La Raffinerie Tirlemontoise clôture sa campagne dans un contexte difficile
La Raffinerie Tirlemontoise a clôturé sa campagne betteravière 2025 – 2026 avec des rendements et des teneurs en sucre exceptionnellement élevés, parmi les meilleurs observés depuis de nombreuses années. Cependant, le marché européen du sucre reste fortement sous pression en raison de la surproduction et de l’augmentation des importations.

La campagne betteravière 2025 – 2026 de la sucrerie s’est déroulée du 15 septembre au 24 janvier. « Elle a démarré de manière fluide et s’est poursuivie de façon stable », explique la société. Et de souligner l’effet positif des conditions climatiques : « La combinaison d’un printemps ensoleillé, d’un été chaud et de l’absence de précipitations extrêmes a offert des conditions de croissance optimales ».
« La campagne a très bien commencé », explique Erwin Boonen, directeur des Matières Premières. « Grâce à une météo stable et relativement sèche, nos planteurs ont pu semer tôt et soigner les betteraves tout au long de la saison. Les conditions extrêmement humides, comme en 2024, ont été évitées. Cela confirme une nouvelle fois que la betterave sucrière se développe mieux dans des conditions plus sèches. Les conditions étaient idéales et cela se reflète clairement dans les résultats. »
Des rendements records et une teneur élevée en sucre
Les rendements et les teneurs en sucre ont nettement dépassé ceux de l’an dernier. En moyenne, environ 100 t/ha de betteraves ont été récoltées, avec une teneur en sucre supérieure à 18 %. À titre de comparaison, en 2024, le rendement était inférieur à 80 t/ha, avec une teneur en sucre inférieure à 16 %. « La récolte et le transport se sont également déroulés de manière globalement fluide », ajoute la sucrerie.
L’usine de Tirlemont a fonctionné de manière largement stable pour le traitement des betteraves. La production de sucre a également été très stable et à haute capacité. À Wanze, la campagne s’est déroulée de façon satisfaisante jusqu’au début décembre, période durant laquelle les efforts et améliorations apportés aux installations ont clairement porté leurs fruits. « Par la suite, des problèmes techniques inattendus sont apparus dans la section de filtration du processus de transformation, impactant temporairement le déroulement de la campagne », nuance l’entreprise.
Des investissements… et un nouveau produit
Malgré un contexte de marché difficile, la Raffinerie Tirlemontoise poursuit ses investissements en matière de durabilité. À Tirlemont, trois projets majeurs ont récemment été finalisés : la modernisation de la chaufferie, permettant une réduction annuelle des émissions de CO2 de 7.500 t, la production de biométhane et la mise en service d’une pompe à chaleur industrielle.
« La durabilité n’est pas accessoire, c’est un choix stratégique », estime le Ceo, Jan Ingels. Et d’ajouter : « Nous voulons produire de manière plus efficace tout en réduisant notre empreinte écologique ».
L’entreprise a également lancé un nouveau produit destiné aux consommateurs : le sucre brut de betterave, avec un goût et une couleur uniques, entièrement cultivé et produit en Belgique. Ce produit répond à la demande croissante d’alternatives locales et durables au sucre de canne.
Un marché sous forte pression
En contraste total avec la situation exposée, la surproduction et le recul de la demande en sucre ont entraîné une chute des prix de près de 40 % depuis fin 2023. En outre, en 2025, cinq sucreries ont fermé leurs portes en Europe.
« Les importations supplémentaires, notamment en provenance des pays du Mercosur et via certains régimes dérogatoires existants, accentuent encore la pression sur le marché », déplore le sucrier belge. Les organisations sectorielles mettent d’ailleurs en garde contre une concurrence jugée déloyale, qui menace l’avenir de la production sucrière européenne et de la culture de la betterave.
« Notre priorité pour 2026 est claire. Nous voulons travailler plus efficacement, réduire les pertes et maîtriser nos coûts. C’est indispensable pour rester compétitifs, même dans un contexte de marché difficile », conclut Jan Ingels.






