Les prix chutent... mais la production laitière progresse
Un peu partout en Europe, la production laitière s’affiche en hausse, tandis que les cours suivent un chemin opposé. Toutefois, les prix payés en Belgique stagnent nettement sous la moyenne européenne. Ce qui n’est pas sans conséquence sur le portefeuille des producteurs !

Dans la dernière édition de son Observatoire des filières agricoles, le Collège des producteurs dresse un bref état des lieux de la filière laitière, dont on sait qu’elle est actuellement soumise à une forte pression sur les marchés internationaux et à de grosses différences de prix entre les laiteries.
Ainsi, en février dernier, la production belge s’élevait à 364 millions de litres, soit un bond de 10,2 % par rapport à février 2025. En Wallonie, 112 millions de litres ont été produits en ce même mois de février. Il s’agit là d’une envolée de 16,2 % en un an ! En Flandre (254 millions de litres produits), la hausse est importante mais plus limitée (+7,4 %).
Au-delà de notre pays, la collecte européenne s’établissait en progrès de 5 % en janvier 2026 par rapport au même mois, un an auparavant. Si vingt États membres sur 27 ont vu leur production laitière croître, c’est bien en Belgique que cette croissance est la plus importante.
Le lait bio souffre moins
Les prix, quant à eux, connaissent une tendance inverse. Sans surprise, lorsque la production croît fortement… Ainsi, le prix du lait conventionnel payé aux producteurs belges s’élevait à 37,90 €/100 l en février, soit un recul de 2,3 % par rapport à janvier mais un véritable effondrement de 31,5 % en un an (-17,50 €/100 l). Ce prix demeure inférieur au prix moyen européen, évalué à 43,90 €/100 l.
Dans la filière bio, la baisse des prix est tout aussi importante entre janvier et février, mais nettement plus faible en comparaison annuelle. En effet, le Collège des producteurs relève un prix moyen de 59,40 €/100 l en février, contre 61,10 €/100 l en janvier, soit un affaissement de 2,8 %. Par rapport à février 2025, la baisse est donc contenue (-2,5 %, soit -1,50 €/100 l).
De grandes différences sont toutefois observées d’une laiterie à l’autre. Au point d’atteindre jusqu’à 9 €/100 l. Par ailleurs, les baisses se sont poursuivies dans les semaines qui ont suivi et ne laissent pas entrevoir une remontée des prix dans les mois à venir.
Cette situation met à mal la trésorerie des fermes, d’autant que les producteurs laitiers se montrent préoccupés par l’augmentation des prix des carburants et des autres intrants tels que les engrais et les produits phytosanitaires, « mais dans une moindre mesure dans l’immédiat car, normalement, les achats d’intrants pour 2026 ont déjà été réalisés », nuance le Collège des producteurs.
Le cours du beurre fond
Depuis le début de l’année, les cours belges du beurre et de la poudre de lait écrémé étaient légèrement repartis à la hausse tout en restant particulièrement bas. Cependant, depuis mi-mars, le cours du beurre a fondu de 15 % et celui de la poudre de lait s’est affaibli de 9 %. Selon le Collège des producteurs, ce tassement des prix pourrait s’expliquer par le fait que les importateurs ont constitué des stocks, d’une part, et, d’autre part, par les conditions de transport bouleversées par la guerre au Moyen-Orient.








