Chez Joskin, la sécurité des convois et usagers faibles au centre de plusieurs innovations
En agriculture, la sécurité n’est pas un sujet anodin, qu’il s’agisse de celle des utilisateurs de machines ou des autres usagers de la route, rencontrés lors des déplacements. Joskin s’est d’ailleurs attelé à faire évoluer plusieurs de ces matériels en la matière. C’est ainsi que le freinage double ligne hydraulique vient compléter les solutions pneumatiques déjà bien connues et que divers équipements ont été développés en vue de protéger les cyclistes et piétons. Des innovations présentées et commentées par Frédéric Brixhe, technico-commercial.

Travailler au quotidien avec des machines agricoles peut laisser croire aux agriculteurs et entrepreneurs qu’ils les connaissent sous toutes leurs coutures. Mais un accident peut rapidement arriver, que ce soit en raison d’une distraction, d’une mauvaise habitude, d’une imprudence, d’un changement d’infrastructure routière… Avec les conséquences que l’on imagine, tant pour l’utilisateur que pour tout autre usager de la route qui serait impliqué dans un tel événement. C’est pourquoi le constructeur belge s’est penché sur la question. De sa propre initiative ou pour répondre à diverses réglementations, selon les cas.
Freinage : la double ligne hydraulique s’invite chez Joskin
Premier point d’attention : le freinage. Qu’il soit hydraulique ou pneumatique, celui-ci doit être « double ligne ». Pourquoi ? Car la réglementation sur le freinage des matériels agricoles a souhaité accroître la sécurité routière. En pratique, la double ligne intègre une ligne de secours qui, en cas de rupture d’attelage, assure l’immobilisation du véhicule attelé. Le dispositif permet aussi d’ajuster le freinage à la charge.
Habitué du freinage pneumatique, Joskin propose désormais d’équiper plusieurs gammes de ses machines (bétaillères, bennes, tonneaux simple et double essieu et plateaux) du freinage double ligne hydraulique. De même, plusieurs machines du catalogue Leboulch, marque appartenant également au constructeur soumagnard, peuvent être achetées équipées de la sorte.
Par rapport à la simple ligne, le système de freinage hydraulique double ligne se distingue par la présence de deux éléments ajoutés en vue d’accroître la sécurité du convoi. « En premier lieu, on retrouve une valve de freinage d’urgence. Celle-ci actionne l’immobilisation de l’outil attelé dès qu’elle détecte une rupture de connexion électrique ou hydraulique avec le tracteur », éclaire Frédéric Brixhe.
Dans un second temps, un correcteur de force de freinage fait son apparition. Son rôle : adapter la force de décélération de la machine en fonction de sa masse totale. Celui-ci se présente sous deux versions. Manuel, il possède trois positions. Le chauffeur doit alors sélectionner celle qui correspond à sa situation (outil à pleine charge, à demi-charge ou vide) avant de prendre la route. Il peut aussi être automatique. Dans ce cas, l’information du degré de chargement de l’outil est automatiquement intégrée en vue d’adapter la puissance de freinage.
Pour les utilisateurs, deux principaux changements sont à épingler. D’une part, le branchement d’une ligne hydraulique supplémentaire au tracteur. D’autre part, le branchement d’une prise électrique ABS de 12 V complémentaire. « La plupart du temps, celle-ci doit être ajoutée au tracteur, même s’il possède déjà une double ligne hydraulique », constate M. Brixhe. Et de préciser : « Elle alimente la valve de freinage et commande un témoin lumineux en cabine. Ce dernier sert à indiquer au chauffeur lorsque la pression hydraulique du système de freinage d’urgence est trop faible. »
Au niveau du fonctionnement, la machine demande une procédure spécifique pour charger l’accumulateur d’azote au moment de l’accrochage et ainsi circuler en toute sécurité. Une autre marche à suivre est d’application de manière à le décharger avant de dételer.
Pour les tracteurs ne possédant pas de double ligne hydraulique, il est possible de raccorder la ligne supplémentaire à la machine pour ne circuler qu’en simple ligne. « Ce système n’est cependant pas homologué », avertit le constructeur.
Un frein à débrayage automatique en marche arrière
Peut-être moins connu, bien que présent au catalogue Joskin depuis quelques années déjà, le freinage d’inertie avec recul automatique est disponible sur toutes les machines simple essieu ne dépassant pas 40 km/h, pour autant qu’elles soient limitées à une masse maximale autorisée à l’essieu de 8 t. Ce dispositif breveté ne requiert aucun branchement supplémentaire. « Il est donc simple à mettre en œuvre », insiste Frédéric Brixhe.
En pratique, le système repose sur un dispositif mécanique intégré à la tête d’attelage. Lors d’une décélération du tracteur ou lorsque la machine le pousse en descente, l’effort de compression généré dans le timon fait coulisser deux pièces qui actionnent le freinage. « L’intensité exercée sur l’essieu est directement proportionnelle à la force de ralentissement éprouvée. On obtient ainsi une réponse progressive et adaptée aux conditions d’utilisation. »

