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Broyeurs forestiers: des outils adaptés à chaque chantier

L’acquisition d’un broyeur forestier doit répondre à une série de questions afin que celui-ci soit adapté aux objectifs fixés. Faut-il travailler en surface ou en profondeur ? Avec quel engin porteur ? L’outil doit-il être équipé d’un rabatteur de branches et d’un râteau ripper ? Autant de critères que Bernard Gotiaux (BG Mat) nous explique afin de choisir l’équipement adéquat.

Temps de lecture : 9 min

Le broyage forestier s’est progressivement imposé comme une opération occupant une place importante dans la gestion des parcelles forestières. Il peut rencontrer plusieurs objectifs. Parmi ceux-ci figure le défrichement d’une zone. En réduisant à l’état de copeaux les restes végétaux d’une coupe tels que les souches, racines et têtes d’arbres, ou encore les broussailles, ronces et autres fougères, le broyeur permet de faire place nette. Ce résultat, directement visible, se révèle précieux lorsque l’on souhaite réallouer la parcelle forestière à une autre occupation, créer des voies de passage, dégager des couloirs sous les lignes à haute tension ou détruire des espèces invasives ou nuisibles, sans omettre la création de zones pare-feu bien utiles dans la prévention des feux de forêt.

Lorsque le broyeur travaille plus en profondeur, il prépare également le sol en vue de la plantation de nouveaux arbres et évite l’arrachage des souches et racines ancrées dans le sol. L’un des principaux avantages de cette opération est que la masse végétale est directement transformée sur place, sans qu’il ne soit nécessaire d’organiser des opérations de transport onéreuses. Cette végétation, taillée en copeaux, se trouve alors un nouveau rôle, celui de paillage au sol, se dégradant lentement en humus tout en préservant l’humidité du sol.

Le broyeur peut aussi prouver son utilité bien loin des milieux forestiers, par exemple pour des travaux préparatoires à des opérations de terrassement et pour défricher des terrains à aménager sur lesquels une végétation dense s’est préalablement installée.

Broyage en  surface.
Broyage en surface.

Du brûlage… au broyage

En 2025, nous avions traité, dans les colonnes du Sillon Belge, du blindage nécessaire à un tracteur, notamment dans le cadre du broyage forestier. Cette année, nous avons souhaité consacrer ces lignes au broyeur lui-même. À cet effet, nous sommes partis à la rencontre de Bernard Gotiaux, fondateur et gérant de la société BG Mat installée en périphérie de Chimay. Fort de ses racines bien ancrées dans les réalités forestières et agricoles, Bernard a accepté de nous guider au travers de la gamme de broyeurs de la marque Berti qu’il distribue.

« C’est un matériel que je connais effectivement très bien puisque Berti fut l’une des toutes premières marques à me confier l’importation de ses produits lorsque j’ai fondé BG Mat il y a 21 ans », introduit le chef d’entreprise. « Le constructeur italien est un spécialiste du broyeur puisqu’il ne fabrique que ce type de matériel, et cela depuis 1964. À cette époque, les broyeurs n’étaient pas répandus comme aujourd’hui ; la plupart des opérations de défrichement se faisaient par brûlage. Il convient aussi de signaler que le constructeur réalise ses machines de A à Z, de la conception à l’équilibrage et aux tests finaux. Par exemple, les rotors sont fabriqués par Berti lui-même, à partir de tubes d’une seule pièce, et non de tôles pliées et mécanosoudées. Le choix de l’acier revêt également une importance primordiale, avec des matériaux alliant à la fois résistance et légèreté. »

Travailler en surface ou en profondeur ?

La gamme Berti se compose d’une grande diversité de modèles pour répondre aux exigences du domaine forestier mais aussi des secteurs agricoles et parcs et jardins. « Il est donc important de bien cerner les besoins et attentes du client pour choisir la machine la plus adaptée », intervient Bernard.

« La première question que nous lui posons porte sur le type de broyage qu’il souhaite réaliser : s’agit-il de broyer uniquement des branches et broussailles en surface ? Souhaite-t-il broyer en surface, souches comprises ? Ou, au contraire, désire-t-il un broyage en profondeur ? Quel est le diamètre maximal des végétaux à broyer ? » Les réponses à ces questions conditionnent le choix du broyeur et permettent une première orientation.

