Suivi des maladies en froment : début d’épiaison pour certaines variétés!
Les froments poursuivent leur évolution, avec des parcelles allant du stade dernière feuille étalée jusqu’au début, voire à la pleine épiaison. La septoriose reste bien présente tandis que les rouilles jaune et brune progressent. Dans ce contexte, les interventions fongicides doivent être adaptées aux précédentes interventions, au stade de la culture et au niveau de pression observé.

Les observations de ce lundi 11 mai montrent que les parcelles se situent majoritairement entre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) et le début d’épiaison (BBCH 51). Nous observons déjà des parcelles en pleine épiaison avec des épis dégagés (BBCH55-59) comme dans les parcelles d’Ath ou d’Hognoul pour la variété Celebrity.
Rappel des principales maladies
Des symptômes physiologiques sont toujours observés sur certaines variétés (lire notre édition du 7 mai).
La septoriose est observée dans la majorité des parcelles, principalement sur les feuilles F3 définitives. Dans les situations les plus sévères, jusqu’à 85 % des F3 peuvent être touchées, avec environ 12 % de surface foliaire atteinte. Certaines parcelles restent toutefois peu impactées, avec très peu de symptômes. Cette situation s’explique notamment par des dates de semis plus tardives, des variétés plus tolérantes ou encore des cumuls de précipitations plus faibles. Les conditions sèches du mois d’avril avaient jusque-là freiné la progression de la maladie vers les étages foliaires supérieurs. Des précipitations sont encore annoncées cette semaine et les températures devraient remonter la semaine prochaine, favorisant une reprise de la dynamique de la septoriose et des repiquages.
On observe de beaux foyers de rouille jaune dans certaines parcelles encore non traitées, parfois en partie lessivés par les pluies. La rouille jaune est observée sur certaines variétés sensibles telles que Champion, mais aussi Celebrity, Su Horizon, Debian, Sy Revolution, Kws Sverre…
Enfin, la rouille brune continue de progresser mais toujours légèrement cette semaine sur plusieurs variétés. Elle est notamment observée sur Debian, Sy Revolution, Kws Sverre, Kws Extase, Champion, Lg Niklas… Les pustules sont visibles sur différents étages foliaires, en particulier sur F2 et F3 définitives, ce qui nécessite une surveillance attentive.
Ce qui est recommandé :
– Dans le cas où les froments ont été traités au stade 2e nœud (BBCH 32) ou avant, la période de 3 (à 4) semaines arrive presque à sa fin. La culture devrait alors avoir atteint le stade épiaison et il est temps de revenir avec un second traitement afin de protéger les nouvelles feuilles sorties et l’épi.
– Si aucun traitement n’a été réalisé au stade 2e nœud, il est conseillé d’envisager un traitement complet au stade dernière feuille entièrement déployée (BBCH 39) en vue de protéger la culture contre les maladies foliaires (septoriose et rouilles).
Un traitement au stade dernière feuille
Ce traitement devra reposer sur une solution contenant plusieurs modes d’actions : à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole) et/ou de picolinamide (fenpicoxamid) ou/et de SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad, benzovindiflupyr). Le mefentrifluconazole et le fenpicoxamid se sont démarqués comme les substances les plus performantes contre la septoriose.
L’ajout d’une strobilurine n’est utile que si vous avez une variété sensible à la rouille brune. Au vu du potentiel observé actuellement dans les parcelles, il est fortement conseillé de prendre cette maladie en compte également.
Pour rappel et afin d’éviter l’apparition trop rapide de résistance au sein des pathogènes, il est conseillé d’alterner les triazoles utilisés entre les applications ; de n’appliquer une strobilurine qu’une seule fois par saison ; de n’appliquer un QiI (fenpicoxamid) qu’une seule fois par saison ; de n’appliquer un SDHI qu’une seule fois par saison.
Concernant la fusariose sur épis
Il est encore trop tôt pour savoir s’il y a un risque ou non de développement de la fusariose sur épis car cette maladie n’infecte les épis que lors de leur floraison et à la faveur d’une humidité relative très élevée durant cette étape. Cependant, pour ceux qui envisagent déjà le traitement relais, 3 à 4 semaines après leur T1 au stade 2ème nœud (BBCH 32), et qui vont très certainement toucher l’épi lors de leur pulvérisation, sachez que :
– le prothioconazole est efficace dès le stade fin épiaison (BBCH 59) sur la fusariose de l’épi ;
– le metconazole et le tebuconazole ne sont efficaces que lors de la floraison des épis, au plus proche du moment d’infection du pathogène (leur efficacité est cependant inférieure à celle du prothioconazole) ;
L’efficacité maximale de ce type de traitement avoisine les 50-60 %. Malgré la protection des épis, des symptômes de fusariose risquent tout de même d’être observés en cas de forte pression. La protection de l’épi permet cependant de rester en dessous des niveaux de DON (mycotoxines) autorisés.
Cepicop, Groupe « maladies »





