La Foire de Battice en portraits!

La tonte des moutons avec Michel Rulot
Éleveur de moutons à Nandrin, Michel Rulot participe depuis près de 25 ans à la Foire de Battice. Cette année encore, il y joue un rôle bien particulier… C’est lui qui est chargé de tondre les moutons présentés au concours.
La particularité de l’événement est de voir les agnelles nées au printemps concourir deux fois : une première fois le samedi matin, encore en laine, puis le lendemain, après avoir été tondues. Pour Michel, cette deuxième présentation permet notamment de mieux observer la conformation des animaux.
Les résultats peuvent alors parfois changer. « Généralement, les premiers restent les premiers, mais ça arrive qu’il y ait des changements », explique-t-il.
Ce samedi matin, Michel était donc occupé aves des Bleu du Maine, une race ovine reconnaissable notamment à sa tête grise-bleutée. Après près d’un quart de siècle de présence à Battice, la tonte et les concours font désormais partie de ses habitudes à la foire.

Une immersion dans la ruralité pour des familles
De nombreuses familles ont profité de la foire avec leurs petits bouts. Des enfants qui ont pu faire le plein d’expériences en tout genre et se sont vus remettre un bracelet d’identification à l’entrée du site. Pratique ! Parmi les stands particulièrement visités, celui de Child Focus, agrémenté d’un mur d’escalade.
Liliane Verjus fait partie des volontaires de la fondation. D’habitude, cette dernière se rend plutôt dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les élèves à Max, une campagne créée afin d’encourager les jeunes à briser le silence face aux situations difficiles, comme le harcèlement. Cette fois, c’est sur le site de Battice qu’elle a pu discuter avec les ados. « Tout le monde nous connaît via les disparitions, les fugues. Les gens ne savent pas spécialement tout ce que l’on propose comme activités. C’est donc important d’être présent ».
Durant deux jours, elle a vu passer beaucoup de familles, de la région ou d’ailleurs. « Avec la météo ensoleillée, il y a eu du monde. Pour les enfants, ce qui est vraiment intéressant, ce sont les animaux. Beaucoup ne connaissent pas les vaches, les cochons… Pour eux, venir ici, c’est une découverte ». En tout cas, juste derrière ce stand, dans le chapiteau du petit élevage, entre regards curieux et avides de connaissances, la foule n’a pas désempli.

Benoît Bruwier, fidèle à la Foire de Battice
À quelques kilomètres de Battice, Benoît Bruwier est agriculteur à Fléron, où il exploite une ferme laitière d’environ 200 vaches. Il travaille aujourd’hui avec son fils, qui a repris la part de son frère, avec qui il était associé.
Habitué de la Foire de Battice, Benoît y revient chaque année. Il apprécie particulièrement le côté convivial et proche de l’événement. « On y rencontre les fournisseurs différemment », explique-t-il. Il vient d’ailleurs de moins en moins à Libramont, préférant l’atmosphère plus familiale de Battice.
Présent tout le week-end, l’agriculteur s’octroie une journée solo le samedi. « Aujourd’hui, je suis venu seul, sans les enfants et petits-enfants qui viennent demain. Je dois avouer être souvent arrêté par des connaissances… », sourit-il.
Benoît reste attaché à ce rendez-vous, qui permet aussi de rapprocher le monde agricole du grand public. Il souligne notamment la présence d’écoles de la région venues découvrir la foire , plus tôt le vendredi, et échanger avec des professionnels qui leur expliquent leur métier.

