Importations ukrainiennes: Kiev espère une révision des contingents agricoles
Alors que la situation se complique en mer Noire du fait du conflit avec la Russie, l’Ukraine explore ses options. L’une d’elles pourrait mener à une nouvelle renégociation des contingents agricoles de l’accord commercial avec l’UE. Une possibilité qui n’a pas encore été confirmée par la Commission européenne.

Tandis que l’accès aux ports en mer Noire s’est complexifié pour l’Ukraine en raison de la multiplication des attaques depuis le début de l’été, Kiev se tourne vers d’autres débouchés pour ses exportations agricoles. Le nouveau ministre de l’Agriculture ukrainien, Taras Vysotsky, souhaite ainsi pleinement tirer parti des relations commerciales avec l’UE.
« Nous prévoyons de reprendre, à partir de septembre, les consultations avec la Commission européenne concernant la mise à jour et l’augmentation des quotas pour les produits sensibles », a-t-il ainsi affirmé à l’occasion d’une réunion, le 19 août, ayant pour thème l’agrologistique, l’utilisation des contingents tarifaires et l’élargissement de l’accès des produits ukrainiens aux marchés étrangers.
Depuis la fin du mois d’octobre 2025, Kiev dispose pourtant de volumes supplémentaires sur une série de produits agricoles sensibles concédés dans le cadre de l’accord d’association révisé entre l’UE et l’Ukraine. Le quota pour la volaille est ainsi passé de 90.000 t à 120.000 t et pour les œufs de 6.000 t à 18.000 t. Celui pour le blé a augmenté de 1 million de tonnes (Mt) à 1,3 Mt, tandis que celui pour le maïs est fixé à 1 Mt (contre 650.000 t). Concernant le sucre, l’évolution est plus importante (100.000 t au lieu de 20.000 t).
Un sujet sensible
Des dispositions qui avaient d’ailleurs, à l’époque, provoqué une levée de boucliers de la part des organisations agricoles et coopératives de l’UE (Copa-Cogeca) et des filières concernées. Certains États membres frontaliers – comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie – avaient également exprimé des inquiétudes.
Plusieurs d’entre eux, à l’image de la Pologne, maintiennent encore des interdictions unilatérales d’importation concernant certains produits agricoles ukrainiens. Un embargo que le ministre polonais Stefan Krajewski ne souhaite pas lever. « Nous nous souvenons des conséquences des décisions irresponsables », a-t-il ainsi déclaré le 14 août à la radio polonaise pour justifier sa position. Une hypothétique révision des volumes ne devrait donc pas manquer de raviver les sensibilités politiques.
Consciente de l’aspect controversé du dossier, Bruxelles se montre encore prudente sur la question. La Commission européenne a ainsi confirmé, le 20 août, avoir reçu une lettre le 31 juillet de la part de son partenaire ukrainien évoquant les risques de sécurité qui affectent les exportations via la mer Noire ainsi que les conséquences de ces risques sur le secteur agricole. « Nous examinons actuellement cette lettre et nous y répondrons en temps voulu », a simplement indiqué Arianna Podestà, porte-parole en chef adjointe de la Commission européenne, sans fournir davantage de détails à ce stade.








