Courrier des lecteurs : l’herbe à éléphant
Il y a quelques semaines, un ami agriculteur m’a sacrément aidée. Le genre de service où il s’est levé à 4 heures du matin et est reparti quatre heures plus tard sur son exploitation, commencer sa journée alors qu’il en avait déjà une demie dans les jambes par ma faute. Je lui ai demandé combien je lui devais, sur ce il m’a répondu que quelques boules de foin feraient bien l’affaire. Je trouvais que ce n’était pas assez, alors je lui en ai proposé le double mais hélas, c’est déjà trop généreux. Lui aussi a déjà assez de foin. Mais alors qu’est-ce qui, sur nos terres, vaut encore son pesant d’or ?

On a continué à parler de tout, de rien, de nos expériences et observations. Je lui ai raconté ma dernière moisson dont j’ai encore gardé des frissons. À ce moment-là, dans la douce lumière de l’aube, je devinais une étincelle dans son regard qui fixait la route. Sa voix était montée d’une octave : « Tu as donc de la paille ? ». Oui. Elle est aussi dorée, belle et précieuse que de l’or. J’exagère si peu.
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