Philippe Delahaut : «Le marché couvert de Ciney reste un rendez-vous indispensable pour l’élevage!»
Depuis juin, Philippe Delahaut tient les rênes du marché couvert de Ciney. Vétérinaire et ancien directeur de département au Centre d’économie rurale à Marloie, il nous a reçus dans cette structure. Un endroit chargé d’histoire, mais qui doit aussi s’inscrire dans l’avenir pour assurer sa pérennité.

Ces premiers mois ont principalement servi à connaître le marché, son historique, sa situation, son évolution, les gens qui le côtoient, et à réflé
Il est clair que le nombre de bovins en Belgique a diminué et, par conséquent, ceux présents sur le marché aussi, de façon équivalente. Il faut permettre à cet outil de fonctionner en gérant certains coûts, en analysant notamment les prestations des uns et des autres, ainsi que l’organisation de la surface. Cependant, ce n’est pas évident. Que ce soit au niveau du nombre d’animaux, des transporteurs ou des marchands, on constate une certaine diminution vécue au sein de l’ensemble des classes de l’agriculture. Il faut travailler avec ceux qui poursuivront dans ce secteur.
Néanmoins, le marché de Ciney est et restera un outil indispensable pour l’élevage…
Oui, il s’agit du plus grand marché d’Europe. Ce lieu est l’endroit où les prix justes sont fixés. S’il disparaissait, cet aspect commercial de l’agriculture serait compromis. Il doit donc continuer à fonctionner, même s’il faut améliorer certaines pistes de rentabilité, bien qu’elles ne soient pas nombreuses. Néanmoins, je pense que le secteur est prêt à réaliser un effort, d’autant plus au vu de l’évolution favorable des prix. J’ajouterais que celle-ci était indispensable. Il s’agit d’un ballon d’oxygène pour le monde rural, surtout après la crise sanitaire qui l’a ébranlé.
Justement, depuis plus d’un an, les prix sont en hausse. Quel impact a eu cette augmentation sur le marché couvert ?
Rappelons que tout est une question d’offre et de demande. Dorénavant, les animaux se vendent
Si l’évolution est favorable, quelles tendances peut-on espérer ? Certains craignent que, si les prix poursuivent leur hausse, les consommateurs se détournent de la viande bovine au profit de viandes moins chères…
Ce que l’on souhaite, c’est une stabilisation des prix, que ceux appliqués en 2024 et surtout en 2025 se maintiennent. Mon souhait est qu’ils puissent rester à ce niveau, sans souffrir d’un effet « yoyo ». Par ailleurs, bien qu’ils aient été revus à la hausse, je ne pense pas que les consommateurs vont se détourner de la viande bovine au profit d’autres types de produits. Selon moi, il restera toujours une partie de la population consommatrice de cette viande. Elle reste appréciée pour son goût et ses qualités nutritives.
L’avenir du marché couvert de Battice est incertain… Du côté de Ciney, comment envisage-t-on le futur ?
De quelle manière un marché comme celui-ci s’accorde-t-il avec les nouvelles normes, tant
Comment faites-vous pour garantir la sécurité sanitaire des bovins, notamment concernant l’IBR ?
Seuls les animaux sains disposant d’un statut sanitaire correct peuvent venir ici. Ce sont les bêtes possédant les statuts I4 (indemne) ou I3 (assaini). Un animal I2 (infecté) n’est évidemment pas accepté, il ne partira qu’à l’abattoir. Les cartes sont scannées à l’entrée et nous sommes raccordés à Sanitel. Si un document n’est pas en ordre, le camion est renvoyé. De plus, les moyens de transport doivent être nettoyés. Pour ma part, je n’ai pas connaissance de cas d’IBR en provenance du marché. Il se doit de garantir une sécurité sanitaire maximale. Bien que nous ne soyons jamais à l’abri d’un accident, nous prenons un maximum de précautions. L’Afsca réalise également des contrôles. Entre nous, c’est une relation gagnant-gagnant : nous devons assurer un certain niveau de statut sanitaire et l’Afsca nous aide à y parvenir. Avec l’agence, je suis partisan du dialogue et d’une philosophie selon laquelle il s’agit d’un partenaire, et pas uniquement d’un organe répressif.
À travers votre discours, on ressent votre regard de vétérinaire. Quelles sont les autres qualités à avoir pour gérer une telle structure ?
Il faut évidemment posséder une formation médicale correcte. Ensuite, il y a la gestion des personnes, et ce avec des intérêts financiers importants. Pour preuve : avec 1.500 bêtes affichant une valeur moyenne de 2.500 €, ce sont 3.750.000 € qui se trouvent sur les carreaux du marché. En outre, il y a les relations avec les différentes autorités.
Suite à votre expérience, avez-vous d’ores et déjà une anecdote à partager ?
Tous les vendredis sont différents. Certains sont parfois plus folkloriques que d’autres. Un jour, l’une des personnes avait amené de la musique et des boissons pour fêter son anniversaire. Il faut pouvoir composer avec ce facteur, même si cela ne doit pas arriver chaque semaine… Pour ce faire, une bonne communication est primordiale. 





