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De son berceau à l’international, la Blonde d’Aquitaine, une race qui traverse le temps

La Fierba, Fédération internationale des éleveurs de la race Blonde d’Aquitaine, a tenu son dernier séminaire au Grand-Duché de Luxembourg les 3 et 4 février. Cette association, créée à la fin des années 1980, regroupe actuellement dix pays : l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Tchéquie. Ses objectifs ? Permettre les échanges ainsi que le partage de données zootechniques autour de la race.

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Il s’agissait de la quatrième organisation d’un séminaire de la Fierba au Luxembourg (2000, 2008, 2013 et 2026). Le programme de cette édition comprenait la visite de deux exploitations luxembourgeoises : l’élevage de Pol et Léon Bourg à Grass et l’élevage de Luc et Lucien Koob à Mersch. Une présentation des activités de la coopérative luxembourgeoise Convis a également été assurée par Franck Recken, responsable du département bovins allaitants, dont l’une des missions est la tenue des livres généalogiques des différentes races allaitantes au Luxembourg. Enfin, une entrevue avec Martine Hansen, ministre de l’Agriculture, ou encore une visite de l’entreprise agricole Jeff Reiff à Troisvierges figuraient aussi au programme.

Jean-Pierre Planté, président de la Fédération et éleveur français dans le département des Landes, a profité de ce séminaire pour revenir sur certains éléments qui ont contribué au succès de la race en France et à l’étranger. L’opportunité de rappeler que la Blonde d’Aquitaine, qui fêtera l’année prochaine ses 65 ans d’existence, est issue de la fusion, en 1962, de trois races locales du Sud-Ouest de la France : la Blonde des Pyrénées, la Garonnaise et la Quercy.

Les délégations présentes (Belgique, Espagne France, Luxembourg, Pays-Bas et Tchéquie) accueillies par  Martine Hansen, ministre de l’Agriculture du Grand-Duché de Luxembourg.
Les délégations présentes (Belgique, Espagne France, Luxembourg, Pays-Bas et Tchéquie) accueillies par Martine Hansen, ministre de l’Agriculture du Grand-Duché de Luxembourg. - N.H.

Des performances exceptionnelles en engraissement

Concernant son expansion en France et à l’international, la Blonde d’Aquitaine n’a jamais eu besoin de promotion particulière pour se développer en dehors de son berceau d’origine. Historiquement, les éleveurs du Sud-Ouest engraissent relativement peu comparativement aux autres régions françaises. Sa renommée s’est réellement affirmée lorsque des éleveurs situés hors berceau ont commencé à acheter des femelles maigres qui, dans leurs ateliers d’engraissement, se sont distinguées par leurs performances remarquables.

Les performances en engraissement ainsi que les qualités à la découpe (rendement en viande nette) des animaux blonds expliquent que, depuis toujours en France, les bovins de cette race détiennent les cotations de vente les plus élevées parmi les races allaitantes, quelle que soit la catégorie d’animaux considérée.

Rusticité et facilité d’élevage

Dans le berceau de la race Blonde d’Aquitaine, seule une faible proportion d’éleveurs peut être considérée comme spécialisée en élevage allaitant. Dans le Sud-Ouest, l’atelier allaitant occupe généralement la deuxième, voire la troisième place en importance économique sur les exploitations agricoles, derrière d’autres productions.

Une autre caractéristique des pratiques d’élevage du Sud-Ouest est l’absence, dans de nombreux cas, de période de vêlage strictement définie : ces derniers ont lieu tout au long de l’année. Cette pratique pénalise légèrement les performances de reproduction des animaux du Sud-Ouest, toutes races confondues, par rapport à celles observées dans d’autres bassins allaitants. Néanmoins, les performances de reproduction de la Blonde d’Aquitaine sont comparables à celles des autres races françaises dans les élevages pratiquant le regroupement des vêlages.

En matière de rusticité, Jean-Pierre Planté rappelle qu’elle constitue, en effectifs, la race allaitante la plus répandue en France dans les zones de montagne, notamment en estive (pâturage d’été en altitude). Dans le Sud-Ouest, on dit souvent de la Blonde d’Aquitaine qu’elle est « un 4x4 en conditions difficiles et une Formule 1 en conditions intensives ».

Un développement musculaire après la naissance

Un autre atout majeur qui a joué un rôle important dans son développement réside dans sa facilité d’élevage, et plus particulièrement dans sa facilité de vêlage. Parmi les races allaitantes, la Blonde possède la spécificité de donner naissance à des veaux présentant très peu de développement musculaire à la naissance. Les jeunes sont longs, fins et relativement plats, ce qui facilite leur passage dans le col de l’utérus. Le développement musculaire s’effectue ensuite après la naissance.

Notons que le prochain séminaire de la Fierba se tiendra en 2027 en Espagne dans le cadre de la Foire agricole de Salamanque.

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