En, 2024 la rentabilité des exploitations s’est améliorée… en moyenne!
Selon les chiffres livrés par le Spw Arne, le revenu agricole moyen a atteint, en 2024, 888 €/ha de surface agricole utilisée, et ce pour 12.381 exploitations gérant près de 732.000 ha. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités entre productions, notamment au détriment des élevages bovins viandeux.

Alors que 2026 nous accueille à bras ouverts, la Direction de l’analyse économique agricole (Service public de Wallonie Agriculture, Ressources naturelles et Environnement) a dévoilé, en décembre dernier, les chiffres clés de l’agriculture wallonne pour 2024.
Une météo exceptionnelle
En 2024, le sud du pays a connu des conditions climatiques exceptionnelles. Jugez plutôt : il s’agit de l’année la plus humide jamais enregistrée, avec un ensoleillement très faible et des températures supérieures à la normale.
Après des conditions automnales 2023 désastreuses, ayant perturbé voire diminué les semis de céréales d’hiver, les conditions météorologiques de 2024 ont impacté négativement l’ensemble des productions végétales. Ce qui se traduit par des mauvais rendements en céréales et des rendements médiocres pour les cultures de maïs, de betteraves (pour laquelle s’ajoute une richesse en sucre historiquement basse) et de pommes de terre. Les cultures fruitières ont subi des pertes importantes, tandis que les fourrages, bien qu’abondants, étaient de qualité médiocre.
Du côté des productions animales, l’année a été marquée par l’épidémie de fièvre catarrhale ovine, qui a entraîné des pertes dans les élevages et nécessité un soutien financier de 17 millions d’euros.
Un recul jugé stable
En 2024, 12.381 exploitations (soit 36 % des fermes belges) gèrent 731.984 ha de superficie agricole utilisée en Wallonie soit un peu moins de la moitié de la superficie régionale (

Les fermes disparues sont reprises, bien souvent, par d’autres ce qui entraîne une augmentation de la superficie moyenne des exploitations agricoles. Celle-ci s’élève à 59 ha. D’un extrême à l’autre, un tiers des fermes exploitent moins de 25 ha tandis qu’elles sont 18 % à s’étendre sur plus de 100 ha (13 % en 2010).
83 % des exploitations wallonnes, soit 10.335 fermes, ont une dimension professionnelle et couvrent 98 % de la SAU.
Les fermes bovines spécialisées représentent 43 % des exploitations professionnelles tandis que celles spécialisées en grandes cultures concernent 35 % de ces exploitations (figure 1).

Les cultures fourragères et les prairies couvrent plus de la moitié de la SAU wallonne (figure 2).

21 % des agriculteurs ont plus de 67 ans
L’âge moyen des agriculteurs est de 55 ans en 2024, soit bien au-dessus de celui de la population active wallonne, qui s’établit à 42 ans. Seuls 17 % des travailleurs sont âgés de moins de 41 ans alors que 52 % ont plus de 57 ans, ce qui pose un enjeu de renouvellement générationnel.
Plus alarmant encore, 21 % des agriculteurs wallons ont 67 ans et plus…
Environ la moitié des jeunes (moins de 41 ans) est active dans des exploitations en bovins (laitiers, viandeux ou les deux, voire bovins et cultures). Un quart des exploitations avec au moins un jeune est spécialisé en grandes cultures. Par ailleurs, les jeunes sont plus nombreux à s’installer en horticulture et fruiticulture et dans l’élevage de volaille que leurs homologues plus âgés.
Les 67 ans et plus sont, quant à eux, près de 50 % à être actifs dans les grandes cultures, où le recours aux entreprises de travaux agricoles est courant, ce qui leur permet de rester actifs plus longtemps. A contrario, ils sont peu présents dans les élevages laitiers, où le niveau d’astreinte du travail est nettement plus élevé.
Une légère amélioration de la rentabilité
Pour l’année 2024, en moyenne, l’ensemble des produits de l’exploitation-type wallonne atteint une valeur de 3.542 €/ha de SAU, aides comprises, ce qui équivaut à un niveau similaire à 2023. La part des produits des herbivores et des cultures fourragères représente 45 % du total des produits, étant donné le poids de l’élevage bovin en Wallonie. Les produits des cultures commerçables, quant à eux, représentent 28 % du total et enregistrent, à l’inverse des bovins, une chute suite aux très mauvais rendements des cultures et des prix en baisse.
Les charges de l’exploitation agricole en Wallonie se réduisent enfin un peu. L’ensemble des charges (hors salaires de la main-d’œuvre familiale et salariée) atteint 2.838 €/ha de SAU.
Pour cette même année, au départ d’une marge brute de l’ordre de 1.479 €/ha de SAU, l’exploitation wallonne obtient un excédent brut proche de 1.301 €/ha de SAU et un revenu agricole évalué à 888 €/ha de SAU. La plupart des indicateurs de rentabilité montrent une légère amélioration par rapport à 2023 (tableau 2).

Toutefois, quel que soit l’indicateur économique considéré, une moyenne masque de grandes différences entre les diverses spécialisations des exploitations, les performances de gestion…
Les élevages de bovins viandeux en retrait
Outre ces évolutions, de grandes disparités existent entre les différentes orientations technico-économiques.
Au niveau des exploitations spécialisées en grandes cultures, le revenu du travail par unité de travail (Ut) atteint, en moyenne, 39.616 €/Ut, soit un peu plus que la moyenne des dix années précédentes, qui est de 37.451 €/Ut, ou que le revenu du travail de l’exploitation wallonne moyenne qui est de 37.124 €/Ut.
Pour les exploitations spécialisées en bovins laitiers, le revenu du travail atteint, en moyenne, 47.525 €/Ut. Ce chiffre est nettement au-dessus de la moyenne des dix années précédentes (31.047 €/Ut) et plus de 10.000 €/Ut supérieur au revenu du travail de l’exploitation wallonne moyenne. Il s’affiche cependant en net retrait par rapport à 2022 où le revenu par unité de travail avait frôlé la somme de 70.000 €.
En 2024, le revenu du travail des exploitations spécialisées en bovins viandeux reste inférieur à celui des autres types de production, bien qu’en nette progression par rapport à la moyenne des dix dernières années. Il atteint 22.895 €/Ut (9.390 €/Ut, en moyenne des dix dernières années). Cela demeure, néanmoins, bien loin de la moyenne wallonne (37.124 €/Ut, pour rappel).
Rappelons que derrière ces valeurs moyennes se cache, une fois encore, une grande disparité entre exploitation…