Ce système est couplé à un frein de parking démultiplié monté sur le timon du véhicule. Celui-ci permet, grâce à des poulies, d’obtenir une force de blocage élevée tout en appliquant un effort raisonnable sur le levier du frein à main. Il convient néanmoins de placer des cales de stationnement sous les roues.
Reste la question de la marche arrière… En effet, cette manœuvre a le même effet sur la butée mobile installée dans le timon que l’inertie du charroi sur le tracteur. « Un dispositif de débrayage automatique a été mis en place », détaille-t-il. Il est couplé à un mécanisme reconnaissant la conduite en marche arrière. Sans cette stratégie, il serait impossible de reculer avec l’outil attelé.
Une bâche de protection pour les aérateurs de prairie Scariflex
Si les systèmes de freinage, quels qu’ils soient, sont essentiels pour assurer la sécurité des convois agricoles et des usages de la route dans leur ensemble, certains autres dispositifs ont été développés en vue de protéger spécifiquement les usages faibles, comme les cyclistes ou les piétons. Les aérateurs de prairies Scariflex sont les premiers outils estampillés Joskin à recevoir, en option, ce type de dispositif.
Mais pourquoi avoir ciblé cet outil en particulier ? « En position de stationnement ou de transport, les parties tranchantes d’un aérateur de prairie peuvent constituer une source potentielle de danger. Il en va de même des dents, qui forment des pointes susceptibles de présenter un risque pour les usagers faibles », répond Frédéric Brixhe. En outre, la couleur grise des pièces galvanisées à chaud peut les rendre moins visibles, car elle tend à se fondre dans le décor.
Afin de réduire les risques d’accident, le constructeur a développé une nouvelle bâche de protection. Celle-ci se tend à hauteur d’homme autour des dents et des différents outils afin de former une barrière protectrice, tant sur la route qu’au stationnement. Qui plus est, sa couleur jaune la rend facilement identifiable. Par ailleurs, elle permet de freiner les projections de mottes de terre et autres débris qui peuvent être éjectés sur la chaussée par les roues du tracteur. Toujours au bénéfice de la sécurité routière.

Cette bâche de protection renforcée affiche une densité de 900 g/m². Aux endroits les plus sollicités, elle reçoit un double support ainsi que de renforts supplémentaires. « Cette conception accroît sa durée de vie et lui confère une résistance particulièrement élevée aux frottements générés par les vibrations des outils lors des déplacements routiers. »
En pratique, une fois arrivé en prairie, la bâche s’enroule de manière semi-automatique sur un dévidoir embarqué sur chaque aile de machine. « Elle reste ainsi sur l’aérateur durant le travail, sans qu’il soit nécessaire de lui trouver un lieu d’entreposage. » Au moment de reprendre la route, elle se déroule, se remet en place et se fixe grâce à des tendeurs en caoutchouc.
Optionnel, cet équipement de protection est disponible pour tous les modèles Scariflex. Il peut équiper les machines neuves, dès leur sortie de l’usine, mais est aussi disponible sous la forme d’un kit de rééquipement pour les aérateurs déjà en service.
Des pare-cyclistes pour les injecteurs de prairie
Une autre protection pour les usages faibles voit le jour sur les injecteurs de prairies, de série sur les Solodisc XXL et en option pour tous les autres modèles. Il s’agit de pare-cyclistes, déjà obligatoires aux Pays-Bas.
« Un outil tel qu’un injecteur embarque des disques ou socs destinés à ouvrir la terre pour y injecter le lisier. Cependant, il s’agit de pièces tranchantes, pouvant présenter une certaine dangerosité », développe Frédéric Brixhe. Pour réduire les risques, Joskin a développé des pare-cyclistes.

En détail, deux plaques sont fixées sur l’injecteur via un système de tringlerie. Elles recouvrent une hauteur de 2,40 m afin, en position de transport, de couvrir les zones à risque. Elles protègent ainsi l’entourage direct de l’outil contre tout contact involontaire avec les disques ou les socs.
Lesdites plaques reçoivent également une signalisation striée rouge et blanche afin d’augmenter la visibilité du convoi lors des manœuvres ou transports sur route.





