Hausse des prix des bois résineux: les propriétaires rient, les transformateurs moins
Après avoir été mis sous pression lors de la crise du scolyte en 2019 et 2020, les prix des bois résineux, singulièrement de l’épicéa, se sont ensuite fortement redressés. Ils ont même encore gagné environ 15 % en moyenne ces quatre dernières années, ressort-il de l’édition 2026 du Panarobois, désormais accessible numériquement et présenté mardi à Bertrix, dans le cadre des démonstrations forestières de la Foire agricole de Libramont.

S’ils s’élevaient à une quarantaine d’euros le mètre cube au début de la décennie, les prix moyens de l’épicéa ont dépassé le seuil de 100 euros le mètre cube en 2025. « Une augmentation qui s’explique par le fait que les volumes mis en vente diminuent d’année en année », selon Gilles Beauchamp, de Filière Bois Wallonie, l’organisme qui compile la myriade de statistiques sur la filière bois qui composent le Panorabois.
« Cette augmentation des prix, on peut la percevoir de deux façons différentes. Ce sont des difficultés d’approvisionnement pour les entreprises mais ce sont aussi des revenus très importants pour les communes et les propriétaires privés », explique pour sa part Benoît Helsemans, le directeur général de Filière Bois Wallonie. En d’autres termes, avec l’augmentation des prix, les acheteurs font la grimace pendant que les vendeurs se frottent les mains.
La Confédération belge du bois, qui regroupe pour sa part les secteurs des travaux forestiers, de l’exploitation forestière, du sciage et du négoce de bois, vient d’ailleurs de tirer la sonnette d’alarme face à des difficultés d’approvisionnement qu’elle juge « de plus en plus préoccupantes ». Elle appelle aussi « de toute urgence » les pouvoirs publics à rétablir l’équilibre entre les surfaces boisées de résineux et de feuillus.
« Il est très important de continuer à soutenir la régénération forestière, d’avoir des incitants à la replantation pour pouvoir garder une forêt productive et approvisionner toutes les entreprises », confirme le directeur général de Filière Bois Wallonie.
Benoît Helsemans constate par ailleurs qu’une « grande part de nos feuillus s’en vont à l’étranger sans être transformés chez nous ». Filière Bois Wallonie ne ménage d’ailleurs pas ses efforts pour reconstituer une filière de transformation des feuillus en Wallonie.
Du côté des propriétaires forestiers, on retrouve notamment des pouvoirs publics, communes en tête. Un peu moins de 50 % de la forêt wallonne est aux mains de propriétaires publics et un peu plus de 50 % de celle-ci appartient aux (nombreux) propriétaires privés.
Quant à la physionomie de la forêt wallonne, elle semble de plus en plus faire la part belle aux feuillus, au détriment des résineux. Toujours selon les chiffres compilés par le Panorabois, l’étendue des peuplements de feuillus en Wallonie occupait, en 2024, 262.900 ha, soit 56,2 % des surfaces boisées productives (468.000 ha). Les résineux s’étendaient sur 194.400 ha, correspondant à 41,5 % de la forêt wallonne. Le solde (2,3 %) correspond aux mises à blanc.
L’épicéa n’en demeure pas moins l’essence reine de la forêt productive en Wallonie, avec un quart (24,6 %) de la surface qui est occupée par les pessières (peuplement d’épicéas, 115.200 ha), devant les chênaies (16,4 %, 76.800 ha) et les hêtraies (9,3 %, 43.600 ha). La sylve du sud du pays s’étend au total, en comptant les surfaces dites « non productives », sur 557.300 ha, soit un tiers du territoire wallon.
Cette 7e édition du Panorabois nous apprend encore que la filière bois en Wallonie comptait 8.438 entreprises en 2025, un nombre stable, pourvoyant 18.939 emplois directs.





