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Accord sur les barèmes forfaitaires agricoles – revenus 2025 : les cultures et les porcs en difficulté, le lait et la viande bovine en hausse

Il y a peu, un accord a été conclu entre le Service public fédéral Finances et les organisations professionnelles représentatives du secteur concernant les barèmes forfaitaires pour les revenus 2025. Voici les modifications établies.

Temps de lecture : 7 min

L’année 2025 a été particulièrement bonne pour le secteur laitier et pour les éleveurs de bovins viandeux. Du côté des grandes cultures et de l’élevage porcin, les chiffres du bénéfice semi-brut ont considérablement diminué par rapport à 2024.

Les rendements par hectare ont été nettement plus élevés que l’année précédente pour toutes les cultures. En revanche, les prix du blé et de la betterave sucrière ont fortement chuté, tandis que le prix des pommes de terre sur le marché libre a connu un effondrement total, même si de bons prix contractuels avaient été convenus au printemps.

Après une sérieuse reprise en 2023 et 2024, le secteur porcin a connu une année mitigée, au cours de laquelle la rentabilité globale est restée insuffisante. Tant les éleveurs de truies que de porcs ont reçu de moins bons prix pour leurs porcelets et leurs porcs à l’engrais. Le prix des aliments a aussi légèrement baissé.

Les producteurs laitiers, quant à eux, ont fortement progressé suite à une hausse raisonnable du prix du lait et à de meilleurs prix pour les vaches et les veaux. Une augmentation du bénéfice semi-brut final d’environ 27 % est observée.

Du côté des bovins viandeux, une très forte augmentation du bénéfice semi-brut a été constatée en raison de la hausse considérable des prix du bétail de boucherie.

Ces évolutions ont été clairement identifiées lors des discussions menées avec l’administration fiscale. Les chiffres macroéconomiques, tirés des statistiques officielles du gouvernement, et les résultats des enquêtes menées dans les exploitations agricoles et auprès des fournisseurs et acheteurs allaient tous dans le même sens.

Une année contrastée pour les grandes cultures

Pour les cultivateurs, l’année a été marquée par un contraste majeur : d’un côté, les rendements ont fortement progressé (avec une hausse moyenne de 20 %), mais de l’autre, les prix ont subi une baisse considérable.

Les prix des céréales ont diminué d’environ 12,5 % et le prix de la betterave sucrière était 20 % plus bas que l’année précédente. Les prix des pommes de terre sur le marché libre se sont complètement effondrés mais, compte tenu des prix contractuels encore assez élevés pour une part importante de la récolte, les dégâts ont été quelque peu limités (-27 %).

D’un autre côté, une très forte hausse du prix des engrais a été enregistrée. Les coûts de protection des cultures ont été légèrement inférieurs, ceux des semences et des plants ont légèrement augmenté, tout comme la plupart des autres frais.

Finalement, les négociations se sont clôturées par un accord sur le bénéfice semi-brut, inférieur en moyenne de 8 %.

En raison du prix très bas de la pomme de terre sur le marché libre, les producteurs de pommes de terre ne doivent pas déclarer de bénéfice excédentaire supplémentaire pour leur superficie de pommes de terre qui dépasse 5 hectares.

Malgré de meilleurs rendements, l’effondrement du marché libre de la pomme de terre  a fortement pesé sur la rentabilité des producteurs en 2025.
Malgré de meilleurs rendements, l’effondrement du marché libre de la pomme de terre a fortement pesé sur la rentabilité des producteurs en 2025. - A.B.

Il est également important de noter que les indemnités reçues du Fonds des calamités ou versées dans le cadre d’une assurance climatique globale ont été incluses dans le bénéfice semi-brut. Il en va de même pour les indemnités reçues dans le cadre de « l’agriculture du carbone » ou de l’agroforesterie. Celles-ci ne doivent donc plus être déclarées séparément dans la déclaration.

Plus d’éléments de satisfaction pour les éleveurs de bovins viandeux

Les prix dans l’élevage de bovins viandeux étaient nettement plus élevés qu’en 2024. Des hausses allant jusqu’à plus de 40 % ont été enregistrées. Le coût plus élevé du fourrage grossier et l’impact de la fièvre catarrhale ovine et de l’IBR, combinés à d’excellents prix, ont entraîné une augmentation du bénéfice semi-brut d’environ 37 %.

Une forte hausse pour le secteur laitier suite à un prix du lait plus élevé

Pour les producteurs laitiers, l’année 2025 a été marquée par une hausse du prix du lait d’environ 8 % et un rendement fortement amélioré des vaches et des veaux. Combiné à l’augmentation des coûts de l’énergie et des aliments, cela a entraîné une hausse du bénéfice semi-brut d’un peu plus de 27 %.

