Accueil Bovins

Lutte contre l’IBR: la Fwa propose une autre lecture de la situation

La lutte contre l’IBR dure depuis plus de deux décennies. Les avis, dont celui de la Fwa, sont unanimes pour dénoncer que cela a trop duré. Il est donc essentiel de passer à la vitesse supérieure et de prendre des mesures supplémentaires pour protéger les élevages et le commerce de ce virus, estime le syndicat. Qui ajoute, en réaction à la position de la Fncb : « Ce n’est pas « se tirer une balle dans le pied » que de plaider en ce sens, mais plutôt essayer d’ôter un caillou depuis trop longtemps dans sa chaussure ».

Temps de lecture : 3 min

L’éradication de l’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) est un objectif commun de la filière bovine. La Fédération nationale du commerce de bétail (Fncb) a d’ailleurs confirmé, lors des réunions de concertations, sa volonté d’éradiquer l’IBR de Belgique « au plus vite ». « Or, il nous faut nous rendre à l’évidence : à mesures et politiques inchangées, toutes les prolongations de plan de lutte du monde n’apporteront pas d’amélioration significative dans le nombre de recontamination », plaide la Fédération wallonne de l’agriculture (Fwa)

Un même objectif et deux solutions

Trouver des solutions commence par analyser la cause des recontaminations subies par certains éleveurs durant les dernières années.

« La cause la plus fréquente admise est bel et bien liée, de près ou de loin, au commerce via des achats positifs », soutient le syndicat, sur base de la figure 1. Et d’ajouter : « Par ailleurs, dans les recontaminations de « voisinage », tout le monde sait que certaines exploitations de négoce ou d’engraissement sont concernées, bien plus que des troupeaux d’élevage. Voici donc la réalité ».

Figure 1: origines des recontaminations par l’IBR (octobre 2024 – juin 2026).
Figure 1: origines des recontaminations par l’IBR (octobre 2024 – juin 2026).

Partant de ce constat, deux solutions se dessinaient, selon la Fwa. Premièrement, permettre au commerce de bétail de s’équiper d’outils pour garantir la qualité sanitaire du transport. Deuxièmement, réaliser des analyses sanguines post-transport, c’est-à-dire dans l’engraissement puisque les quarantaines et prises de sang sont déjà d’application dans les élevages depuis des années. « La Fncb ayant adressé une fin de non-recevoir concernant la première option décrite ci-dessus, il restait la seconde en lice », enchaîne le syndicat.

Pourtant, il existe des outils qui permettraient de moderniser les systèmes de traçabilité dans le négoce tout en préservant la liberté de marché et sans impact significatif sur le Marché de Ciney, pour lequel la Fwa réitère son soutien « sans aucune ambiguïté ».

Bovimove, une opportunité !

C’est d’ailleurs l’objectif spécifique de l’application Bovimove, à savoir être avant tout un outil d’aide pour les négociants dans leur gestion d’entreprise, tout en permettant de donner des garanties sanitaires sur les mouvements d’animaux. « Certes, cette application ne résoudra pas tous les problèmes d’un coup de baguette magique, mais elle permettra malgré tout une avancée dans la bonne direction. »

Ouvrir la discussion

La Fwa et l’Agrofront affirment avoir toujours été ouverts à la discussion. Et en particulier pour trouver des alternatives moins contraignantes, mais permettant de garantir le même niveau de sécurité sanitaire pour les éleveurs. « Une surveillance par analyse sanguine à l’abattage, par exemple, constitue une option que nous pouvons soutenir et qui doit être discutée avec les abattoirs », soutient-on du côté du syndicat.

En attendant, il est important de maintenir le cap pour réduire le nombre de drames liés aux recontaminations, sachant que le statu quo ne peut plus être une réponse.

La Fwa affirme avoir convié à plusieurs reprises la Fncb à des réunions d’échange, sans succès selon elle. Elle réitère donc son invitation.

A lire aussi en Bovins

Aux Saveurs du Moligna, grandir sans perdre la main

Bovins À Buissonville, Maddly Ramelot a trouvé sa place dans la ferme en se forgeant son propre métier. Après neuf années dans l’industrie pharmaceutique, elle a fait du lait de l’exploitation la matière première des Saveurs du Moligna, développant au fil des ans glaces, beurre et yaourts plusieurs fois récompensés. Aux côtés de son mari, Jean Borlon, elle défend aujourd’hui un modèle à taille humaine, où la réussite ne se mesure pas nécessairement à la croissance, mais à la capacité de préserver la maîtrise du produit et le plaisir de le faire.
Voir plus d'articles