Laetitia Brouard, visiter le pays, berceau du Blanc Bleu Belge : « Un rêve ! »
Un vent de Québec soufflait sur l’École des jeunes éleveurs de la Foire de Battice. Parmi les participants ? Laetitia Brouard, 24 ans. Pour elle, venir en Belgique, c’est vivre un rêve éveillé. L’opportunité d’en savoir plus sur sa race de cœur : le Blanc Bleu Belge. Au Québec, la jeune femme est la seule éleveuse à faire rayonner nos vaches nationales.
Sa ferme, la Majulae Inc, Laetitia Brouard l’a créée de bout en bout. « L’élevage me passionne depuis que je suis jeune. Mes parents n’étaient pas agriculteurs, mais j’ai appris qu’il y avait des fermes dans ma famille, j’y suis allée et cela m’a séduite. À 19 ans, j’ai décidé de monter mon business à partir de zéro ». Et s’installer dans l’agriculture peut être un parcours du combattant… même de l’autre côté de l’Atlantique ! « C’est très compliqué, voire impossible. J’ai dû beaucoup travailler, faire des sacrifices. Parfois, je me dis que j’ai peut-être raté une partie de ma jeunesse pour construire mon avenir. Mais je sais que plus tard, j’aurai l’entreprise de mes rêves ».
Pour démarrer son activité, la passionnée débute par de la location d’étable et l’achat de quelques bêtes. Justement, ce sont les Blanc Bleu Belge qui lui tapent dans l’œil. Une race qu’elle découvre sur le net et sur les réseaux sociaux d’éleveurs belges. Ses atouts ? Sa docilité et la qualité de la viande. « Au Québec, il y a aussi des fermes laitières qui travaillent avec elles pour les croisements. Personnellement, j’ai acheté des croisées en Ontario que j’ai inséminées avec des doses du Belgian Blue Group, de sorte à faire prospérer la génétique belge au Québec ».
Aujourd’hui, elle possède une cinquantaine de bêtes, des croisées, mais aussi des bovins de race pure. Les animaux sont engraissés directement sur l’exploitation : jusqu’à 24 mois pour les bœufs et de 8 à 9 mois pour les veaux. Ensuite, elle travaille avec une boucherie, et la viande est vendue en circuit court, dans des commerces locaux et des épiceries fines. « Au Québec, l’Angus est le choix majoritaire, le Blanc Bleu est un marché de niche. Travailler avec cette race est également une manière de me démarquer. Les goûts des consommateurs sont aussi différents. Dans mon pays, ils cherchent une viande extrêmement grasse et persillée. La viande du Blanc Bleu est davantage maigre tout en gardant sa tendreté. Finalement, les gens testent, adorent et reviennent vers moi ».
Afin de faire rayonner ces vaches, la jeune femme se lance aussi dans les vidéos. Ce rôle d’influenceuse lui ouvre beaucoup de portes. Jusqu’à ce week-end, à Battice. Une première, pour elle, sur le sol européen. Participer à l’École des jeunes éleveurs lui a permis d’approfondir ses connaissances et d’en apprendre davantage sur le savoir-faire belge. « J’ai tellement appris ici. J’ai rencontré beaucoup d’agriculteurs. Leur travail est vraiment différent de celui que je connais. Je me suis également instruite sur la tonte, la préparation des animaux. Bref, autant de choses que je n’aurais jamais pu découvrir chez moi, au Québec ».
Un état d’esprit qui coïncide parfaitement avec la vision de l’École des jeunes éleveurs. Plus qu’un concours, il s’agit véritablement d’un partage d’expériences, dont de nombreux talents, à l’instar de Laetitia, se souviendront encore longtemps.

Noah Flamand, l’assesseur des concours cunicoles
C’est au milieu des cages d’exposition des lapins que vous pourrez rencontrer Noah, 16 ans. Passionné depuis toujours par les animaux, il développe un attachement profond pour les animaux de la ferme, notamment pour les vaches, les moutons et les lapins. Pourtant, il n’est pas issu du milieu agricole et n’est pas lui-même éleveur.
Lorsqu’il a découvert l’existence des expositions d’animaux, il est naturellement allé voir par curiosité. Il a rapidement accroché à cet univers et a décidé de s’y investir. Membre de la Société de Petit Élevage de Xhendelesse-Herve, le Spexh, il est aujourd’hui assesseur. « C’est le bras droit du juge », compare Noah. « Lors des concours de lapins, mon rôle consiste notamment à aller chercher les lapins dans leurs cages, les peser, vérifier leur tatouage à l’oreille et les présenter au juge avant de les remettre à leur place », ajoute-t-il.
Cela fait maintenant un an qu’il exerce cette fonction. Il s’intéresse particulièrement aux races Géant Papillon français et Géant des Flandres, qu’il souhaiterait élever. Présent pour la deuxième fois à la Foire de Battice, cette édition est toutefois une première pour lui en tant qu’assesseur.
Et visiblement, l’expérience lui plaît : « Je vais revenir », affirme-t-il avec enthousiasme.

Robin et son petit veau rouge
Robin Toussaint, fils de Bruno Toussaint qui travaille à l’Association wallonne de l’Élevage (Awé), a participé au Show Junior de la Foire de Battice. Une première pour lui sur un ring, qu’il aborde avec déjà une idée bien précise de l’animal qu’il souhaitait présenter.
Robin avait en effet choisi un petit veau Holstein rouge. « Monsieur est exigeant », plaisante son papa. Habitué de la foire depuis plusieurs années avec sa famille, Robin est originaire de la région et connaît donc bien l’ambiance de Battice. Cette année, il franchit toutefois une nouvelle étape en participant lui-même au concours. Une première expérience sur le ring qui pourrait bien lui donner envie de renouveler l’expérience.

Jacky Deloyer, présent pour les 40 ans du Bleu du Maine
Les moutons figuraient également parmi les têtes d’affiche de la Foire de Battice. Dans le chapiteau consacré aux ovins, la compétition battait son plein, ce dimanche. Parmi les participants, Jacky Deloyer, 27 ans, éleveur de moutons Bleu du Maine, à Wellin. C’est avec 12 animaux qu’il a fait le déplacement jusqu’à la foire. Un rendez-vous immanquable pour lui ! « La région de Battice est la plus importante pour notre race. Le Bleu du Maine y a été implanté il y a quarante ans ». Et justement, pour cet anniversaire, de nombreux passionnés ont répondu présents. « Il y a une centaine de moutons inscrits. Le niveau est très élevé… »
Côté préparation, Jacky, féru de concours, n’a pas changé ses habitudes. Il a sélectionné ses meilleures bêtes. Puis, pour lui, l’important est de participer. « Cela nous permet aussi de faire de la publicité pour notre élevage, de nous faire un nom. De plus, on peut se positionner par rapport aux autres et essayer de s’améliorer chaque année ».






