Le blé français manque d’impulsion à l’export vers les pays tiers

Les débuts difficiles pour les exportations françaises de blé s’expliquerait par une très forte concurrence au départ de la mer Noire mais aussi des États-Unis et de l’Argentine.
Les débuts difficiles pour les exportations françaises de blé s’expliquerait par une très forte concurrence au départ de la mer Noire mais aussi des États-Unis et de l’Argentine. - M. de N.

Les embarquements depuis les ports français n’ont toujours pas accéléré leur rythme, observe l’Unité grains et sucre de FranceAgrimer, jugeant l’export de blé insuffisant par rapport aux fortes disponibilités. À quatre mois de campagne, ils atteignent 2 millions de tonnes (Mt), soit +12 % en glissement annuel (contre +13 % le mois dernier).

Le cap, fixé à 9,9 Mt sur 2017-2018, sera sans doute atteint grâce à la deuxième partie de campagne, comme c’est le cas très fréquemment. Ce laborieux démarrage à l’exportation s’expliquerait par une concurrence qui continue de faire rage, notamment au départ de la mer Noire mais aussi des États-Unis et de l’Argentine. C’est le marché algérien qui reste la destination phare du blé français, avec près de 1,6 Mt au 13 novembre (67 % du total pour les pays tiers).

Une dynamique forte pour l’orge

L’orge bénéficie par contre d’un nouvel élan : les embarquements depuis les ports français grimpent à plus de 700.000 t au bout de quatre mois, soit +11 % en glissement annuel (contre -34 % en octobre). Une dynamique forte s’est installée pour l’orge vers les pays tiers, selon FranceAgriMer. À l’inverse, les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail sont abaissées à 1,2 Mt (contre 1,3 Mt prévu le mois dernier) : l’orge a une moindre compétitivité relative par rapport aux autres céréales.

Du côté du maïs garin, dont les récoltes s’achèvent en France, le bilan demeure en construction. Si FranceAgriMer retient l’estimation officielle d’une production à 12,7 Mt, les chiffres qui courent sur le marché vont de 13,4 à 14,2 Mt . L’établissement français revoit à la baisse certaines utilisations, tenant compte de l’annonce de la fermeture d’une des quatre maïseries françaises dont la capacité ne sera pas reprise ou pas en totalité ». Le poste semoulerie est ainsi réduit de 30.000 t (à 100.000 t), celui des exportations vers l’Union européenne de 60.000 t (à 4,7 Mt). En revanche, les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail sont augmentées de 100.000 t (à 2,7 Mt de maïs), compensant le recul de l’orge.

Entre blé dur et blé tendre, l’écart se resserre

La production mondiale de blé dur apparaît en nette baisse, à 36,6 Mt (-8 %). Principale raison, la sécheresse qui a touché la récolte nord-américaine. Le Canada voit ainsi sa production de blé dur chuter de 40 %. Mais contrairement à l’an dernier, elle est d’excellente qualité. L’abondant stock de début de campagne neutralise la chute du volume récolté. Résultat, les cours s’effritent, à 295 dollars/t Fob Saint-Laurent (contre 330 dollars/t l’an dernier). Et l’écart avec le blé tendre se réduit très nettement à 40 dollars/t (contre environ 100 dollars/t il y a un an).

Dans l’UE, la production affiche un léger repli (-2 %), à 9,1 Mt. Elle est tirée vers le bas notamment par l’Italie (-13 %), la Grèce, mais d’autres pays compensent avec une meilleure récolte, en particulier la France (+28 %). Là encore, l’écart de prix avec le blé tendre s’amenuise, chiffré à 54 euros/t fin octobre pour le blé dur Fob La Pallice (contre près du double lors de la précédente campagne).