Un abattoir bientôt de retour à Beaumont?

La création d’outil de proximité permet de répondre à une demande des éleveurs, sans pour autant concurrencer les plus grandes structures, nécessaires pour le travail de grande ampleur et les produits destinés notamment à la grande distribution et à l’exportation.
La création d’outil de proximité permet de répondre à une demande des éleveurs, sans pour autant concurrencer les plus grandes structures, nécessaires pour le travail de grande ampleur et les produits destinés notamment à la grande distribution et à l’exportation.

D epuis la fermeture de l’abattoir de Charleroi en juin dernier, les éleveurs hennuyers doivent parcourir bon nombre de kilomètres pour trouver une structure prête à accueillir leur cheptel. Car seuls demeurent les abattoirs de Rochefort et d’Ath pour les bovins… De tels trajets ne sont favorables ni pour le bétail, pour des raisons de bien-être animal, ni pour les éleveurs, qui y perdent du temps et de l’argent.

Dans ce contexte, deux éleveurs de la Botte du Hainaut, Vincent et Johan Vandromme, ont créé une coopérative dont l’objectif est de réhabiliter l’abattoir de Beaumont et d’y créer une salle de découpe attenante. « Ce projet répond à un manque sur le territoire, région où l’élevage bovin règne en maître, qu’il soit viandeux ou laitier », expliquent-ils.

Un projet ouvert à tous

Leur projet, à l’étude depuis plus d’un an, a d’ores et déjà reçu le soutien de Bruno Lambert et Alain Vandromme, respectivement bourgmestres de Beaumont et de Froidchapelle, ainsi que de Fabienne Devilers, députée provinciale en charge de l’agriculture. La coopérative, elle, est ouverte aux éleveurs, toutes races confondues, et à toute personne désireuse de s’investir dans une initiative locale. Plusieurs acteurs régionaux ont d’ailleurs déjà rejoint le projet : la Fondation Chimay Wartoise et Elevéo, l’Association wallonne des éleveurs.

Si la réhabilitation se réalise, les agriculteurs retrouveront un outil local, qui permet le respect du bien-être animal en diminuant les temps de transport. La réouverture de l’abattoir permettra également de mieux valoriser les circuits courts et de rendre la plus-value aux éleveurs, qu’ils se dédient aux bovins, porcins ou ovins. Tous les agriculteurs désirant faire abattre et commercialiser leur propre viande pourront soit devenir coopérateur ou être un simple utilisateur de l’outil.

Concernant la commercialisation, plusieurs filières sont à l’étude : la vente de colis de viande sous vide en direct à la ferme, alimenter les collectivités privées et publiques, mais aussi vendre des carcasses vers d’autres coopératives ou distribuer la viande locale dans le secteur de la grande distribution.

Une décision attendue début 2022

La possible réhabilitation de l’abattoir de Beaumont a également été accueillie favorablement par le ministre wallon de l’Agriculture, Willy Borsus, à qui il a été présenté le 4 août. Celui-ci a d’ailleurs indiqué que la Région wallonne allait soutenir l’étude de faisabilité du projet, pour qu’elle se fasse avant la fin de l’année. Ainsi, une décision pourra être prise début 2022.

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Ce projet vous intéresse ? Hainaut Développement organisera prochainement des séances d’information à ce sujet.