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Quelles variétés d’escourgeon choisir pour 2027?

Les prochains semis de céréales approchent. Choisir ces variétés est la première étape importante. Voici les conseils du Livre Blanc et les résultats de la saison 2025-2026.

Temps de lecture : 10 min

Les résultats sur les variétés d’escourgeon en 2026, avec également un regard sur les années antérieures, présentés dans le Livre Blanc des céréales de ce mois de septembre, proviennent d’un réseau de cinq essais. Les essais étaient répartis sur l’ensemble de la Wallonie : Ath et Béclers (Hainaut), Lonzée (Gembloux), Acosse (Hesbaye liégeoise) et Terwagne (Condroz liégeois). Les 26 variétés reprises dans cette rubrique étaient présentes dans au moins trois des cinq sites d’essais conduits par la Carah, le Cra-w et par le Cepicop.

Les résultats en 2026…

Le tableau 1 présente les résultats de l’ensemble des variétés dans les cinq essais conduits selon une protection complète (c’est-à-dire un ou deux traitements fongicides en fonction de la pression locale des maladies). Ces résultats sont exprimés en % par rapport aux quatre variétés témoins (Alienor, Integral, Julia, LG Zorica). Les rendements moyens de chaque essai sont donnés en kg/ha en bas de tableau. Les essais comportaient à la fois des variétés lignées et des variétés hybrides.

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En ce qui concerne les rendements, SY Barnabus (h) prend la tête du classement en 2026.

Au niveau des hybrides, les rendements s’avèrent généralement d’un niveau moins élevé que les années précédentes et assez variables d’un site à l’autre. Quatre autres variétés hybrides arrivent néanmoins dans le top dix du classement. Il s’agit du SY Fastnet (h), SY Colyseoo (h), SY Coopernic (h) et SY Quantock (h), sans prendre en compte le surcoût des semences. Les variétés SY Kestrel (h), SY Sparoo (h), SY Zoomba (h) et SY Heroo (h) tolérantes à certains virus, montrent cette année des résultats plus faibles que les années précédentes.

Au niveau des variétés « lignées », les variétés en tête de classement et qui obtiennent des résultats supérieurs à la moyenne des témoins sont Hopinel, LG Zorica (T), KWS Chilis, Julia (T) et KWS Futuris, les meilleures rivalisant avec les variétés hybrides. Mis à part Julia (T), ces variétés sont toutes tolérantes à la jaunisse nanisante, ce qui démontre l’effort de sélection qui a été fait au cours des dernières années à ce niveau. La variété Julia (T) est tolérante au virus de la mosaïque de l’orge de type 2 et la variété KWS Futuris est aussi tolérante au virus du pied chétif.

Parmi ces variétés à bon potentiel de rendement, les lignées Hopinel (1ère année d’essai) et KWS Chilis sont des nouveautés inscrites en 2025.

Le tableau 2 présente les rendements prenant en compte le surcoût des semences hybrides. Un surcoût moyen de 64.7 €/ha a été retenu ; avec un prix de vente de 190 €/t en 2026, il équivaut à 340 kg/ha de rendement.

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Sans prendre en compte le surcoût des semences, cinq variétés hybrides arrivent dans le top dix du classement en 2026. Il s’agit de SY Barnabus (h), SY Fastnet (h), SY Colyseoo (h), SY Coopernic (h) et SY Quantock (h) avec des rendements supérieurs ou égaux aux témoins, et ce aux côtés des lignées Hopinel, LG Zorica (T), KWS Chilis, Julia (T) et KWS Futuris.

En prenant en compte le surcoût des semences des hybrides, la variété SY Barnabus (h) garde la tête de classement et derrière, seule l’hybride SY Fastnet (h) se maintient dans le top dix, tandis que trois lignées Integral (T), Ovalie et Alienor (T) intègrent ce classement en septième, huitième et neuvième place.

… avec un regard sur les années antérieures

Le tableau 3 donne les résultats des 19 variétés présentes depuis plus d’un an dans les essais du réseau et testées dans minimum deux régions de 2024 à 2026. Ces résultats sont exprimés en pourcentage de la moyenne des témoins ( Alienor, Integral, Julia et LG Zorica) qui est reprise en kg/ha en bas de ce tableau. Sur la période 2024-2026, la plupart des variétés hybrides obtiennent un rendement supérieur ou égal à la moyenne mais ce sont SY Chevioot (h), SY Quantock (h), SY Colyseoo (h) et SY Loona (h) qui arrivent en tête de classement, suivies de la variété lignée la plus productive, LG Zefira. Les lignées KWS Futuris, Alienor (T) et LG Zorica (T) et Julia (T) obtiennent également un rendement supérieur ou égal à la moyenne.