« Si le but est d’éliminer la végétation en surface, des couteaux ou des marteaux escamotables feront l’affaire. Ceux-ci s’effaceront au contact d’une souche. À l’inverse, si les souches doivent être rabotées, des marteaux fixes, robustes et durables, s’imposeront par nature. Les broyeurs travaillant en profondeur permettent de broyer tant le sol que les souches et racines. Ils peuvent aussi émietter des pierres mais il convient tout de même de rester raisonnable : un broyeur forestier, quelle qu’en soit la marque, reste avant tout un broyeur forestier. En cas de forte présence de cailloux volumineux, il est préférable de se tourner vers un broyeur de pierres, conçu spécifiquement pour cette tâche. »

Broyeur et porter doivent s’accorder

Vient ensuite la question du porteur : « Nous proposons des broyeurs adaptés à trois catégories d’engins porteurs : le tracteur, la pelle et la chargeuse compacte sur roues ou chenilles comme les skid-steer par exemple ». La gamme de broyeurs Berti intègre des outils pour des tracteurs de 80 à 400 ch, des pelles de 1,5 à 35 t ou des chargeuses de 20 à 120 ch.

« Il est naturellement nécessaire de faire correspondre le matériel aux capacités du porteur : la puissance de celui-ci doit être en adéquation avec les besoins de la machine en la matière, de même que les débit et pression hydrauliques pour les broyeurs destinés aux pelles et chargeuses. Le poids de l’outil est un autre paramètre important car le porteur doit disposer de la capacité de levage nécessaire. »

Trois configurations différentes

L’offre de broyeurs du constructeur italien à vocation forestière comprend trois configurations de rotors. Le rotor à marteaux mobiles se caractérise par sa polyvalence. Grâce à l’effacement des marteaux devant tout obstacle dur, les chocs sont absorbés et l’inertie du rotor maintenue constante. Il autorise ainsi le travail sur des surfaces inconnues, sur lesquelles peuvent se dissimuler des souches imposantes, des ruines de murets maçonnés, des pièces métalliques et autres objets inattendus, ou encore le travail dans des zones avec affleurements rocheux.

Vue d’un rotor à marteaux à disparition.
Vue d’un rotor à marteaux à disparition.

Le rotor à dents fixes procure jusqu’à 30 % de productivité supplémentaire par rapport à son homologue à marteaux escamotables et un résultat plus fin et régulier. Procurant une puissance d’impact maximale et souvent renforcé par des plaquettes en carbure de tungstène, il reste cependant plus sensible aux chocs.

Vue d’un rotor à marteaux à disparition.
Vue d’un rotor à marteaux à disparition.

Enfin, dernière évolution de la technologie Berti, le rotor forestier Smooth Cut se distingue par des profils en acier protégeant la dent. Ses avantages sont multiples : réduction de la puissance absorbée, des contraintes sur les transmissions du tracteur et du broyeur ainsi que de la consommation de carburant, sans oublier l’augmentation de la durée de vie de l’équipement. L’arbre actionnant ce rotor est boulonné sur le corps de ce dernier, ce qui facilite les entretiens et remplacements éventuels sans pour autant porter préjudice à la précision de l’assemblage dans la durée.

L’équipement standard des broyeurs forestiers portés par un tracteur comprend, entre autres, des patins réglables en hauteur dotés de plaques en acier anti-usure et une transmission latérale à cardan. Comme le soulignait Bernard ci-avant, le choix des aciers est un point important en ce qui concerne la tenue du matériel dans le temps.

En la matière, Berti a opté pour deux types d’aciers : d’une part, l’acier Strenx est utilisé pour la structure externe des broyeurs forestiers. Ce matériau combine les qualités de haute résistance et de faible masse spécifique. D’autre part, l’acier Hardox, résistant à l’abrasion et aux chocs, est lui employé pour la structure interne de la caisse du broyeur, davantage soumise à l’usure et aux coups directs parfois violents.

Démarrer en souplesse

Au niveau de la transmission, le mouvement de rotation est impulsé au rotor via un système de courroies doté de série d’un tendeur automatique : « C’est un avantage dans le sens où il évite au conducteur de devoir procéder lui-même manuellement aux réglages de tension ». Le tendeur compense automatiquement l’allongement inévitable des courroies au fil du temps. Outre une transmission de puissance constante, il permet aussi de retirer la courroie de la machine sans aucun outil, ce qui simplifie grandement les opérations de remplacement.

