Chaque année, 3 tonnes de terre par hectare s’érodent sous l’effet de la pluie en Wallonie

Chaque année, 3 tonnes de terre par hectare s’érodent sous l’effet de la pluie en Wallonie
DJ

L’érosion est un phénomène naturel. Mais quand elle est trop soudaine, elle appauvrit le sol, perturbe les cours d’eau et provoque des coulées de boue qui détériorent les voiries et les habitations. Pour la limiter, des chercheurs ont mis en place une cellule baptisée Giser, désormais intégrée au SPW, qui propose des techniques de lutte efficaces afin d’aider les communes.

Ces techniques impliquent généralement la collaboration des agriculteurs de la zone. S’ils sont pointés du doigt, les agriculteurs sont eux aussi victimes de l’érosion et ont donc intérêt à agir, souligne la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA). «L’érosion entraîne des pertes de culture ainsi que des éléments nutritifs du sol», explique ainsi Aurélie Noiret, conseillère au service d’études du syndicat agricole. Certaines bonnes pratiques sont désormais obligatoires pour pouvoir bénéficier des aides de la politique agricole commune: bandes tampons le long des cours d’eau, maintien des haies, couverture minimale des sols, ... D’autres sont facultatives mais donnent lieu à des primes, comme la création de mares ou de bandes aménagées. «On informe aussi les agriculteurs sur les possibilités de barrières physiques, par exemple les fascines», ajoute Mme Noiret, qui souligne que les agriculteurs n’ont pas de prise sur l’urbanisation qui est également en cause.

Dans les zones touchées par les coulées de boue, certains habitants sont néanmoins exaspérés. Rose-Marie Libioulle, responsable du collectif citoyen Alternative, actif en Hesbaye liégeoise, déplore ainsi le manque de réactivité des autorités publiques face aux quelques agriculteurs (une minorité de «moutons noirs») qui négligeraient délibérément les règles environnementales: pas de zones tampons, haies arrachées, relief du sol modifié sans autorisation... «Mais c’est la collectivité qui paye», s’insurge-t-elle. D’après Charles Bielders, agronome professeur à l’UCL et co-fondateur de la cellule Giser, la plupart des agriculteurs sont ouverts aux aménagements proposés. «Mais c’est comme partout. D’autres refusent catégoriquement d’intervenir.» «Je ne dirais pas que la situation s’améliore: certaines évolutions sont positives, d’autres pas», observe-t-il plus globalement. L’une des principales difficultés est la taille des superficies exploitées, qui ne va pas en diminuant et pose particulièrement problème quand les terrains sont en pente. Le labour et la mise à nu des terres sont d’autres facteurs. Mais la période mai-juillet est toujours critique vu l’intensité des orages, que les agriculteurs ne peuvent pas maîtriser, conclut-il.

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