Battice, un coup de projecteur pour le Cercle d’attelage du pays de Liège
Les chevaux seront, cette année encore, mis en lumière lors de cette nouvelle édition de la Foire de Battice. Démonstrations de jumping, mini-chevaux, balades à poney, races à l’honneur… ce sera l’opportunité pour les petits et les grands d’en savoir plus sur le monde équestre. Et l’attelage ne sera pas en reste puisque le Cercle d’attelage du pays de Liège sera au rendez-vous pour deux jours de découvertes et de compétition !

Photos de chevaux, coupes, van sur le devant de la maison : impossible de se tromper, Catherine Lecloux est bel et bien une passionnée d’équidés. Secrétaire et trésorière du Cercle d’attelage du pays de Liège, elle connaît la Foire de Battice depuis de nombreuses années. En effet, cette association poursuit l’objectif de promouvoir cette discipline équestre sur le territoire provincial. C’est justement dans cette optique que s’inscrit cet événement agricole.
Dès le vendredi, ses membres y seront présents lors de la journée des enfants. Lors de celle-ci, plusieurs classes inscrites participent à différents ateliers de la foire. « De notre côté, nous leur expliquons en quoi consiste notre discipline », souligne Catherine Lecloux. D’abord, place à la théorie, avec un cheval en plastique. Harnachement, règles de sécurité… les bases sont apprises aux petites têtes blondes. Puis, place à la pratique puisque les enfants peuvent faire un tour en attelage. Un moment, on le devine, souvent très apprécié.
Le dimanche, c’est le grand jour ! La journée débute le matin par une balade. Et pas n’importe laquelle… Les organisateurs tracent un parcours d’une vingtaine de kilomètres. Les participants doivent le réaliser en un temps bien précis. Un chrono que les concurrents ne connaissent pas à l’avance. « Les organisateurs décident combien il y a de kilomètres au pas, au trot, combien de pauses… afin de respecter le cheval ». Pas la peine, dès lors, de mettre le turbo. C’est la régularité qui compte. « C’est le jeu. Mais à force, on sait à peu près quelle proportion de la balade on doit faire à telle ou telle allure ».
L’après-midi, à partir de 14 h, c’est sur le site de la foire que le public pourra assister à la maniabilité. Sur la piste est placée une succession de « portes » numérotées. Les portes sont des espaces dans lesquels l’attelage doit passer. Elles sont matérialisées à l’aide de cônes avec des balles placées au-dessus. Si une balle tombe, c’est une pénalité. La précision est donc le mot d’ordre. Et là encore, il faut le bon tempo. Les participants doivent effectuer le parcours dans un temps idéal. Au final, l’objectif est d’obtenir le moins de pénalités possible.
Puis, à l’issue des deux manches, le classement est défini. L’année passée, ce concours a compté 20 participants. N’importe quel meneur peut y prendre part avec son ou ses chevaux, toutes races confondues. « C’est la raison pour laquelle il y a plusieurs catégories et classements à l’issue de la compétition. On ne peut, par exemple, pas juger de la même manière un attelage avec un poney et un autre avec plusieurs chevaux ».
D’une centaine de membres à une quarantaine…
Le challenge du Cercle compte annuellement 10 manches. Un challenge avec une récompense à la clé pour les meilleurs participants. Avec la Foire de Battice, ses membres peuvent véritablement faire connaître leur discipline à tout un chacun, dans une ambiance chaleureuse propre au salon. « C’est assez convivial, comme événement. Même si c’est à taille humaine, il y a énormément de choses à y faire, et je la trouve représentative de l’agriculture dans notre province, bien que quand on y va pour l’attelage, comme nous, nous n’avons pas vraiment le temps de faire le tour du site ».
Par ailleurs, ce rendez-vous offre une sacrée visibilité à cette association… qui en a fortement besoin. Le Cercle existe depuis 1978. À l’époque, il comptait entre 70 et 100 membres, contre seulement une quarantaine aujourd’hui. « C’est compliqué. Certains partent et ne sont pas remplacés ». La moyenne d’âge y est également élevée.
Outre ce manque de visibilité, d’autres freins persistent. Il y a, bien évidemment, le coût. Se lancer dans l’attelage représente, en effet, un investissement important. Il faut le matériel avec le harnais, la voiture… sans oublier un transport adapté. À l’addition s’ajoutent évidemment le prix et l’entretien du cheval.
Autre frein ? En province de Liège, peu de possibilités d’encadrement existent pour ceux qui souhaitent passer le cap, comme le déplore Catherine Lecloux. « Un jeune qui veut pratiquer l’équitation peut se rendre dans n’importe quel manège. On lui prête un cheval, il prend ses cours, puis il aime bien et, petit à petit, s’il est vraiment mordu, il achète son cheval. Ici, il faudrait déjà qu’il y ait un manège avec des cours d’attelage, qu’il puisse tester, y prendre goût. C’est vraiment ce qui manque ».
Deux événements le même jour
Pourtant, l’attelage en Belgique compte encore de réels férus. Preuve en est, Catherine Lecloux est aussi secrétaire d’un autre cercle : le Trait d’Union. Ce dernier concerne uniquement les chevaux de trait, tandis que le Cercle d’attelage du pays de Liège s’adresse à l’ensemble des races.
« J’ai deux casquettes et, malheureusement, le championnat de Belgique est organisé le même week-end que la Foire de Battice, sur le site de Libramont. Par conséquent, je ne pourrai pas être présente à Battice ». Dressage, maniabilité et marathon sont au programme de cette compétition d’envergure à laquelle la passionnée sera présente. « Le Trait d’Union est une équipe historique. Nous participons aussi aux différentes Routes européennes ». Soit des compétitions internationales de chevaux de trait.
Néanmoins, Battice conservera toujours une place particulière dans le cœur de Catherine Lecloux. « C’est là que j’ai fait mes premiers pas officiels dans l’attelage, avant de me lancer dans les concours ». Un rendez-vous qui aura donc marqué le véritable début de son aventure dans ce sport.






