Contrôles radiologiques vétérinaires: l’Upv dénonce une explosion des coûts
L’Union professionnelle vétérinaire dénonce la situation devenue extrêmement préoccupante concernant les contrôles obligatoires des installations de radiologie vétérinaire en Belgique. Dans un contexte de quasi-absence de concurrence des sociétés agréées afin de les effectuer, ces contrôles ont fortement augmenté, jusqu’au double du prix.

Les vétérinaires sont légalement tenus de faire contrôler régulièrement leurs appareils émettant des rayonnements ionisants dans le cadre des obligations imposées par l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (Afcn). Ces contrôles techniques et de radioprotection sont réalisés par des organismes agréés et sont indispensables pour garantir la sécurité des utilisateurs, du personnel et du public. Or, ces dernières années, le nombre d’organismes agréés actifs sur ce marché s’est fortement réduit. Suite à la reprise d’une société spécialisée (Techni Test) par une autre (Vinçotte), il ne subsiste aujourd’hui plus que deux sociétés pour réaliser ce type de contrôles en Belgique (Vinçotte et Be.Sure), entraînant une situation de quasi-absence de concurrence. Dans les faits, les vétérinaires se retrouvent aujourd’hui face à un marché extrêmement restreint pour des prestations qui leur sont pourtant légalement imposées.
Conséquence directe ? Les tarifs des contrôles obligatoires ont fortement augmenté, parfois jusqu’au double des montants précédemment pratiqués.
De nombreuses structures vétérinaires dénoncent aujourd’hui une dérive préoccupante dans un domaine où les praticiens n’ont aucune liberté réelle de choix puisqu’il s’agit d’obligations réglementaires incontournables.
Pour l’Upv, cette situation est inacceptable. « Les vétérinaires se retrouvent aujourd’hui captifs d’un système fermé : les contrôles sont obligatoires, les prestataires agréés sont très peu nombreux, et les prix augmentent sans possibilité réelle de mise en concurrence ».
Une augmentation dans un contexte déjà difficile
L’organisation estime qu’il n’est pas possible pour les autorités de dissocier totalement les exigences réglementaires de leurs conséquences économiques sur le terrain.
« Lorsqu’un système repose sur des contrôles obligatoires réalisés par un nombre très restreint d’opérateurs agréés, il existe une responsabilité évidente de garantir un fonctionnement équilibré, transparent et concurrentiel du marché », poursuit l’Upv.
L’union rappelle, en outre, que la profession fait déjà face à une inflation généralisée des coûts, à une augmentation constante des charges administratives, à des investissements techniques lourds ou encore à une pression économique croissante sur les structures de soins. « Dans ce contexte, laisser s’installer un quasi-monopole sur des prestations légalement obligatoires est profondément problématique ».
L’organisation demande dès lors l’ouverture du marché à davantage de prestataires agréés ainsi qu’une réévaluation des conditions d’agrément afin de favoriser une concurrence réelle. Elle souhaite également une concertation urgente avec les représentants de la profession vétérinaire.
Par ailleurs, elle rappelle que la radioprotection est une nécessité. « Elle ne peut cependant devenir le prétexte à un système économiquement déséquilibré, supporté exclusivement par les praticiens de terrain », conclut-elle.





