Filière betteravière : la Belgique à l’origine d’un tour de vis européen
La Belgique se félicite de l’adoption par les États membres de la proposition de la commission européenne visant à suspendre temporairement le régime de perfectionnement actif pour certaines importations de sucre brut de canne destiné à la fabrication de sucre blanc.

La Belgique a initié et soutenu cette proposition. Cette décision apporte une réponse concrète, ciblée et ambitieuse pour maintenir une filière betteravière et sucrière européenne forte. Elle vise à réduire la pression exercée par des importations de sucre à bas prix sur le marché européen. Elle favorise une amélioration de la rentabilité des producteurs européens, et renforce ainsi l’autonomie alimentaire stratégique de l’UE.
Un mécanisme douanier au cœur des tensions
Derrière cet arbitrage, c’est l’équilibre du marché du sucre qui est en jeu. Le perfectionnement actif est un mécanisme douanier européen qui permet d’importer du sucre brut de canne en provenance de pays tiers sans payer de droits de douane, afin de le transformer dans l’UE. Concrètement, ce système permet d’acheter du sucre brut à bas prix hors Europe, de le raffiner dans l’UE, puis de le vendre ensuite sur le marché européen. Dans les faits, il a contribué à augmenter l’offre de sucre en Europe et à favoriser l’entrée de sucre à bas prix, au détriment du sucre produit localement à partir de betteraves.
Or, ces dernières années, le recours à ce dispositif s’est nettement intensifié, alimentant les inquiétudes du secteur. Les importations de sucre sous perfectionnement actif ont atteint plus de 742.000 t en 2024/2025, soit environ 5 % de la demande européenne. Sur les trois premiers mois de la campagne 2025/2026, elles ont encore augmenté de 43 % par rapport à l’année précédente. Si cette tendance s’était poursuivie, elles auraient pu représenter jusqu’à 8 % de la demande européenne annuelle.
La proposition adoptée vise principalement les importations de sucre brut de canne destinées à produire du sucre blanc. Ces volumes ont atteint près de 587.000 t en 2024/2025. Dans le même temps, la production européenne de sucre reste élevée. Les stocks ont augmenté et les prix ont fortement reculé, passant de 856 €/t en décembre 2023 à 516 €/t en janvier 2026. Face à cette situation, la mesure approuvée aujourd’hui suspendra, dès l’entrée en vigueur du règlement, les nouvelles autorisations de perfectionnement actif pour les importations concernées.
Un signal politique en faveur de la souveraineté sucrière européenne
Au-delà de l’ajustement conjoncturel, la décision s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté alimentaire européenne. En limitant l’afflux de sucre à bas coût, elle entend redonner de l’oxygène à une filière fragilisée, confrontée à une baisse des prix et à une contraction annoncée des surfaces cultivées.
Cette suspension s’appliquera pendant douze mois, jusqu’au 27 mai 2027, et la commission européenne en évaluera les effets dans un délai de six mois.
La ministre Anne-Catherine Dalcq se félicite de cette décision, estimant qu’elle envoie un signal fort au secteur betteravier et sucrier européen. Elle souligne que, dans un contexte particulièrement difficile, les annonces de réduction de 25 % des emblavements en betteraves sucrières pour 2026 illustrent clairement les tensions que traverse actuellement la filière, lesquelles la mettent en danger à terme ainsi que l’autonomie alimentaire en sucre de l’UE. C’est dans cet esprit qu’elle indique avoir initié cette demande, afin d’apporter une réponse concrète à une filière européenne en difficulté. La ministre salue également le travail du Commissaire Hansen, estimant que cette initiative témoigne d’une vision en faveur d’un secteur agricole rémunérateur.








