Bio: un essor à accompagner

Bio: un essor à accompagner

Biowallonie vient de publier son rapport annuel dressant un état des lieux de la filière bio wallonne. On y apprend que ce mode de production séduit un nombre croissant de producteurs (+4 % en 2019, pour un total de 1.037 fermes), ce qui se traduit par une hausse de la surface agricole utile bio (+3.335 ha, pour atteindre 11,5 % de la SAU totale wallonne) et du nombre d’animaux bio (+418.000 têtes). En matière de consommation, on constate que les dépenses des Wallons en produits frais bio ont augmenté de 1 % en 2019. Certes, on est loin du bond réalisé entre 2017 et 2018 (+40 % !), mais cela témoigne malgré tout d’une certaine cohérence entre l’offre et la demande.

Encourageants pour le secteur, ces chiffres ne doivent toutefois pas occulter les difficultés que rencontrent certaines filières. Ainsi, le marché de la viande bovine bio reste limité, et se caractérise par une offre supérieure à la demande. Avec pour conséquence qu’un certain nombre de carcasses est redirigé vers le marché conventionnel. La filière porcine, elle, voit son développement fluctuer d’une année à l’autre. Malgré une demande wallonne supérieure à l’offre, la rentabilité reste difficile à atteindre pour les éleveurs. Enfin, en ce premier semestre 2020, la production d’œufs bio a une nouvelle fois atteint des sommets, laissant entrevoir des risques de surproduction. Selon Biowallonie, c’est bien la situation sanitaire actuelle qui a permis d’absorber l’important volume produit…

Dans ce contexte, on comprend que les structures d’encadrement et de promotion ont un rôle essentiel à assurer auprès des producteurs, toutes spéculations confondues. D’une part, pour éclairer leur réflexion quant à la direction qu’ils souhaitent emprunter et leur éviter un positionnement sur un marché déjà fort encombré ou manquant de débouché. D’autre part, afin de maintenir l’équilibre, parfois fragile, entre l’offre et la demande. Il revient à ces structures de les accompagner au mieux dans ce qui se révèle souvent être un grand bouleversement dans la vie d’un agriculteur, pour que leur conversion à l’agriculture biologique soit une réussite !

J.V.

Le direct

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