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En prenant en compte le surcoût des semences des hybrides, le classement change. En effet sur trois années d’essais, la variété lignée LG Zefira passe en tête de classement, suivie dans l’ordre des hybrides SY Chevioot (h), SY Quantock (h), SY Colyseoo (h) et des lignées KWS Futuris, Alienor (T), LG Zorica (T) et Julia (T).

Parmi les variétés tolérantes à la JNO, LG Zefira, KWS Futuris, Alienor (T) et LG Zorica (T) obtiennent des rendements supérieurs à la moyenne des témoins.

Parmi les variétés tolérantes à la mosaïque de l’orge (type 2), Julia (T) obtient des rendements équivalents à la moyenne.

Le comportement face aux maladies…

Le tableau 4 présente le comportement face aux maladies des 26 variétés, sur une période moyenne de 3 ans maximum, dans les essais réalisés par le Cra-w, le Carah et le Cepicop.

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Parmi ces variétés, les plus tolérantes aux principales maladies sont SY Loona (h), SY Scoop (h), SY Colyseoo (h), SY Coopernic (h), SY Barnabus (h), SY Fastnet (h), Hopinel et Maelys.

Certaines variétés ont des points faibles qu’il convient de connaître pour piloter au mieux les programmes fongicides.

– Vis-à-vis de l’helminthosporiose, ce sont, en ordre décroissant de sensibilité, les variétés Integral (T), SY Chevioot (h), Carrousel et LG Zorica (T) qui présentent le moins bon comportement.

– Vis-à-vis de la rouille naine, KWS Chilis, SY Kestrel (h), Julia (T) et SY Galileoo (h) nécessitent une attention particulière.

– Vis-à-vis de la rhynchosporiose, ce sont, en ordre décroissant, Carrousel et LG Zorica et KWS Futuris qui présentent le moins bon comportement.

– Vis-à-vis de la ramulariose, LG Zefira, Julia (T), SY Heroo (h), KWS Futuris et LG Zorica (T) obtiennent les notations les plus faibles.

... et la verse, la précocité ou encore les poids spécifiques et teneurs en protéines

Le tableau 5 donne les caractéristiques culturales des variétés testées. Certaines requièrent une attention particulière au niveau de leur sensibilité à la verse. SY Sparoo (h), SY Heroo (h), LG Zorbas et SY Colyseoo (h) sont des variétés qu’il est prudent de bien réguler pour éviter la verse.

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Au niveau de la précocité à l’épiaison, LG Zefira, LG Zorica, Maelys et Carrousel s’avèrent être les plus précoces. Les variétés les plus tardives sont SY Loona (h), SY Fastnet (h), SY Barnabus (h), SY Sparoo (h) et SY Kestrel (h).

Le tableau 6 donne les caractéristiques technologiques des variétés testées. Celles présentant les poids spécifiques les plus élevés sont, en ordre décroissant, SY Coopernic (h), SY Chevioot (h), SY Barnabus (h), SY Quantock (h), Maelys, LG Zorbas et Carrousel.

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KWS Futuris, LG Zefira et SY Coopernic (h) présentent, en ordre décroissant, les meilleures teneurs en protéines (valeurs les plus proches de 12 %).

KWS Chilis, SY Galileoo (h), SY Coopernic (h), SY Heroo (h), Alienor (T) et Integral (T) sont les variétés qui présentent, en ordre décroissant, le poids de mille grains (PMG) le plus élevé.

Lignées ou hybrides ? À chacun ses avantages et ses situations

Depuis plus d’une dizaine d’années, les variétés d’orges hybrides sont présentes dans les essais. Actuellement, plus d’un tiers des variétés en essais sont des hybrides. La rentabilité et l’intérêt des agriculteurs à semer celles-ci sont à jauger en fonction des éléments suivants.

La rentabilité des hybrides par rapport aux semences lignées peut être dépendante du type de sol et de sa structure. Les terres de la zone « Condroz-Famenne » sont assez superficielles, et les stress abiotiques (froid, sécheresse…) y sont ressentis davantage qu’ailleurs. Les hybrides s’y comportent généralement bien. En revanche, dans les terres profondes à bonne structure, comme c’est généralement le cas en Hainaut et en Hesbaye, les lignées et hybrides atteignent en moyenne une rentabilité plus souvent équivalente. Parmi les avantages des hybrides, on peut également citer un poids spécifique globalement bon qui n’entraîne que très rarement des réfactions.

