C’est le moment des travaux d’automne!
Au potager, les saisons se suivent, et ne se ressemblent pas. Cette année, certaines cultures sont encore en place à des dates particulièrement tardives. Une situation qui s’explique notamment par des plantations retardées en mai, mais aussi par une fin d’été favorable à leur croissance. Si les premières récoltes de haricots, de pommes de terre hâtives ou encore de légumes fruits avaient parfois pu décevoir, celles de ce début d’automne battent, par contre, des records. Et l’activité se poursuit, avec de nouvelles implantations au planning du jardinier.

Il est encore temps pour planter des laitues et du persil sous couche ou en serre. Il s’agit de plantes semées en pots ou en mottes pressées en fin d’été, leurs racines commencent à sortir du contenant. La mâche peut également être semée et plantée sous couche et sous serre. Les semis de laitues à couper, comme les Gottes, peuvent être réalisés dès qu’un espace s’y libère.
En plein air, c’est bientôt le moment pour planter l’ail d’automne et semer les pois d’hiver. Ces derniers seront protégés des pigeons pour éviter de trop gros dégâts durant l’hiver. D’ailleurs, les protections hivernales doivent être installées progressivement, en tenant compte des prévisions météo : voile, couche, chenille, tunnel, serre, toiles et paillassons. Le jardinier doit veiller à garder la meilleure aération possible des plantes pour éviter les condensations et les pourritures.
De la récolte à la conservation
Afin d’éviter la déshydratation des racines après la récolte des carottes de garde, il est recommandé de les aligner sous des couches de sable, dans une cave ou un emplacement frais à température assez constante. Nous pouvons également laisser les racines en place, elles supportent facilement des gelées de quelques degrés sous zéro. Si la météo annonce de fortes et longues périodes de gel, il vaut mieux protéger le parterre de carotte sous une couche de paille ou de feuilles mortes. Les racines seront dès lors récoltées au fur et à mesure des besoins. Notons que si nous craignons des dégâts de campagnols, la récolte suivie de l’entreposage est une meilleure solution.
Le panais peut rester en place de la même façon que les carottes. Il s’adapte aux températures négatives. En cas d’annonce de gel fort et prolongé, il est néanmoins préférable de le couvrir comme les parterres de carottes. Le panais se déshydrate, en effet, assez rapidement, la protection sous sable est possible pour quelques jours mais pas pour de longues périodes. Les racines déshydratées sont moins savoureuses.
Le topinambour peut rester dans le sol, jusqu’à fin mars au moins. Après la récolte des tubercules, leur conservation ne dure que quelques jours. Après mars, ils commenceront à germer, il faudra les déplacer vers leur nouvel emplacement.
Les betteraves potagères sont récoltées avant fin novembre. Nous pouvons les mettre en silos comme les carottes. Elles se conservent correctement de cette manière, par exemple dans une caisse, recouvertes de sable ou de paille.
Les céleris-raves sont récoltés avant les risques de grands froids aussi, et sont mis dans des silos ou des caisses, comme les betteraves.
Les poireaux et les choux d’hiver (de Bruxelles, de Savoie ou de Milan) sont retirés au fur et à mesure des besoins, au moins jusqu’à fin mars. Pour limiter la dégradation de la structure du sol lors des récoltes, il est recommandé de se déplacer sur des planches ou sur un paillis important. La remise en état du sol pour les cultures du printemps sera plus efficace et moins laborieuse.
Les laitues, chicorées à feuilles et autres légumes feuilles
La mâche et le persil semblent laisser retomber leur feuillage en cas de gel. Mais dès que la température remonte, celui-ci se redresse.
Les céleris à côtes sont récoltés avant les risques de gel et avant que la septoriose n’ait fait trop de dégâts.
Les bettes peuvent, elles, être récoltées tant que le gel reste modéré. Après le milieu ou la fin de novembre, ce risque de température négative altérant le feuillage augmente.
Il est possible d’arracher un pied de cardon et de le transporter avec un maximum de racines jusqu’à un endroit protégé des grands froids. Une cave convient généralement bien. Nous maintenons la motte humide. Les cardes (les nervures des feuilles) restent savoureuses tant qu’elles ne se dessèchent pas.
Les chicorées cultivées pour le feuillage (frisées, scaroles, Chioggia, pains-de-sucre, de Vérone…) sont récoltées en plein air avant que le froid ne soit annoncé sous les -6°C. Les plantes installées sous abri de couche ou de serre sont récoltables longtemps encore.
Racine de chicon, éviter la désydratation
Les racines de chicon peuvent être arrachées au fur et à mesure de la mise en forcerie. Elles sont mûres après environ 150 ou 160 jours de végétation. Nous les préparons à la mise en couche en coupant les pétioles des feuilles environ 3 cm au-dessus du collet. Nous raccourcissons les racines à 17 à 20 cm. Elles seront placées en forcerie sans tarder afin d’éviter que les racines ne se déshydratent. Celles qui sont dans ce cas, perdent fortement leur potentiel de production. Un test rapide permet de se rendre compte de leur état : si nous tentons de plier une racine, elle doit se briser net, sans plier. Dans le cas contraire, la racine est déjà en déshydratation.
Ne plus tarder pour les courges…
Les choux pommés rouges et blancs sont récoltés avant les gelées plus sévères que – 6°C. Les risques d’éclatement sont dus à l’automne très doux, à la sur-maturité ou à l’arrivée tardive de l’eau. Les pommes éclatées sont à utiliser sans tarder pour la cuisine ou la congélation.
Quant aux courges, elles doivent être récoltées au plus vite, il est déjà tard dans la saison. Les températures nocturnes fraîches provoquent des pertes importantes. Il en est de même pour l’humidité persistante. Récoltées tardivement, leur conservation est courte.
Préparer le sol pour repartir du bon pied
C’est dès la fin de l’été et en automne que le jardinier peut agir préventivement pour entamer l’année culturale suivante dans de bonnes conditions. S’il est impossible d’influencer la météo, il est par contre possible d’intervenir sur la structure du sol et les aménagements.
Nous reviendrons prochainement sur ces aspects de travail du sol mais aussi sur l’incorporation des fumiers et des composts d’automne.





