Évolution de la matière sèche du maïs fourrage: les rendements sont impactés par la sécheresse
Sans surprise, l’année 2026 se distingue par sa précocité, en raison de la météo observée depuis plusieurs mois déjà. Avec pour conséquence que les récoltes de maïs ensilage peuvent débuter avec une nette avance tandis que les parcelles ayant connu des accidents culturaux doivent être ensilées au plus vite.

Pour s’assurer de disposer d’un ensilage de maïs de qualité, il est primordial de ne pas échouer à l’ultime étape qu’est la récolte. Le stade de maturité optimal qui permet de remplir cet objectif se situe entre 32 et 35 % MS. Cependant, choisir le bon moment pour récolter reste souvent une décision difficile tant les facteurs à prendre en compte sont nombreux.
Afin d’apporter une aide à la décision, le Centre Pilote Maïs a mis en place un réseau d’observation de l’évolution de la maturité du maïs ensilage. Ce réseau compte 53 sites représentatifs des différentes zones agricoles de haute et moyenne Belgique. La région wallonne a été subdivisée en sept zones agricoles, chacune représentée par 4 à 12 sites d’observation selon son importance.
Un relevé hebdomadaire est effectué sur l’ensemble du réseau par les organismes actifs au sein du Centre Pilote Maïs (Carah, Cipf, Centre de Michamps et Cpl-Vegemar). Les résultats sont immédiatement consultables sur le site internet des centres pilotes (www.centrespilotes.be).
Jusqu’à un mois d’avance selon les situations
Après un printemps déjà favorable, avec de bonnes conditions climatiques dès la fin mars et durant tout le mois d’avril, les maïs ont été semés dans de bonnes conditions, généralement tôt, voire parfois très tôt. Les premières parcelles ont été semées autour du 10 avril, la plupart ayant été implantées lors de la dernière décade de ce même mois. Pour début mai, les travaux étaient presque terminés.
Mai a été pluvieux et frais, mais la chaleur est apparue dès la fin du mois. Depuis la mi-juin, les périodes de canicule se succèdent jusqu’à aujourd’hui et les précipitations sont déficitaires. La sécheresse exceptionnelle de cette année va impacter incontestablement les rendements du maïs ensilage mais influence aussi très fortement l’évolution de la maturité. Alors qu’habituellement le remplissage des grains se termine seulement à cette période, la récolte se profile déjà en cette année très particulière. Nous nous retrouvons donc aujourd’hui avec un maïs ensilage qui possède généralement un mois d’avance selon les situations.
Au Centre du Pays, les récoltes débutent
En toutes régions, des parcelles qui ont connu des accidents culturaux ou se trouvent en conditions pédoclimatiques difficiles (sol séchant et/ou superficiel, pentes exposées, semis tardifs, absence de précipitations depuis de très longues semaines…) sont extrêmement détériorées, avec des maïs desséchés, parfois sans épis. Ces situations les plus graves sont désormais irréversibles. Les ensilages y ont débuté et doivent impérativement se poursuivre afin de sauver et d’assurer au moins une récolte, et une certaine qualité.
Au Centre du Pays, en Campine hennuyère, la situation est la plus avancée et les récoltes peuvent s’envisager dès maintenant, certainement pour les variétés précoces et même pour des variétés tardives, semées plus traditionnellement dans cette région favorable. Toutefois, pour cette classe variétale plus tardive, certaines parcelles n’atteignent pas encore la maturité, mais ce sera probablement le cas dans les dix jours selon les résultats disponibles et les conditions climatiques plus mitigées attendues d’ici là.
En zones limoneuses et sablo-limoneuse du centre, et dans le cas de maïs bien développés pour l’année, les récoltes ne sont pas encore pour tout de suite. Les maturités se situent actuellement dans ces situations entre 25 % et 29 % de matière sèche.
Pour les variétés précoces, la maturité optimale sera atteinte dans les 10 à 15 jours selon les conditions, pas trop chaudes, prévues pour le moment par les modèles météorologiques. Mais l’incertitude est grande à deux semaines.
Pour les variétés tardives (très largement emblavées dans ces régions) avec un bon développement, une attente de deux semaines semble pour le moment être un minimum. Une récolte dans la première décade de septembre est très probable. Mais restons prudents tant le climat a déjà surpris cette année. Les suivis hebdomadaires vont permettre d’informer au mieux les cultivateurs selon les dernières évolutions.
Une situation très avancée, aussi au sud du sillon Sambre et Meuse
Au sud du sillon Sambre-et-Meuse, en région jurassique, la situation est aussi avancée et se situe entre 25 % et 31 % de matière sèche. La plupart des parcelles de cette région ont été implantées très tôt.
Dès lors, en variétés précoces, la maturité optimale sera atteinte dès la semaine prochaine, même pour des maïs avec un bon développement général.
En variétés tardives (emblavées majoritairement dans cette région plus favorable) avec un bon développement, la maturité optimale sera atteinte vers la fin août, voire tout début septembre, grâce à des températures prévues un peu plus élevées par rapport au centre du pays. Mais la même prudence sera de mise selon les dernières évolutions des modèles.
En Condroz et Famenne, les prélèvements sur l’ensemble du réseau sont prévus dès cette semaine, afin de présenter une information complète la semaine prochaine.
Partout en Wallonie et à la suite de ces conditions chaudes, les récoltes 2026 s’annoncent donc précoces et nous attirons d’ores et déjà l’attention de tous à ce sujet afin de ne pas être débordé dans les semaines qui viennent.

le 17 août