Le niveau des coefficients de litres de lait par ha – nécessaire entre autres pour calculer l’hectare de lait fictif – est resté inchangé.

L’augmentation du bénéfice semi-brut par ha pour les plus grandes exploitations ne change pas et reste de 5 €/ha. Cette majoration s’applique à partir de 35 ha et se poursuit jusqu’à 115 ha. Une exploitation laitière avec 115 ha verra donc, pour ses hectares de lait au-dessus de 35 ha, son bénéfice semi-brut par ha augmenter de 400 € (5 € x 80 ha).

Les indemnités reçues dans le cadre de la lutte contre l’IBR sont incluses dans le bénéfice semi-brut et ne doivent donc plus être déclarées séparément.

Les frais déductibles

Les frais individuellement déductibles restent les mêmes (fermage, frais de vétérinaire, cotisations sociales, intérêts…). Les salaires et travaux d’entreprise restent déductibles jusqu’à un maximum de 640 €/ha.

Les primes d’assurance payées dans le cadre de l’assurance climatique globale restent également individuellement déductibles. Dans le cas où des parcelles de pommes de terre n’ont pas été récoltées ou ont pourri dans les hangars, une perte exceptionnelle peut toujours être déduite, à condition à qu’elle soit correctement constatée. C’est également le cas pour les pommes de terre de la récolte 2025 qui n’ont pas été vendues ou utilisées dans l’alimentation animale mais ont été détruites, entre autres par épandage sur des parcelles agricoles.

Pour le secteur laitier, l’élevage de bovins viandeux et d’ovins, il est prévu qu’en plus de la déduction pour la mortalité des animaux, une déduction soit également possible pour les animaux malades sur l’exploitation suite à la fièvre catarrhale ovine. Les attestations nécessaires doivent être délivrées à cet effet par le vétérinaire.

Enfin, il a également été décidé qu’en raison de la crise énergétique, un coût forfaitaire de 64 €/ha peut être déduit du bénéfice semi-brut.

Un résultat mitigé pour les éleveurs de porcs

Dans l’élevage de porcs, une baisse limitée du prix des porcelets et des porcs à l’engrais a été enregistrée, combinée à une baisse du prix des aliments concentrés et du coût de l’énergie.

Compte tenu de meilleurs résultats techniques, cela s’est traduit par un bénéfice semi-brut de 130 € par truie productive (420 € de bénéfice semi-brut en 2024) et un bénéfice semi-brut de 11 € par porc à l’engrais vendu (19 € de bénéfice semi-brut en 2024).

Pour les éleveurs de porcs sous contrat, le bénéfice semi-brut de 10 € par porc engraissé a été maintenu.

Des progressions pour les exploitations de truies et de porcs à l’engrais

Pour les plus grandes exploitations porcines, le bénéfice semi-brut est encore ajusté. Plus concrètement, les entreprises ayant plus de 200 truies et/ou 5.000 porcs à l’engrais vendus devront déclarer un bénéfice semi-brut corrigé.

Pour les éleveurs ayant plus de 200 truies à déclarer, le bénéfice semi-brut par animal au-dessus de 200 augmentera de 0,5 € par truie avec une correction maximale de 150 € par tête. Cela signifie qu’une exploitation de 300 truies déclarera un bénéfice semi-brut de 130 € par femelle pour les 200 premières et de 180 € par truie pour les 100 dernières.

Pour les éleveurs de porcs à l’engrais ayant vendu plus de 5.000 animaux, le bénéfice semi-brut par individu au-dessus de 5.000 augmentera de 0,002 € par porc vendu, avec une correction maximale de 12 € par tête. Cela signifie qu’une exploitation ayant vendu 7.000 porcs à l’engrais déclarera un bénéfice semi-brut par individu de 11 € pour les 5.000 premiers et de 15 € par porc pour les 2.000 derniers.

La déduction des pertes dues à la mortalité des porcs peut être étalée sur une période de trois ans. Cela signifie que les pertes de 2023, 2024 et 2025 peuvent être déduites dans la déclaration de revenus de l’année 2025.

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Remplir et déposer sa déclaration fiscale

Les formulaires de déclaration des agriculteurs et horticulteurs qui ne remplissent pas (ou ne font pas remplir) leur déclaration forfaitaire via tax-on-web seront envoyés à partir de la fin septembre. La date limite de renvoi est fixée au 15 janvier 2027.

Les agriculteurs sont priés de transmettre leurs données le plus rapidement possible à leur conseiller lorsque celui-ci en fait la demande, afin qu’il puisse veiller à ce que la déclaration soit introduite en temps utile.

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