Accord commercial UE-Australie : les betteraviers dénoncent une concession inacceptable
La Confédération des betteraviers belges (CBB) a dénoncé mercredi, au lendemain de l'annonce de la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Australie, «une nouvelle concession inacceptable» et «un manque de considération envers les planteurs de betteraves européens».

L'accord signé mardi à Canberra, après des années de négociations, par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, autorise une multiplication par plus de 10, au cours de la prochaine décennie, du quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l'UE. Des quotas sont également prévus pour les viandes ovine et caprine, le riz mais aussi le sucre produits en Australie.
« Avec le récent contingent de 180.000 accordé au Brésil et celui de 100.000 t accordé à l'Ukraine, l'accord conclu (...) portera le volume total des importations en franchise de droits à 1,13 million de tonnes (hors accès en franchise de droits et sans contingent pour les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ainsi que les pays les moins avancés). Alors même que la consommation de sucre de l'UE continue de baisser, cet accès s'élève à près de 1,7 million de tonnes si l'on inclut les quotas à droits réduits », souligne la CBB dans un communiqué.
« La Commission européenne fait preuve d'un manque criant de considération pour la durabilité et la rentabilité de la filière betteravière européenne, déjà exsangue après des années de crises successives », dénonce le président de la CBB, Hendrik Vandamme.
La CBB insiste sur le fait que l'impact cumulatif des accords commerciaux « doit impérativement être pris en compte » L'addition de concessions, même limitées individuellement, met en péril l'équilibre global du secteur, estime-t-elle.
Mais au-delà des volumes, la CBB déplore surtout que la Commission européenne ne respecte pas le caractère sensible du sucre dans le cadre de ses négociations commerciales.
Dans ce contexte, la CBB demande aux ministres belges de l'Agriculture d'intervenir auprès des instances européennes "afin de revoir cet accord et d'assurer une reconnaissance effective du sucre en tant que produit sensible, avec les protections adéquates."








