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Vers la création d’un intergroupe sur l’élevage au parlement européen

La campagne officielle pour la création d’un intergroupe sur l’élevage durable au parlement européen a été lancée le 19 novembre. Ce projet est porté par trois eurodéputés, dont le Belge Benoît Cassart, avec notamment le soutien de LivestockVoice, le lobby européen du secteur de l’élevage.

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Les intergroupes sont un lieu d’échanges de vues informels, sur des sujets précis, entre différents groupes politiques ainsi qu’entre les députés, la commission et la société civile (filières économiques, scientifiques, universitaires, centre de recherche). Chaque intergroupe compte des députés d’au moins trois groupes politiques différents.

L’élevage en perte de vitesse en Belgique

Les députés issus de groupes politiques et de pays différents, ont tous souligné que l’élevage est de plus en plus souvent considéré uniquement sous l’angle de ses aspects négatifs, tels que la pollution de l’environnement, la perte de biodiversité ou la souffrance animale.

Initiateur du projet, Benoît Cassart a déploré que l’élevage soit « victime de nombreuses informations erronées et incompréhensions. Aujourd’hui, nous sommes à un moment clé pour l’avenir de l’élevage en Europe. Parce que l’élevage diminue de façon significative d’année en année. Ici, en Belgique, nous avons perdu un animal sur trois au cours des 30 dernières années. Et si cela continue, nous verrons cette année une baisse de 5 à 6 %, avec de nombreux problèmes de santé animale. Et je peux vous dire que si l’élevage disparaît, il ne reviendra pas. Les personnes qui ne sont pas des enfants d’agriculteurs et n’ont aucun lien avec cette activité agricole ne la redémarreront pas. Je crois donc qu’il est urgent de préserver ce que nous avons aujourd’hui et de relancer cette activité ».

L’eurodéputé wallon a mentionné les dernières estimations de la Fao, selon lesquelles la demande d’aliments d’origine animale augmentera de 30 % d’ici 2050 (+29 % de viande, +35 % de produits laitiers, +25 % d’œufs).

Et de compléter que « produire en Europe est le meilleur choix pour l’environnement, étant l’empreinte de notre filière plus vertueuse que celle des pays tiers. Ce ne sera pas un défi facile et pour l’affronter nous avons besoin de science et d’innovation, et non pas de désinformation et d’approximation dont le secteur de l’élevage est souvent victime ».

Décision à la mi-décembre

Roxane Feller, secrétaire générale d’Animal Health Europe a, quant à elle, mis en exergue le fait que seulement 1 % des messages qui parlent d’élevage sur les réseaux sociaux sont produits par le secteur et que 99 % sont produits par qui ne connaît pas le secteur.

Malgré les 77 signatures de députés européens d’ores et déjà récoltées, la naissance de cet intergroupe dédié à l’élevage durable n’est pas du tout une certitude. Le nombre d’intergroupes étant limité à 27 et les thèmes proposés par les eurodéputés étaient très nombreux (près de 50 intergroupes ont été proposés). La décision finale sera prise le 19 décembre par les présidents des groupes politiques. Seuls les groupes ayant reçu le soutien d’au moins trois groupes parlementaires verront le jour.

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