De premières observations préoccupantes de géomyze en Wallonie
De manière tout à fait inédite, le Cipf a constaté des dégâts de géomyze en culture de maïs dans le Hainaut. Ce ravageur, jusqu’ici jamais observé en Belgique, semble donc s’adapter à nos conditions pédoclimatiques. Avec, à la clé, des plantes détruites… Bien que certaines plantules compensent l’attaque par le développement d’une tige secondaire.

La géomyze (Geomyza tripunctata) est une petite mouche appartenant à la famille des diptères. Il s’agit d’un ravageur encore peu connu en Wallonie. L’adulte mesure environ 3 à 4 mm et présente une coloration plutôt sombre. Son identification est facilitée par la présence de trois points caractéristiques sur chacune de ses ailes.
Ce sont les larves qui sont responsables des dégâts sur le maïs. L’adulte pond au pied des plantules et, lorsqu’elle émerge, la larve pénètre dans la tige sous la première feuille.

À ne pas confondre avec les dégâts de taupins
Les premiers symptômes peuvent facilement être confondus avec des dégâts de larves de taupins : on observe un ralentissement de la croissance et le flétrissement d’une première feuille tandis que les autres restent vertes dans un premier temps. L’apex (méristème apical) finit par brunir, ce qui mène progressivement à la mort de la plantule. Si l’apex n’est pas complètement attaqué, les plantes peuvent survivre et présentent alors un renflement à la base de la tige (poireautage).
Aucune perforation du collet n’est observée, ce qui constitue un élément distinctif important par rapport aux dégâts de larves de taupins.
Les attaques apparaissent souvent sous forme de séquences de plusieurs plantes consécutives atteintes au sein d’un même rang alors que des plantes saines peuvent être présentes juste à côté (voir photo).
Un insecte qui s’habitue à nos conditions pédoclimatiques
Jusqu’à présent, ce ravageur était principalement signalé dans l’ouest de la France. Les observations réalisées par le Centre indépendant de promotion fourragère (Cipf) dans le Hainaut constituent une première alerte en Wallonie.
Dans les parcelles concernées, les dégâts ont été observés sur des plants au stade 3 à 4 feuilles. Les observations n’ont révélé aucune présence de larve de taupins malgré plusieurs contrôles effectués autour des plantes touchées.
La concordance entre les symptômes constatés sur les différents champs de maïs dans le Hainaut et ceux décrits ci-dessus permet d’affirmer avec une quasi-certitude qu’il s’agit bien d’attaques de géomyzes bien que les adultes n’aient pas été vus. Même si ces observations se limitent jusqu’à présent à quelques parcelles, elles montrent que la géomyze s’adapte désormais à nos conditions pédoclimatiques.
Les dégâts se limitant à 15 à 20 % de plantules atteintes sur chacune des parcelles attaquées, il n’a pas été conseillé aux agriculteurs concernés de procéder à un resemis. Un essai « variétés » mené par le Cipf a néanmoins été attaqué et a dû être abandonné.
En date du 5 juin, de nouvelles observations sur les parcelles concernées confirment que la majorité des plantules attaquées sont détruites. Néanmoins, il est constaté qu’une partie non négligeable des plantules est parvenue à compenser la destruction du bourgeon terminal principal par le développement d’une tige secondaire (talle).

Le Cipf poursuivra le suivi des parcelles concernées afin d’améliorer les connaissances sur ce nouveau ravageur en culture de maïs.
Cipf





