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Les bonnes pratiques pour optimiser la fertilisation en culture de maïs, selon Protect’eau

La culture de maïs valorise très bien les apports de matières organiques. Avoir recours à une fertilisation mixte, composée d’engrais de ferme et d’engrais minéraux, constitue une pratique courante. Mais comment optimiser cette fertilisation pour limiter les pertes dans l’environnement ?

Temps de lecture : 3 min

La culture du maïs occupe une place importante en Wallonie, derrière les prairies permanentes et le froment d’hiver. Elle valorise particulièrement bien les apports de matières organiques, ce qui explique le recours fréquent à une fertilisation mixte (engrais de ferme et engrais minéraux). Cependant, après récolte, le maïs laisse souvent des quantités importantes d’azote dans le sol. Le risque de lixiviation est donc élevé, avec un impact potentiel sur la qualité de l’eau. Un des leviers majeurs consiste à ajuster la fertilisation dès le départ, au plus près des besoins de la culture, afin de limiter les reliquats en fin de saison.

Une fois que l’on connaît la quantité d’azote que le sol peut fournir, il faut estimer les besoins de la culture en fonction de son potentiel de rendement. Le maïs a besoin de 12 à 15 unités d’azote par tonne de matière sèche (MS) produite. Le calcul doit ensuite intégrer :

– les apports d’engrais de ferme ;

– la minéralisation de l’humus ;

– le précédent cultural ;

– l’effet engrais vert de la Cipan (figure 1).

Figure 1: reliquats azotés en sortie d’hiver (kgN-NO3/ha) avec précédent Cipan, selon les données disponibles le 30/03/2026.
Figure 1: reliquats azotés en sortie d’hiver (kgN-NO3/ha) avec précédent Cipan, selon les données disponibles le 30/03/2026. - Source : Gembloux Agro-Bio Tech, UCLouvain, Laboratoire de Tinlot et Protect’eau

Réduire les pertes par volatilisation…

Les engrais de ferme contiennent de l’azote sous forme ammoniacale. Sa volatilisation représente l’une des principales voies de perte d’azote pour les lisiers, les fientes et les fumiers de volailles. Dans de mauvaises conditions, jusqu’à 80 % de l’azote ammoniacal peut être perdu en trois heures.

Pour limiter ces pertes, il est recommandé :

– privilégier l’épandage par temps frais et couvert ;

– incorporer rapidement après épandage ;

– veiller à une faible teneur en matière sèche des matières organiques (figure 2) ;

– utiliser un matériel adapté (épandage au plus près du sol).

En ce qui concerne les lisiers, une teneur d’environ 4 % de matière sèche est idéale. La dilution peut être une solution, si l’eau de pluie est disponible.

Figure 2: influence de la matière sèche sur les pertes ammoniacales (lisier)
Figure 2: influence de la matière sèche sur les pertes ammoniacales (lisier) - Agra-Ost

L’incorporation directe, via des systèmes de patins ou de disques, permet de réduire les pertes jusqu’à 85 % par rapport à une buse palette. Sans injection directe, il est recommandé de passer un outil à dents immédiatement après l’épandage.

L’épandage de lisier, purin, fumier mou et effluents de volailles sur sol nu (avant le stade 9 feuilles du maïs) n’est autorisé que si l’incorporation est réalisée le jour même.

… et par lessivage

Les problèmes de lixiviation du nitrate en culture de maïs sont généralement dus à des apports excessifs d’engrais et à l’absence de couverture du sol après la récolte. L’azote non prélevé par la culture est majoritairement lessivé en arrière-saison.

Pour limiter ces risques, il est conseillé de couvrir le sol après la récolte en semant une culture d’hiver, une interculture ou implanter un semis sous couvert dans l’interligne du maïs au stade 4 à 8 feuilles, selon les espèces sélectionnées. Vu le semis tardif, un couvert qui se développe rapidement et résistant au gel est recommandé. En cas de monoculture, il est recommandé d’éviter le travail du sol avant la mi-octobre.

Les essais du Cipf (Centre indépendant de promotion fourragère) montrent que l’optimum de fertilisation est atteint en combinant les deux formes d’engrais : 30 m³ de lisier bovin + 50 à 85 unités d’azote minéral ou 33 t de fumier de bovin + 65 à 110 unités d’azote minéral.

13- Doses maximales d’azote autorisées en Wallonie

Le complément minéral à apporter est ajusté selon l’historique de la parcelle, le taux d’humus dans le sol et le reliquat sortie d’hiver.

D’après Protect’eau

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