Plan Bee: pour un sucre respectueux de l’environnement

Une étude visant étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de l’implantation de cultures mellifères sans utilisation de pesticides s’est déroulée sur des terrains de protection de captage d’eau de la SWDE.
Une étude visant étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de l’implantation de cultures mellifères sans utilisation de pesticides s’est déroulée sur des terrains de protection de captage d’eau de la SWDE.

Le postulat de l’asbl ? Pour avoir davantage de miel, il faut implanter davantage de cultures mellifères sans utilisation de pesticides. L’étude vise donc à étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer une diversité de fleurs sur grandes surfaces pour produire une multitude de produits agricoles (miel, fourrages, farines, huiles, condiments…). Cela tout en accueillant l’entomofaune sauvage.

Des produits de synthèse

mais pas de néonicotinoïdes

Sur les différents terrains de protection de captage d’eau de la SWDE (Ciney, Orp-Jauche, Gerpinnes et Pont-à-Celles), des échantillons de pollen et de pain d’abeille mellifères et solitaires ont été analysés en termes de résidus de pesticides des fleurs butinées.

Des résultats du site de Ciney en 2019 montrent la présence de petites quantités (0,1 à 7 µg/kg) de pesticides chez les abeilles mellifères. Au niveau des résultats 2020 pour les abeilles solitaires à Ciney et Orp-Jauche, des résidus d’herbicides ont été observés.

Le sol et l’eau des captages ont également été analysés en termes desdits résidus. À Orp-Jauche, les résultats de sol montrent la présence de 5 herbicides et 5 fongicides. Toutefois, parmi les 3 néonicotinoïdes recherchés (imidacloprid, clothianidin et thiamethoxam), aucun n’a été détecté. Les eaux des captages des sites, quant à elles, ne dépassent pas les normes de potabilité.

À Ciney, une diversité de cultures a été implantée. En plus de nourrir les insectes, elles ont pu être valorisées par la production de semences, de graines transformées en huiles, farines ou condiments et de graines pour l’alimentation animale…

Le sucre de betterave

difficile à concurrencer

Du miel a pu être produit sur les différents sites, malgré la difficulté pour les producteurs de trouver un marché et d’être équipé correctement pour ces travaux. L’asbl s’est donc demandée s’il pouvait être une alternative au sucre de betterave. Pour répondre à cette question, un panel de consommateurs, apiculteurs et betteraviers ont été interrogés. Il en résulte que :

– 75 % des consommateurs interviewés utilisent du sucre de betterave mais ne connaissent pas les tenants et aboutissants de la culture. La consommation de miel est plus faible que celle du sucre. Les freins à sa consommation sont le goût, la texture, le pouvoir sucrant et le prix. Pourtant, ¾ des participants se disent prêts à remplacer une partie du sucre par du miel ;

– certains apiculteurs craignent de remplacer un système intensif par un autre. Actuellement, la plupart d’entre eux nourrissent les ruches avec du sucre par manque de ressources florales dans l’environnement. Pourtant, la demande de miel est inassouvie (3/4 des pots de miel viennent de l’étranger). Ce que les apiculteurs souhaitent donc, c’est restaurer l’environnement en replantant et semant des plantes mellifères ;

– les betteraviers estiment que la culture de betterave sucrière n’est pas rentable sans pesticide (pourtant le sucre de betterave bio se développe). Ils trouvent que produire davantage de miel est une bonne chose mais pensent qu’il ne pourra jamais concurrencer le sucre de betterave. Pour eux, la consommation de sucre est énorme et il n’est pas possible de compenser avec des ruches. Pourtant, ils sont tout à fait conscients que l’agriculture est en train de changer !

Le direct

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