La commission lance une stratégie pour les sciences du vivant
La commission européenne a présenté sa Stratégie pour les sciences du vivant, qui comprend un volet consacré à l’alimentation, visant à faire de l’Europe le lieu le plus attractif pour ce domaine d’ici 2030. Outre les financements, il s’agit aussi de modifier le cadre réglementaire pour stimuler le secteur.

La commission européenne vient de présenter une stratégie pour les sciences du vivant dotée de plus de 10 milliards € par an provenant du budget actuel de l’UE visant à accélérer l’innovation et l’accès au marché des nouvelles technologies du secteur.
Attirer les innovateurs et les investisseurs
Par science de la vie, l’exécutif européen entend la santé, l’alimentation, l’agriculture, les produits biosourcés et l’environnement. La stratégie sur la bioéconomie, attendue pour la fin d’année, et la future loi sur les biotechnologies (probablement reportée à 2026) viendront compléter ce dispositif.
Cette législation sur les biotechnologies aura pour objectif de rendre l’environnement réglementaire de l’UE plus propice à l’innovation, d’attirer les innovateurs et les investisseurs, et de permettre aux start-up de transférer plus facilement et plus rapidement les biotechnologies depuis leurs laboratoires jusqu’à la commercialisation.
Dans une première version de la stratégie pour les sciences du vivant, Bruxelles envisageait aussi d’utiliser la législation sur les biotechnologies pour « accélérer des procédures d’approbation des nouveaux aliments ». Mais cette phrase a disparu de la version finale.
Un programme stratégique sur les systèmes alimentaires
La commission européenne annonce également vouloir élaborer un « programme stratégique de recherche et d’innovation sur les systèmes alimentaires afin de favoriser le développement de solutions compétitives, durables et résilientes » qui s’ajoutera à la future approche stratégique de la recherche et l’innovation dans l’agriculture, la foresterie et les zones rurales, déjà annoncée dans la Vision pour l’agriculture et l’alimentation.
Pour les seuls procédés de fermentation, un récent rapport sectoriel, publié par McKinsey en mars, estime un marché mondial de 85 à 125 milliards € d’ici 2050, souligne Bruxelles. Autre secteur mis en avant : les travaux sur le microbiome où « l’UE est bien placée pour jouer un rôle de chef de file ». « Du développement d’aliments nouveaux et plus sains et de solutions de biocontrôle innovantes à la restauration d’habitats dégradés, plusieurs solutions microbiennes ont déjà été explorées et appliquées », fait valoir l’exécutif européen dans sa stratégie qui propose un ensemble d’initiatives dans ce domaine, soutenues par près de 100 millions € au titre du prochain programme de travail Horizon Europe 2026-2027.
Enfin, la commission promet de solliciter des avis scientifiques et éthiques sur les aliments ultra-transformés auprès du Mécanisme de conseil scientifique et du Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies. « Le manque d’informations claires sur les risques et les avantages des aliments dits « ultra-transformés » peut créer de l’incertitude pour les consommateurs », souligne Bruxelles.