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L’appétit des Wallons pour le bio s’inscrit à nouveau à la hausse

Après plusieurs années compliquées, résultant d’une baisse du pouvoir d’achat des Belges, la consommation de produits bio a réussi à inverser la tendance. Les différents indicateurs analysés le confirment. En effet, les dépenses consacrées aux denrées issues de ce mode de production s’affichent en croissance, de même que les parts de marché des

produits bio. Et le Wallon demeure le premier consommateur bio du pays !

Temps de lecture : 4 min

Outre un panorama complet dressé côté production par Biowallonie (lire en pages précédentes), Julien Capozziello et Catherine Timmermans, de l’Observatoire de la consommation (Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité), se sont intéressés au comportement des Belges et, plus spécifiquement, des Wallons en matière d’achats et de consommation de produits bio.

Des dépenses wallonnes en hausse de 3 %

Les dépenses totales des ménages belges pour les produits alimentaires bio s’élevaient à 1,352 milliard d’euros l’année dernière. Il s’agit là d’une progression de 4,5 % par rapport à 2025. Au sud du pays, ce montant culmine à 539 millions, en augmentation de 3 %. Pour mémoire, entre 2023 et 2024, la hausse des dépenses était évaluée à 10,5 %. L’Observatoire de la consommation note que les dépenses wallonnes correspondent à 39,9 % des dépenses réalisées sur l’ensemble du territoire belge, contre 40,4 % un an auparavant, alors que la population wallonne ne représente que 31 % de la population belge.

Après un recul significatif des dépenses en 2022 et une baisse plus modérée en 2023, 2024 marquait le début d’une reprise progressive. 2025 semble donc confirmer cette tendance, comme le montrent les chiffres évoqués ci-avant.

Par ailleurs, Julien Capozziello note que 98,3 % des ménages wallons ont acheté au minimum une fois des produits bio au cours de l’année 2025. Il s’agit d’une infime baisse (-0,2 point de pourcentage) par rapport à 2024.

Jusqu’à 1.150 €, en moyenne, pour les plus gros consommateurs

Parmi les ménages wallons ayant consommé bio en 2025, 22,8 % sont à l’origine de 79,1 % des dépenses en produits bio ; ce sont les consommateurs réguliers. 33,1 % (consommateurs occasionnels) représentent 15,7 % des dépenses bio tandis que les 44,10 % de consommateurs restants (consommateurs exceptionnels) endossent 5,2 % des dépenses bio. Si la valeur dépensée en produit bio par les consommateurs réguliers et exceptionnels est en léger recul par rapport à 2024, c’est une hausse qui est observée dans la part allouée aux consommateurs occasionnels (+0,8 point).

L’année dernière, les ménages wallons ont dépensé en moyenne 331,50 € en produits bio (+4 %). Ce montant grimpe à 1.151,20 € (+4,1 %) pour les consommateurs réguliers, soit une moyenne de 95,93 € par mois. Les consommateurs occasionnels ont déboursé 157,10 € (13,09 €/mois en moyenne) tandis que les consommateurs exceptionnels limitent leurs dépenses à 39,40 € par an (3,28 €/mois).

La fréquence d’achat de produits bio s’affiche en léger progrès. Elle s’élève à 34,4 actes d’achats (contre 34,1 en 2024), malgré de grandes disparités entre les groupes d’acheteurs. Les consommateurs réguliers ont acheté des produits bio 86,3 fois durant l’année. Les consommateurs occasionnels et exceptionnels ont respectivement réalisé 30,2 et 10,7 actes d’achats en 2025.

L’Observatoire de la consommation livre également une comparaison par habitant. On y apprend que le Wallon a dépensé, en moyenne, 147 € en produits bio, contre 141 € en 2024. Et Julien Capozziello de constater que le Wallon a acheté, en moyenne, davantage de produits alimentaires bio que le Belge (116,60 €) et le Bruxellois (140,40 €).

Les magasins à la ferme regagnent du terrain

Selon l’Observatoire de la consommation, en 2025, les supermarchés étaient, une nouvelle fois, les lieux en Wallonie où les dépenses en produits alimentaires bio sont les plus importantes (37,9 % de la part totale des ventes en produits bio), suivis par les magasins bio (18,5 %). À eux deux, ils couvrent plus de 56 % des dépenses enregistrées. La catégorie « Autres » (magasins de proximité, achats transfrontaliers…) complète le podium, avec 17,2 %. Les boucheries et les hard discount (tels que Lidl et Aldi) sont en quatrième et cinquième positions, avec respectivement 6,7 % et 5,5 % des dépenses totales en produits bio ( figure 1).

Julien Capozziello note que les acteurs du hard discount ainsi que par les achats transfrontaliers ont vu leur part de marché croître entre 2024 et 2025. Il explique, notamment, ce phénomène par le fait le consommateur fait davantage attention à ses dépenses et opte donc plus fréquemment pour ces canaux de distributions lui permettant de réaliser quelques économies.

Si l’on s’intéresse à l’évolution par canal de distribution, on constate que les magasins bio, qui ont atteint un pic en 2020 (30,9 %), voient leur part de marché s’éroder depuis lors. Cependant, entre 2024 et 2025, une légère embellie est enregistrée, avec une hausse de 1,2 % des parts de marché.

Les grandes et moyennes surfaces (y compris les hard discount) détenaient, elles, 46,9 % des parts de marché contre 48 % un an plus tôt. Ce recul global s’explique par les baisses enregistrées par les supermarchés et les hypermarchés (-0,9 point et -0,6 point, respectivement) alors que le hard discount, comme déjà expliqué, progresse.

Enfin, la part de marché du circuit court (boulangeries-pâtisseries, boucheries, fermes et marchés) diminue également, pour s’établir à 17,3 % de la part du marché bio. Dans ce total, les boucheries se taillent une place de choix (6,7 % des parts de marché), mais accusent un certain recul (8,1 % en 2024) tandis que les magasins à la ferme s’affichent en croissance (4,4 % contre 4 % un an auparavant).

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