Une confiance renouvelée en l’avenir pour l’Industrie laitière

Les chiffres clés de l’industrie laitière belge en 2020.
Les chiffres clés de l’industrie laitière belge en 2020.

A côté de la capacité et de la modernisation, l’industrie laitière investit aussi dans des emballages plus durables, la réutilisation de l’eau et une plus grande efficience énergétique. «Je constate avec satisfaction que dans le cadre de leurs investissements les entreprises laitières s’engagent de plus en plus dans le renforcement de la durabilité de leurs activités et nous ne pouvons que nous en réjouir“, se félicite Renaat Debergh, administrateur délégué de la Confédération Belge de l’Industrie Laitière.

A noter que les membres de la CBL représentent 98% de la collecte de lait et plus de 95% du chiffre d'affaires de l'industrie laitière.

Hausse des investissements

Les investissements de l’industrie laitière ont augmenté de 18% pour atteindre 137 millions d’euros. Cette progression vient s’ajouter à la hausse de 32% intervenue en 2019. Les investissements ont entraîné une augmentation de l’emploi dans l’industrie laitière. De nouveaux emplois ont été créés pour la 5e année consécutive. L’emploi a progressé de 10% depuis 2015 pour atteindre actuellement le nombre de 6.208 postes.

Un cadre réglementaire stable dans l’ensemble du secteur laitier est important pour pouvoir valoriser pleinement les conséquences économiques favorables des investissements et pour garder un climat attractif pour les investissements.

Poursuite du renforcement de la durabilité

A côté de l’élargissement et de la modernisation de la capacité de transformation, l’industrie laitière investit de plus en plus dans des emballages plus durables et dans la réutilisation de l’eau. Les entreprises laitières ont investi dans des emballages qui comptent une couche en moins, qui sont composés de matériaux renouvelables ou de plastiques recyclés et qui comportent des films plus minces. Le renouvellement des installations de transformation conduit à une plus grande efficience énergétique. Tout ceci contribue à une réduction des émissions de CO2. De plus, l’industrie laitière investit fortement dans la réutilisation de l’eau provenant du lait et dans l’épuration des eaux usées. Le volume de l’eau réutilisée a augmenté de 17%. C’est ainsi que 35% de l’utilisation d’eau provient de sources alternatives.

Glissements au sein de la gamme de produits

De façon assez étonnante, le chiffre d’affaires de l’industrie laitière a aussi augmenté en 2020. Cette hausse s’explique en partie par le volume de lait plus important provenant des producteurs laitiers, qui a été transformé par l’industrie laitière. En outre, la consommation à domicile de produits laitiers a augmenté en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19: selon le produit, de 7% (yaourt) jusqu’à 19% (crème). De ce fait, l’industrie laitière a produit au total davantage de produits pour consommateurs en petit emballage et moins d’ingrédients et produits destinés à l’industrie alimentaire. Ceci engendre un chiffre d’affaires supplémentaire et une remontée au niveau de 2018.

En outre, le chiffre sectoriel général dissimule aussi le fait qu’une série d’entreprises laitières fortement axées sur l’horeca et le foodservice ont connu une année difficile. L’industrie laitière espère que l’engouement accru du consommateur pour des produits naturels, locaux et authentiques, comme les produits laitiers, se maintiendra après la disparition de la Covid-19.

M. Debergh espère également que l'évolution favorable du prix réel du lait de ces derniers mois se poursuivra. «Après la forte chute jusqu'à un prix moyen du lait de 32,20 euros pour 100 litres de lait en 2020, on assiste à une reprise. De plus, maintenant qu'il y a de plus en plus d'assouplissements dans le cadre de la crise du coronavirus, nous espérons une augmentation de la consommation de produits laitiers.»

Lutter contre les pratiques commerciales déloyales

Avant la présentation des chiffres annuels, la CBL a organisé une table ronde où les ministres régionaux de l’Agriculture, Hilde Crevits et Willy Borsus, étaient invités.

Directive européenne

Renaat Debergh, directeur délégué de la confédération belge de l’industrie laitière, y a évoqué, entre autres, la directive européenne relative aux pratiques commerciales déloyales dans le secteur agroalimentaire, qui doit encore être transposée dans la législation nationale. « Cette directive européenne est de la main du commissaire européen Phil Hogan. Elle interdit les pratiques déloyales entre acheteurs et fournisseurs dans la chaîne d’approvisionnement agricole et alimentaire. L’objectif est bien sûr de mieux protéger les producteurs de denrées alimentaires – qui sont souvent victimes de pratiques déloyales de la part des grands acteurs de la chaîne alimentaire – avec une série de mesures concrètes dès à présent.

Plafond financier indésirable

Toutefois, sous la pression du secteur de la vente au détail, Hogan a fait une concession. La directive proposée ne s’appliquerait qu’aux entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 350 millions d’euros. Renaat Debergh : « Ce plafond n’a aucun sens. Pour le secteur laitier, cela signifie qu’au moins 4 entreprises, membres de la CBL, seraient touchées… et donc aussi les producteurs laitiers qui les livrent ! Ils collectent le lait de 70 % des producteurs laitiers, soit 4.600 exploitations. Même si les coopératives sont exclues, quelque 35 % des producteurs laitiers, indirectement par le biais de leur société laitière, ne sont plus protégés ! » M. Debergh ne comprend pas pourquoi le commerce de détail s’oppose aux pratiques commerciales équitables. Il demande donc le soutien des ministres régionaux pour ne pas transposer simplement la directive. Après tout, ils doivent conseiller le ministre fédéral de l’agriculture. La transposition dans la législation nationale doit être achevée en novembre. Neuf Etats membres ont déjà transposé la loi, 8 d’entre eux ont éliminé le plafond.

Le ministre Borsus soutient pleinement la CBL : « On ne peut pas être contre l’élimination des pratiques commerciales déloyales. Je ne vois aucune raison pour un plafond. La ministre Crevits s’est montrée un peu plus prudente dans sa réponse : « Certains États membres ont supprimé le plafond, il est donc possible de le faire. » Mme Crevits a déjà promis une concertation constructive avec son collègue wallon.

D’après A.V.