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Lancement du Réseau des Épiceries de produits Scarpe-Escaut

Lancé officiellement le 20 avril dernier à Tournai avec le concours du Groupe d’Action Locale des Plaines de l’Escaut, ce Réseau compte pour l’instant cinq épiceries locales présentes sur le territoire des deux parcs transfrontaliers. Elles se sont rassemblées autour d’un nouveau label qui fait écho à une charte leur permettant de défendre des valeurs communes fortes.

Temps de lecture : 6 min

Le Réseau se décline jusqu’à présent exclusivement au féminin. Il est composé de cinq gérantes d’épiceries, dynamiques et surtout bien décidées à apporter leur soutien au tissu économique de leur terroir.

Cinq femmes dans le vent

Anne-Claire Derasse est à la tête depuis 2020 de « Croquez local », une épicerie de produits alimentaires et cosmétiques à Tournai. Nathalie Preillon co-gère depuis six ans avec son mari Éric « Sup’R », une épicerie bio basée sur le concept du zéro déchet et de la lutte contre le gaspillage alimentaire aux Écacheries (Beloeil). Cela fait deux ans que le couple s’est par ailleurs lancé dans le maraîchage afin de produire ses propres légumes pour le magasin.

Muriel Vandewalle gère depuis près de huit ans l’épicerie « Chéri » à Kain sur le site de la ferme familiale de son mari. Une partie des produits est issue de l’agriculture biologique ou raisonnée.

Quant à Adeline Lecomte, elle préside aux destinées de « Cœur d’artichaut » à Antoing, un magasin qui s’articule autour des valeurs du bio, du local et du vrac où l’on dispense également des conseils diététiques. On y trouve pains, produits laitiers, friandises, farines, viandes, fruits et légumes, produits d’entretien, glaces, boissons, vins et bières, céréales, herboristerie, plats préparés, petit-déjeuner.

Enfin, Caroline Canonne est la gérante de la supérette de quartier « Au Bio Village » où elle s’est intégrée depuis dix ans dans le paysage rural de Quevaucamps.

Rôle social et économique des épiceries locales

Pierre-Étienne Durieux, chargé de projets « circuits courts » au sein du Gal du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut (Pnpe) a évoqué le rôle sociétal joué par ces épiceries qui agissent comme « des relais entre producteurs et consommateurs ».

En moyenne, une épicerie locale offre un débouché pour plus de 20 producteurs du territoire du Pnpe. Un chiffre qui grimpe à 35 si l’on prend l’échelle de la Wallonie picarde comme référence.

Une épicerie locale propose plus de 200 références de produits locaux. Ces produits sont issus de 12 grandes gammes telles que les fruits et légumes, les boissons, les fromages, la viande. On retrouve également des produits plus spécifiques comme des plats préparés par des traiteurs locaux et des desserts.

« Ces chiffres prouvent que nous sommes bien des créatrices de valeurs locales fortes qui participent d’une alimentation saine et de qualité à un prix juste pour les producteurs, agriculteurs et artisans » a insisté Anne-Claire Derasse qui a, dans la foulée, évoqué la dimension de la préservation de l’environnement.

Car être local a forcément un impact environnemental favorable. Que cela soit par la limitation des transports des produits proposés (circuits courts), la faible distance entre le commerce et les consommateurs ou encore par l’utilisation de modes de consommation générant peu ou pas d’emballage et donc de déchets.

« Nous favorisons toutes le réemploi des contenants et encourageons les clients à amener les leurs » précise la gérante de « Croquez local » ajoutant qu’il s’agit de « combiner impact écologique et économique ».

Une charte qui valorise des acteurs du territoire

La réflexion menée par le Gal a abouti à une charte, tout à la fois pierre angulaire et porte d’entrée pour accéder au Réseau.

Pour y adhérer, plusieurs critères sont requis, à commencer par la localisation. Il faut ainsi que l’épicerie soit située sur le territoire du Gal des plaines de l’Escaut dont elle doit proposer au moins 25 produits différents en provenance de six producteurs, le tout en respectant des familles de produits bien spécifiques (légumes, boissons, viandes, fruits, produits laitiers).

Le commerce doit également offrir une surface de vente de moins de 400 mètres carrés afin de rester en adéquation avec un service et un conseil personnalisé au consommateur. De plus, le commerce doit pouvoir s’intégrer dans le tissu bâti actuel.

Un autre critère porte sur les plages horaires d’ouverture de l’épicerie qui doit pouvoir accueillir les clients au minimum trois jours par semaine et ce, au minimum, dix mois par an.

« Par le nombre d’articles qui sont référencés dans les magasins, l’idée reste que le consommateur puisse y faire l’ensemble de ses courses pour la semaine » insiste Pierre-Étienne Durieux.

Le réseau ambitionne de mettre en place son propre observatoire des prix orienté vers la ruralité, à l’échelle du territoire couvert par le Parc naturel des plaines de l’Escaut.

Trois à quatre fois par an, en jouant sur la saisonnalité des produits, les prix d’une quarantaine de produits locaux et/ou de saison présents dans les épiceries du Réseau seront ainsi comparés avec ceux pratiqués, sur des produits de qualité égale, dans la grande distribution. Ces produits seront ceux qui rentrent dans le panier classique de la ménagère : légumes, viande, fruits, boissons.

Ce travail devrait permettre de chiffrer plus précisément la différence tarifaire en fonction du lieu d’achat : épiceries locales ou grande distribution.

La mise en place de cet observatoire permettra également d’éviter certains biais. Comme celui de comparer des tarifs dans le cadre d’une consommation urbaine alors que le territoire est rural.

« L’idée n’est pas de mettre en concurrence les différents opérateurs, mais de voir concrètement la situation et l’évolution des prix sur notre zone de chalandise » a précisé M. Durieux.

La Fête des mères et la semaine bio en point de mire

À l’occasion de la fête des mères, les différentes épiceries du Réseau proposent un panier composé de produits locaux majoritairement issus du territoire du Gal. Il contient des bières, du jus, du chocolat, une tartinade de légumes, de la confiture, des mélos cake et des tisanes. Une manière originale de fêter les mamans tout en leur permettant de découvrir des produits du territoire.

Lors de la semaine du bio, les épiceries du Réseau mettront en avant les producteurs bio avec qui elles travaillent au quotidien. Une initiative qui se veut un moyen de rappeler certaines valeurs fortes portées par le Réseau : privilégier les circuits courts et favoriser l’accès à des aliments sains pour l’Homme et la planète.

Toute épicerie qui se reconnaîtrait dans les valeurs portées par le Réseau et qui souhaiterait y adhérer peut prendre contact avec le Parc naturel des Plaines de L’Escaut via l’adresse : circuitscourts@pnpe.be.

Plus d’informations sur le site : https://miniurl.be/r-4ikj.

Marie-France Vienne

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