionnée d’animaux. Des photos de son chien et de son cheval notamment décorent le lieu. Puis, plus étonnant, nous découvrons des œufs placés dans une couveuse installée sur son bureau.

Un projet qui tient à cœur à l’enseignante et dont elle a accepté de raconter la genèse. « C’est la 5e  année que j’amène des œufs en classe. Je possède 4 poules à la maison, de race Cochin, accompagnées d’un coq. C’est pour cela que les œufs sont plus petits. Je me suis rendu compte qu’auparavant, moi-même, je n’avais jamais eu la chance d’assister à une éclosion. Il s’agit d’un moment fascinant. Je souhaitais le partager avec mes élèves ».

Une transmission d’expérience qui, cerise sur le gâteau, arrive justement à la période de Pâques. Bien que cela nécessite un peu de calcul en amont… L’objectif ? Que les enfants puissent assister à l’éclosion, « dans 90 % du temps, c’est le cas », sans pour autant entraver le bien-être des animaux. Ainsi, si les œufs restent bien au chaud dans cette machine durant l’incubation, les poussins ne passeront que 4 à 5 jours en classe. Une manière d’éviter aux nouveaux-nés les allers-retours inutiles entre l’école et son domicile.

« Cette année, ils arriveront juste avant la période de Pâques. Je les reprendrai chez moi pour les vacances. À l’école, j’ai opté pour une plaque chauffante sous laquelle les animaux peuvent bénéficier de la chaleur. Ce qui est drôle, c’est que les poussins aiment le bruit. Lorsque les élèves sont en récréation, ils se mettent à piailler. C’est comme s’ils les appelaient, car le silence devient trop pesant pour eux », complète-t-elle.

Apprendre la théorie…en néerlandais !

Cette année, normalement, 6 à 7 petits verront le jour, de quoi réjouir l’ensemble de l’établissement scolaire. « J’annonce que les poussins sont là dans les autres classes afin que tous puissent réellement en profiter ».

« Juf » Jessica donne, en effet, cours de mathématiques, de néerlandais et une partie des leçons d’éveil dans cette école primaire où les élèves peuvent suivre la moitié du cursus en immersion. Ici, à Saint-Cœur de Marie, ce sont les enfants de 3e et 4e  immersion qui ont l’opportunité de vivre cette petite aventure. Jour après jour, ils suivent de près l’évolution des futures poules, de la théorie à la pratique. Pour le premier aspect, grâce à un manuel réalisé par les soins de leur juf, les élèves peuvent apprendre comment se développent ces gallinacés ou encore les différentes étapes de l’incubation. Des mots de vocabulaire sont également indiqués, le tout en néerlandais, évidemment.

Une adoption possible avec l’accord des parents

Côté pratique, la professeure, munie d’une lampe, leur montre l’intérieur de l’œuf pour reconnaître ceux fécondés ou non. « Grâce à cela, on voit vraiment comment les poussins évoluent et deviennent un peu plus réels », raconte Loumène, élève en 4e  année. Ses camarades de classe acquiescent. Au-delà des cours, grâce à cette expérience, ils en apprennent chaque jour un peu plus sur la vie de ces animaux. « Par exemple, j’étais étonné qu’une machine puisse faire le travail d’une poule avant la naissance », renchérit Samuel. Tandis que de son côté, Emile a été surpris de découvrir que les petits naissaient avec un duvet. « À la maison, j’ai eu des lapereaux mais eux étaient tous nus à la naissance ». « L’année dernière, on avait déjà pu assister à l’éclosion. Juste avant qu’ils naissent, on voit l’œuf bouger, puis le petit bec sortir », raconte, quant à elle, Mahaut.

Ensemble, les enfants confient attendre la naissance avant de baptiser ces nouveau-nés. Des noms qui leur colleront à la peau peut-être encore longtemps puisque l’institutrice met les animaux à l’adoption, par paire uniquement. Et autant dire que plus d’un élève est intéressé par ce nouveau projet. Si les parents donnent leur feu vert, le début de vie dans cette classe pourrait donc se poursuivre jusque dans leur jardin.

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