«DigiMilk»: la nouvelle version du monitoring de la durabilité
La durabilité : ce mot était, une nouvelle fois, sur toutes les lèvres lors de la présentation de « DigiMilk ». Lancée par MilkBE, cette nouvelle application constitue une version renouvelée du monitoring de la durabilité. Grâce à cette digitalisation, les efforts durables des producteurs laitiers pourront être cartographiés de manière plus quantitative et plus fréquente, tout en limitant au maximum leur charge administrative.

Accessible dès à présent sur WALLeSmart, l’application permet aux producteurs laitiers de consulter leurs données en matière de durabilité, mais aussi de les actualiser eux-mêmes, en continu. Une manière de montrer les efforts déployés en ce sens, mais aussi de se comparer à la moyenne sectorielle wallonne. Ainsi, si l’inscription sur cette plateforme n’est pas obligatoire, elle représente une opportunité pour le secteur d’objectiver et de valoriser ses engagements durables.
Une modernisation après douze ans de fonctionnement
Rappelons que le programme de durabilité du secteur laitier, appelé « monitoring de la durabilité », a été déployé dès 2014 dans l’ensemble de la chaîne laitière. Pendant douze ans, celui-ci a inventorié les initiatives de durabilité de presque tous les producteurs belges. Par ailleurs, tous les trois ans, celles-ci étaient évaluées de manière qualitative par un auditeur indépendant, en même temps que l’audit QFL (qualité filière lait).
Et les chiffres prouvent que le secteur a déjà parcouru un long chemin : en 2014, un producteur laitier mettait en œuvre en moyenne 9 des 35 initiatives possibles en matière de durabilité. Dix ans plus tard, ce chiffre atteignait près de 21 initiatives sur les 42 proposées. « Les attentes et les pratiques ont fortement évolué au cours de ces années. C’est pourquoi une mise à jour du monitoring était réellement nécessaire », souligne Lien Callewaert, vice-présidente de MilkBE et directrice de la Confédération de l’industrie laitière belge.
Le monitoring a donc fait peau neuve, en misant notamment sur la digitalisation. Il prévoit aussi une approche plus large et générique. Plus de 70 efforts de durabilité sont suivis, répartis en 9 thématiques : santé animale, bien-être animal, environnement, alimentation animale, eau et sol, durabilité socio-économique, énergie, climat et mesures de réduction du méthane.
« Cette approche permet de collecter des données de manière plus quantitative, plus fréquente et mieux sécurisée, sur la base de définitions et de méthodes de calcul uniformes, déterminées au niveau sectoriel. MilkBE mise ainsi pleinement sur la sensibilisation, la stimulation et la valorisation des efforts en faveur de la durabilité de l’ensemble du secteur laitier », souligne l’organisation.
Limiter la charge administrative pour les éleveurs
En lançant cette nouvelle version, MilkBE souhaite aussi réduire la charge administrative des producteurs laitiers. Comment ? En misant autant que possible sur la collecte automatique des données. Les informations recueillies dans cette application proviennent de bases déjà existantes, comme celles du Gouvernement wallon, de l’Arsia, du Comité du lait et de Milcontrol, ainsi que de l’enquête de durabilité réalisée lors de l’audit QFL triennal. Les éleveurs pourront également ajouter eux-mêmes leurs informations s’ils le souhaitent.
Soulignons que ces données ne peuvent être rassemblées et partagées qu’avec le consentement explicite du producteur laitier. Celui-ci doit donc toujours donner son accord via la plateforme de partage de données WALLeSmart. MilkBE a également élaboré des lignes directrices strictes afin de garantir que le producteur reste propriétaire de ses informations.
S’il donne son approbation, ses données pourront notamment être mises à disposition des entreprises de transformation laitière, par exemple dans le cadre de primes de durabilité ou d’une valorisation sur le marché, ainsi que de MilkBE.
Des chiffres qui témoignent des efforts réalisés
Comme l’indique Daniel Coulonval, président de la Fédération wallonne de l’agriculture : « Cet outil permet de visualiser la durabilité déjà présente dans les fermes et les efforts réalisés au quotidien par les producteurs. Il met en lumière les progrès accomplis, tant à l’échelle de l’exploitation que de l’ensemble de la chaîne laitière ».
Et ces progrès ne manquent pas dans la filière. Pour ne citer que quelques exemples, en 2025, 70 % des éleveurs produisent de l’énergie renouvelable, grâce notamment à des panneaux solaires ou encore à une unité de biométhanisation. Ils sont également 70 % à utiliser des sous-produits de l’industrie pour l’alimentation de leurs animaux. Concernant le bien-être animal, 74 % disposent de brosses dans leurs étables. Enfin, 77 % des producteurs ont accès à des primes de durabilité.
Rappelons aussi que chaque éleveur peut mettre en place différentes initiatives en fonction du contexte propre à son exploitation. Il n’existe donc pas une seule manière d’avancer, mais bien une multitude de leviers possibles. « Nous sommes convaincus de la résilience et du dynamisme du secteur pour relever les défis qui nous attendent », assure de son côté Lien Callewaert.