Côté maladies, les variétés hybrides sont dans l’ensemble assez tolérantes à la rhynchosporiose. Par ailleurs, elles sont généralement hautes, dès lors, assez sensibles à la verse. Elles sont, par contre, dans l’ensemble plus résistantes au bris de tige.

Enfin, elles sont généralement plus tardives à l’épiaison. Certaines variétés plus récentes sont résistantes à la JNO mais également tolérantes aux deux virus de la mosaïque et à celui du pied chétif.

À partir de semences hybrides, il est évidemment impossible pour l’agriculteur de produire lui-même ses semences car l’effet d’hétérosis qui confère à la variété ces suppléments de rendement s’estompe dès la première génération.

Au prix actuel des semences et pour un prix à la récolte de 190 €/t pour 2026, le surcoût des semences d’escourgeon hybrides a été évalué à 64,7 €/ha ou 340 kg/ha. Ce surcoût ne devrait pas être négligé et devrait être pris en compte lors du calcul du rendement économique de chaque agriculteur.

Grâce à leur haut pouvoir de tallage, les variétés hybrides compensent par contre parfaitement une réduction de la dose de semis et peuvent donc être semées à 75 % de la dose recommandée pour les variétés lignées.

Tolérances aux virus : état des lieux en 2026

Depuis quelques années, la protection des escourgeons doit faire face à une recrudescence de maladies virales. Parmi les plus préoccupantes, on retrouve la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), transmise par les pucerons, la mosaïque virale de l’orge (MVO), véhiculée par le micro-organisme du sol Polymyxa graminis et la maladie des pieds chétifs (WDV-B), transmise par des cicadelles.

Le virus de la mosaïque de l’orge reste inféodé aux parcelles qui le contiennent et se disperse par le travail du sol et le déplacement de terre. Il en existe deux types : seul le type 2 constitue aujourd’hui une menace, les variétés actuellement commercialisées étant résistantes au type 1.

La maladie des pieds chétifs en escourgeon, causée par le virus WDV-B ( Wheat Dwarf Virus-Barley ), est transmise par les cicadelles ( Psammotettix alienus) présentes dès l’automne, au moment de la levée des céréales. En Belgique, bien que la cicadelle soit observée depuis 2019, la maladie reste moins répandue que chez nos voisins français. Une surveillance est toutefois en place.

Face à ces menaces virales, la sélection variétale constitue une réponse clé. Des solutions variétales existent et doivent être privilégiées dans les situations à risque.

Contre la mosaïque de l’orge (type 2), la variété lignée Julia (T) est disponible, ainsi que l’ hybride SY Heroo (h), premier hybride possédant cette tolérance. Les variétés KWS Chilis et LG Zefira disposent quant à elles d’une double tolérance face à la mosaïque (type 2) et face à la jaunisse nanisante de l’orge (JNO).

KWS Futuris, SY Kestrel (h), SY Sparoo (h) et SY Zoomba (h) sont tolérantes au virus responsable de la maladie des pieds chétifs en escourgeon (WDV-B). Ces quatre variétés possèdent donc une double tolérance aux virus étant donné qu’elles sont également tolérantes ou résistantes, pour les hybrides, au virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO).

Concernant la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), il est utile de rappeler la distinction entre tolérance et résistance :

tolérance  : le virus est présent dans la plante, mais n’affecte pas son développement, sauf en cas de forte pression, et de manière limitée ;

résistance  : le virus est absent de la plante.

Alienor (T), Carrousel, Hopinel, Integral (T), KWS Chilis, KWS Futuris, LG Zefira, LG Zorbas, LG Zorica (T), Littoral, Maelys et Ovalie sont tolérantes à la JNO.

Depuis peu, des variétés hybrides résistantes à la JNO sont également disponibles sur le marché. Il s’agit de SY Kestrel (h), SY Sparoo (h) et SY Zoomba (h). Pour ces variétés résistantes, le virus est absent de la plante. Néanmoins, il y a au sein des hybrides un faible pourcentage de semences provenant du parent femelle qui peut être sensible au virus. C’est le cas de ces trois variétés qui ont montré quelques plantes virosées en situation de forte pression de virus, sans qu’il y ait d’impact sur le rendement, les plantes résistantes compensant les pertes des plantes sensibles.

Il est important de rappeler que, pour les variétés tolérantes et résistantes à la JNO, tout traitement insecticide est inutile.

D’après le Livre Blanc Céréales,

Septembre 2026

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