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Face aux pucerons et lémas, préserver les insectes utiles

Dans les cultures de céréales, les principaux ravageurs de printemps à surveiller sont les pucerons de l’épi, les criocères (lémas) ainsi que les cécidomyies.

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Comme les années précédentes, le Cepicop, en collaboration avec le Carah, le Cpl-Végémar et le Cra-w, effectue chaque semaine des observations sur les populations de pucerons et de lémas.

Les années précédentes, un suivi de la cécidomyie orange était également réalisé. Cependant, les stocks de larves présents dans le sol diminuent fortement ces dernières années. De plus, la période d’épiaison des froments, qui correspond au stade sensible de la culture, ne coïncide pas avec l’éclosion des larves. Le risque d’attaque de cécidomyies sur le froment est donc très faible cette année.

Une première observation des pucerons et des lémas a donc été réalisée ce lundi 18 mai. Les premiers relevés montrent une présence assez importante de pucerons et de lémas sur les feuilles de froment, malgré le temps froid qu’on a pu avoir ces derniers jours. On constate également que le stock de ravageurs est fort variable d’une parcelle à l’autre. Il convient également de noter que, dans la majorité des parcelles, les épis de froment ne sont pas encore sortis. Aucun puceron n’a été détecté dans les épis déjà émergés, à l’exception d’une parcelle située du côté de Hognoul, où 19 pucerons ont été observés dans les épis sur 50 talles comptées.

Aucune intervention nécessaire

Actuellement, aucune intervention n’est requise. La surveillance va continuer les semaines prochaines. Le beau temps sera également de la partie d’ici la fin de la semaine avec une augmentation des températures, ce qui pourrait entraîner une augmentation des populations de pucerons.

Les pucerons :

La période d’observation s’étend entre l’épiaison et le stade grain pâteux. Comme mentionné par Arvalis, il faut observer au minimum 5 fois au hasard dans la parcelle 4 épis successifs (20 épis en tout). Un traitement insecticide est recommandé lorsqu’un épi sur deux est colonisé par au moins un puceron. Il est inutile de traiter avant l’épiaison ainsi qu’après le stade grain pâteux même si la population est importante. Les produits insecticides sont des produits de contact (il n’est pas toujours facile de toucher correctement l’épi), traiter dans de bonnes conditions permet d’optimiser l’efficacité (très tôt le matin, humidité relative, volume minimum de 150 l/ha).

Les criocères (lémas) :

Ces insectes peuvent apparaître dès le mois d’avril et provoquent généralement des dégâts visuels mais ont peu d’impact sur le rendement, sauf en cas d’infestation massive. Les céréales de printemps y sont plus sensibles que les céréales d’hiver. Dans ces conditions, ce sont surtout les dernières feuilles qui doivent être protégées. Un traitement est recommandé (selon Arvalis) si la pression est supérieure à 2,5 larves par tige à l’épiaison. La larve présente un corps mou, bombé, de couleur jaune et recouvert d’une substance visqueuse mélangée d’excréments noirs.

Reconnaître les auxiliaires :

Microhyménoptères parasites, coccinelles, syrphes et chrysopes… sont des alliés précieux et permettent de limiter les populations des ravageurs, comme les pucerons. Leurs larves (très voraces) peuvent ainsi réaliser une régulation naturelle très efficace. Il est donc préférable d’éviter les interventions trop précoces afin de préserver les auxiliaires si le seuil n’est pas atteint. Les araignées, les carabes ou encore les anthocorides peuvent également participer à cette régulation. cas d’attaque précoce.

Grégoire Wain,

Cepicop, groupe « Ravageurs »

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