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L’importance de gérer les résidus de récolte avant l’hiver

Avant le début de l’hiver, il est important d’optimiser la gestion des résidus de culture. Cette préparation permet de réduire les risques de maladies, d’améliorer la fertilité du sol et de favoriser la faune sauvage tout en adaptant les méthodes aux spécificités des cultures maraîchères.

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Le début de l’automne est une période particulière pour l’agriculture. La température du sol reste élevée, et il y a suffisamment d’humidité pour maintenir une activité biologique importante. Les conditions sont réunies pour préparer au mieux les terres qui se sont libérées après les récoltes. Il s’agit aussi de corriger les défauts de structures dus aux pluies importantes d’avril et début mai.

Les débris de culture peuvent être gérés en tenant compte de la situation actuelle. Cette gestion se réalise toute l’année, dès qu’une parcelle est récoltée. Même en cette période d’automne, nous pouvons intervenir, en s’adaptant aux conditions d’accès des terres.

Améliorer la fertilité du sol

Les spores, le mycélium, les œufs, les larves et de manière générale les formes de survie des maladies et des ravageurs restent au champ avec les résidus de culture.

Les laisser en l’état en surface du sol, c’est entretenir des foyers d’inoculum pour les cultures voisines et pour l’année suivante.

De plus, les résidus de récoltes sont une source importante de matières organiques végétales. Ils apportent des nutriments pour la faune et la flore du sol et une source d’humus. Les gérer contribue à l’entretien et à l’amélioration de la fertilité du sol.

Plusieurs méthodes possibles

Plusieurs méthodes permettent de limiter fortement l’impact de ces présences. Le broyage et l’enfouissement superficiel sont des classiques. Le ramassage et l’élimination peuvent également améliorer la situation dans des contextes présentant des risques spécifiques.

Le travail superficiel du sol permet aussi de réaliser des faux semis et diminuer ainsi le niveau de salissement du terrain. Cela permet de lutter contre les limaces, les tipules et les taupins. L’incorporation superficielle des débris de culture en facilite la décomposition.

Ce travail remet le sol à niveau et prépare l’implantation des cultures suivantes.

Il permet l’incorporation des composts et fumiers.

Ce n’est pas encore le cas cette année, mais lorsque les parcelles ne peuvent pas être travaillées en surface à cause de l’excès d’humidité ou du gel, le broyage de la partie aérienne seulement permet une première étape de l’évolution. L’incorporation se fera plus tard, quand les sols pourront être travaillés superficiellement sans crainte.

Notons que le faux semis est efficace si le sol est rappuyé pour permettre un contact franc entre les graines et le sol. Il est encore possible à cette époque de l’automne, mais ce sera surtout pour le printemps ou l’été prochain.

À quelle profondeur ?

L’ordre de grandeur est de 5 cm de profondeur voire un peu moins. À cette profondeur, l’aération du sol peut encore être très forte et favorise une bonne évolution des résidus broyés. Si l’incorporation est moins profonde, l’effet sur la germination des graines sera meilleur.

Par contre, si elle est plus profonde, le travail de décomposition peut manquer d’oxygène et être freinée. Mais en cette saison, les températures basses du sol amènent un travail ralenti de cette décomposition.

Inconvénients et outils

Plusieurs inconvénients s’opposent à l’incorporation rapide des résidus de culture à faible profondeur. Le paillage en matières organiques ou en matières plastique est perturbé ou détruit par les façons culturales superficielles. Les ados doivent être refaçonnés après le travail superficiel du sol en même temps que celui-ci.

Quant aux outils, ceux animés à axe horizontal permettent de broyer et d’incorporer superficiellement en un seul passage. Les disques concaves sont, eux, bien adaptés pour les enfouissements de matière organiques. Concernant le rouleau stabilisateur, il raffermit le sol après le passage d’enfouissement.

S’adapter au type de culture

Il est important de s’adapter au type de plantation. Par exemple, après une culture de choux, il reste une grande masse végétale, des tiges, collets et plateau d’enracinement massifs et coriaces. Le broyage fin avec un outil animé à axe horizontal (type fraise) va favoriser la dégradation rapide et le mélange superficiel avec la terre. Si la température du sol est suffisante (plus de 12ºC) et l’humidité présente pour avoir une grande activité des organismes présents dans le sol, la décomposition est rapide et est déjà bien avancée après trois semaines. Profitons-en.

Un autre exemple : une laitue. Les tissus sont peu coriaces, en conditions suffisantes d’humidité et de température, une dizaine de jours suffisent pour avoir une bonne dégradation des résidus. Cela ne signifie pas pour autant que tout est résolu. Si des foyers de sclérotiniose étaient présents à la récolte, ils resteront présents malgré le broyage et l’incorporation. D’autres méthodes de lutte seront donc à mettre en place, dont la rotation et l’emploi préventif du Contans WG.

En cas d’infestations de limaces, le travail superficiel avec broyage des résidus de culture est une excellente méthode pour réduire les populations à court terme et à plus long terme. En effet, les résidus broyés décomposés sont autant de nourriture que les limaces n’auront plus. Les œufs malmenés et exposés au dessèchement et au soleil perdent leur viabilité. La surface du sol est affinée ce qui réduit la facilité de remontée et de redescende quotidienne de ces animaux en surface.

Gérer les cas particuliers

En cas de présence de foyers limités en taille et en nombre de maladies difficiles à combattre, comme les foyers de sclérotinia, par exemple, il est intéressant de récupérer un maximum des matières porteuses de sclérotes et de les emmener hors des parcelles cultivées en maraîchage. Ces mêmes foyers évidents de sclérotes n’ont normalement pas leur place, non plus, dans les tas de broyats destinés au compostage. De nombreuses autres cultures ne sont que peu sensibles, comme les prairies, les bandes herbées, les taillis.

Si les foyers sont trop importants ou trop nombreux, il faudra s’y adapter par la rotation et par l’emploi de méthodes préventives.

Durant l’automne et l’hiver, les débris des cultures sont aussi des réserves de nourriture pour la faune sauvage. Nous y pensons, bien sûr, mais sur des bandes spécifiquement destinées à cet usage, hors rotation maraîchère.

Vous l’aurez compris, le broyage des résidus de culture en leur incorporation en surface de sol favorise la dégradation et le recyclage des matières organiques. Cette méthode diminue la viabilité de plusieurs ravageurs et maladies. Elle n’élimine pas les risques de certaines d’entre elles comme les sclerotinioses mais ne les aggrave pas.

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