Les banques alimentaires ont distribué près de 28.000 tonnes de denrées en 2025
Près de 28.000 tonnes (27.785) de denrées alimentaires ont été distribuées en 2025 par les banques alimentaires belges, soit une augmentation de 8,4% par rapport à l'année précédente, a annoncé la Fédération belge des banques alimentaires (FBBA) lors d'une conférence de presse à la Banque alimentaire Bruxelles-Brabant, la plus grande du pays.

En 2025, 204.791 personnes en situation de précarité ont eu recours à l'aide alimentaire d'urgence chaque mois, un nombre inférieur aux années précédentes. L'aide alimentaire a été distribuée par les neuf banques alimentaires du pays via 688 associations locales affiliées, dix de moins que l'année précédente, ce qui peut expliquer la légère baisse de bénéficiaires.
«La combinaison d'une légère baisse du nombre de bénéficiaires et d'une quantité record de denrées alimentaires mises à disposition a entraîné une augmentation de 9% de la quantité de nourriture par personne, pour atteindre 136,65 kilogrammes par an», a détaillé l'administrateur délégué Marc Mertens.
«Concrètement, cela signifie que nous avons pu fournir en moyenne plus de cinq équivalents repas par semaine (5,2).» L'année dernière, 56 millions de repas ont été distribués au total par les banques alimentaires, pour une valeur totale de 106 millions d'euros. Pour la première fois, ce montant dépasse la barre des 100 millions d'euros.
La quantité record de nourriture mise à disposition s'explique par une contribution plus importante de la grande distribution et une offre accrue de légumes et de produits frais via les enchères. Parallèlement, les banques alimentaires ont pu compter pour la première fois sur le soutien des banques alimentaires françaises et néerlandaises, ainsi que de Waste Warriors, qui achètent les récoltes oubliées à un prix équitable pour les agriculteurs et les transforment en nouveaux produits avec l'aide de producteurs locaux.
Le nombre de repas distribués pourrait néanmoins fortement chuter en 2026 et 2027. La principale raison est la réduction de dix millions d'euros du budget de fonctionnement du programme d'aide alimentaire européen, qui fait partie du Fonds social européen (FSE+). Les banques alimentaires s'attendent à moins de moyens pour plus de clientèle, ce qui pourrait mener à une réduction à environ trois ou quatre équivalents repas par semaine.
«L'année 2026 s'annonce difficile pour nous», a concédé Piet Vanthemsche, président de la FBBA. «Le rôle de la société civile devient plus important lorsque les politiques mènent une politique d'austérité», a-t-il ajouté. Ce dernier a évoqué les nouvelles réformes du chômage comme conséquence sur la demande pour des denrées alimentaires. «Il est très difficile d'estimer l'impact sur le nombre de personnes qui seront forcées à faire appel à de l'aide alimentaire. Cela pourrait être assez conséquent.»
Pour faire face à cette nouvelle situation, les banques alimentaires souhaitent renforcer leurs liens avec l'industrie alimentaire, le secteur de la distribution, les agriculteurs et horticulteurs. Malgré ces difficultés, le président de la FBBA se voulait positif, notamment grâce au régime fiscal avantageux, applicable aux dons à des œuvres caritatives. Avec l'appui de la Fédération de l'industrie alimentaire belge (Fevia) et de la Fédération du commerce et des services (Comeos), les entreprises alimentaires et le secteur du retail sont encouragés à profiter de la fiscalité sur les dons.
«Nous allons prendre plusieurs mesures pour essayer de pallier l'impact des décisions politiques qui ont été prises», a avancé Piet Vanthemsche. Ainsi, un fond spécifique sera créé par la FBBA pour l'achat de denrées alimentaires, alimenté également par des entreprises non alimentaires. «Nous allons verser un million d'euros dans ce fond avec nos propres moyens», a ajouté le président. Une plateforme facilitant la mise en relation entre petits donateurs et associations locales sera également mise en place par la FBBA.
L'année dernière, près de 14.000 bénévoles se sont engagés pour les banques alimentaires. Sans les banques alimentaires, 16.321 tonnes de nourriture auraient été jetées.