En option, un embrayage centrifuge peut être choisi. La particularité de ce dispositif est d’engager automatiquement la transmission uniquement lorsque le régime moteur augmente. Ceci évite de caler au ralenti mais aussi de répercuter des contraintes importantes aux transmissions du tracteur et du broyeur au démarrage puisqu’il amène le rotor progressivement au régime de travail.

Berti commercialise égalementune gamme de broyeurs conçus pour les chargeurs sur pneus et les skid-steers.
Berti commercialise égalementune gamme de broyeurs conçus pour les chargeurs sur pneus et les skid-steers.

Pour un démarrage encore plus souple, il est aussi possible d’opter pour des accouplements hydrodynamiques. Cet élément d’accouplement ayant recours à un fluide hydraulique absorbe les à-coups, protégeant de la sorte les composants mécaniques de possibles surcharges, réduit l’usure et améliore l’efficacité globale du broyeur.

« Les broyeurs forestiers de grande capacité reçoivent également en équipement standard un système d’alignement automatique de l’attelage 3 points et du cardan. Ce dispositif a pour fonction de maintenir un alignement parfait, sans intervention du conducteur, de l’ensemble tracteur – cardan – broyeur. Ainsi, le cardan travaille constamment selon un angle adapté de façon à ne pas subir de contraintes inappropriées et réduire le risque de vibrations et de contraintes mécaniques sur les différents organes », complète le spécialiste.

Des têtes de broyage aussi pour pelles et skid-steers

Si les tracteurs demeurent les engins porteurs les plus employés en usage forestier, des pelles et skid-steers peuvent aussi travailler en forêt. Les broyeurs équipant ces porteurs particuliers sont somme toute assez similaires à ceux équipant les tracteurs, comme l’explique Bernard : « Ils sont effectivement globalement dotés des mêmes équipements. Les différences les plus importantes résident bien entendu au niveau du système d’attelage et d’entraînement. Ce dernier s’effectue au moyen d’un moteur hydraulique qui, en fonction du modèle, peut être un moteur à engrenages ou à pistons ».

La tête de broyage montée sur le balancierd’une pelle rencontre un succès croissant.
La tête de broyage montée sur le balancierd’une pelle rencontre un succès croissant.

Les modèles en version A.V.T. (Automatic Variable Torque) sont pourvus d’un moteur à pistons à cylindrée variable automatique : en adaptant la cylindrée du moteur, le système peut augmenter le couple fourni en réduisant la vitesse de rotation, facilitant le broyage en conditions difficiles. A contrario, si la masse de végétation diminue, le couple requis devient moindre : le système réduit le couple délivré et privilégie un régime plus élevé avec, à la clé, un rendement de chantier augmenté. Au niveau hydraulique, ces broyeurs reçoivent le bloc de vannes multifonctions Berti Fluid-Box, qui assure la gestion des débit et pression hydrauliques tout en évitant les surpressions et pics de charge.

« La fixation de l’outil au balancier de la pelle ou aux bras de la chargeuse s’effectue au moyen d’une plaque d’attelage, pouvant recevoir un support auto-nivelant en option. Un rouleau palpeur réglable en hauteur complète l’équipement pour assurer le suivi du sol. »

La société BG Mat conçoit elle-même la platine de fixation de la tête de broyage de façon à ce qu’elle soit parfaitement adaptée à la pelle du client.
La société BG Mat conçoit elle-même la platine de fixation de la tête de broyage de façon à ce qu’elle soit parfaitement adaptée à la pelle du client.

Bernard observe depuis plusieurs années une évolution du marché de ces têtes de broyage : « C’est un fait, le nombre d’unités vendues a augmenté. De plus en plus d’entrepreneurs possédant une pelle s’équipent, y compris dans le secteur parcs et jardins. Il faut dire que c’est un outil simple d’utilisation et réellement performant sur le terrain. La difficulté consiste à adapter l’interface d’attelage du broyeur au système d’attelage du balancier de la pelle car il existe un très large éventail de systèmes d’accrochage sur les pelles et chargeuses, caractérisés par des dimensions et configurations différentes. Nous avons résolu ce problème en fabriquant nous-même chaque adaptation. De cette manière, chaque client sort de l’atelier BG Mat avec une tête de broyage parfaitement adaptée à son engin ».

N.H.

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