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Farine d’insectes pour l’alimentation animale: du potentiel, mais encore beaucoup de questions!

La production massive d’insectes nourris à partir de déchets alimentaires, pour l’alimentation animale pourrait en 2030 réduire la dépendance de l’UE aux importations de protéines végétales et faire baisser les prix des céréales. Mais des obstacles légaux freinent encore ce scénario.

Temps de lecture : 3 min

La production d’insectes pourrait contribuer de manière significative à l'économie circulaire, en réintroduisant des nutriments des déchets alimentaires directement dans la chaîne alimentaire et en améliorant légèrement le déficit en protéines dans l’UE, estime la Commission européenne dans une évaluation prospective à l’horizon 2030, présentée dans le cadre de ses perspectives agricoles 2020.

Une production massive d’insectes pour l’alimentation animale aurait aussi un impact sur le prix des cultures (à la baisse) en réduisant les coûts des aliments pour animaux, et soutiendrait la production animale.

Dans leur scénario, les experts de la Commission imaginent que la moitié des pertes et gaspillage alimentaires sera utilisée pour l’alimentation d’insectes. Ceux-ci serviraient à la fois à produire une farine protéique à faible teneur en matières grasses pour l’alimentation animale et à l’extraction d’huile utilisée dans la production de biodiesel.

Actuellement, dans l’UE, environ un cinquième de la production alimentaire destinée à la consommation humaine est perdu ou gaspillé, atteignant 129 millions de tonnes de déchets alimentaires par an.

Baisse des prix

Selon ce scénario, à l’échelle mondiale, d’ici 2030, l’industrie des insectes devrait produire 23 millions de tonnes de farine de protéines et 6 millions de tonnes d’huile, ce qui équivaut à 5,4% de la consommation mondiale de farine de protéines et 2,5% de la consommation d’huile. Conséquence: les prix sur le marché des farines protéiques et des huiles végétales baisseraient respectivement de 18 et 7% en 2030.

Dans l’Union européenne, l’augmentation de la production de farine d’insectes produite localement permettrait au taux d’autosuffisance en matière de farine de protéines d’augmenter légèrement de 1,8%.

La superficie consacrée aux oléagineux et au soja pourrait diminuer, réduisant de 0,3 million de tonnes la production de farine protéique issue de ces cultures. Cette baisse serait compensée par la réduction de 0,4 million de tonnes du volume de farine importée. Les prix des céréales devraient alors baisser de 5% et ceux du soja de 11% en 2030. Le recul des prix des aliments pour animaux inciterait alors la production de poisson, de lait et de viande dans l’UE.

La production de biodiesel augmenterait, elle, de 1,5% en raison de la baisse des prix des huiles (végétales ou d’insectes) de 4% en 2030.

Beaucoup de questions en suspens

Mais restent beaucoup de questions légales à régler. Des évaluations relatives à la sûreté alimentaire de l’alimentation des insectes par des déchets et de durabilité doivent être encore abordées.

Depuis le 1er juillet 2017, les protéines animales issues d’insectes peuvent être utilisées dans l’alimentation des poissons. Mais la Commission européenne n’a toujours pas donné son feu vert à leur utilisation pour l’alimentation des volailles et des porcs. Une décision sur ce point pourrait être prochainement prise.

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