Parlement européen: adoption d'un rapport pour relancer l'élevage dans l'UE
La commission de l'Agriculture du Parlement européen a adopté mercredi par 40 voix contre 8 un rapport qui formule plusieurs recommandations à la Commission européenne pour relancer l'élevage dans l'UE.

Le cheptel bovin dans l'Union européenne est en diminution constante depuis plusieurs dizaines d'années. Poussée par les revendications des agriculteurs des dernières années, la Commission européenne a annoncé qu'elle présenterait d'ici la mi-2026 une stratégie dédiée à l'élevage. La commission AGRI du Parlement européen a donc pris l'initiative de lui formuler ses recommandations.
«Plus de 70 compromis ont été négociés et soutenus par plusieurs groupes politiques (PPE, S&D, Renew et ECR), témoignant d'une large convergence au Parlement européen», selon l'eurodéputé belge Benoît Cassart (MR), qui a travaillé sur ce texte au nom de son groupe Renew.
A ses yeux, il faut avant tout «de la cohérence entre les politiques commerciale, agricole et environnementale», notamment via les clauses-miroirs. «Si l'on ne fait rien pour relancer l'élevage, on deviendra importateurs nets de viande, un comble pour une Europe en quête d'autonomie stratégique».
Les élus préconisent la création d'un groupe à haut niveau sur l'élevage, comme cela a été fait en 2023 pour la filière vitivinicole. Il réunirait l'ensemble des parties prenantes afin de proposer des solutions aux défis du secteur.
Le rapport plaide aussi pour stopper la décapitalisation du secteur et valoriser le rôle de l'élevage dans la biodiversité, les sols et les paysages, un apport souvent contesté. Les élus veulent ainsi voir reconnaître le rôle de l'élevage dans l'économie circulaire, notamment via le biogaz et le biométhane.
Ils recommandent aussi de réduire la dépendance aux importations de protéines végétales, de soutenir davantage la recherche génétique pour améliorer les rendements par tête (ce qui soutiendrait la décarbonation de la production), ou encore accélérer les autorisations pour les alternatives aux fertilisants chimiques, comme RENURE.
Les élus veulent aussi renforcer les mesures de prévention et de surveillance face aux maladies animales, dans une Union européenne où les réponses trop souvent nationales sont dépassées par la propagation transfrontalière.





