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Réussir la fécondation des fleurs de tomate

« Mes pieds de tomate sont magnifiques. Je les irrigue régulièrement. Et pourtant, de nombreuses fleurs ne sont pas fécondées, elles tombent sans donner naissance à un fruit. » Ces propos sont entendus chez de nombreux jardiniers, débutants comme expérimentés, en 2026. Mais que se passe-t-il ? Que faire ?

Temps de lecture : 4 min

Les variétés de tomate que nous cultivons dans nos régions sont pratiquement toutes autofécondes. Les fleurs comprennent des organes mâles, les cinq à douze étamines. Ces organes forment un cône pollinique. Elles sont munies d’un pistil, la partie femelle, blottie sous le cône pollinique.

Quand la fleur est mature, les grains de pollen sont déversés sur la partie supérieure du pistil, le stigmate. Un petit tremblement de la fleur suffit. Celui-ci peut provenir d’un léger vent, d’une aération de la serre, du mouvement d’insectes venu se poser sur la fleur. Un frétillement du support (le tuteur ou la ficelle) par le jardinier donne le même résultat.

Une température d’une bonne vingtaine de degrés est parfaite.

Les grains de pollen tombés sur le stigmate vont pouvoir germer. Ils émettent un tube pollinique qui descend jusqu’à l’ovaire qui contient de nombreux ovules. Chaque grain de pollen peut en féconder un. Cette fécondation amène une production d’auxine induisant un grossissement de l’ovaire, le futur fruit de la tomate. C’est la nouaison.

En absence de pollinisation, la fleur avorte et tombe. Plus le nombre d’ovules fécondés est grand, plus grand et mieux formé sera le fruit.

Les meilleures conditions…

La fécondation de la fleur mature se déroule au mieux lorsque certaines conditions de température, d’humidité et de luminosité sont réunies.

Lorsque la température de l’air est très élevée, le style est plus long et dépasse le cône pollinique. La fécondation est alors plus aléatoire et le plus souvent moins complète.

Le pollen est de moins bonne qualité lorsqu’il est produit à température élevée. De même, lorsque la température est basse. En deçà de 15°C et au-delà de 35°C, le pollen est presque stérile ou le taux de germination baisse considérablement. La fécondation est difficile. Il n’y a pas de nouaison.

Quand l’humidité de l’air est très basse (moins de 40 %) ou élevée (plus de 90 %), le pollen n’adhère pas au stigmate. La formation du tube pollinique et la fécondation ne se produisent pas.

Si la luminosité est faible, la production de pollen par les fleurs diminue. Les ovaires et les ovules sont plus petits. Les fruits produits le seront également.

Le style est plus long et dépasse le cône pollinique, la fécondation est plus aléatoire.

La proportion de fruits mal formés augmente.

Concernant, la fertilisation, la richesse du sol intervient dans la réussite de la fécondation et la nouaison. Dans nos conditions, ce seront les carences induites en bore qui sont les plus fréquentes, notamment après un chaulage un peu trop généreux.

Comment agir ?

Le printemps et le début de l’été 2026 furent chauds et marqués par de nombreuses journées sans vent. Dans les serres de jardiniers amateurs, nous pouvions n’avoir que très peu de mouvement des fleurs pour permettre la chute du pollen sur le stigmate. De plus, il faut que ces mouvements, ces tremblements, se déroulent lorsque les conditions de température et d’humidité relative sont correctes.

Une bonne vingtaine de degrés et une septantaine de pourcents d’humidité sont parfaits. La plupart des semaines de juin et de juillet permettaient cela avant 10 h le matin et en fin de journée.

Une bonne diversité faunistique au jardin apporte la possibilité de permettre une pollinisation via les insectes. Nous pouvons aussi passer rapidement dans la serre et effleurer les tuteurs ou les ficelles chaque jour lorsque les conditions de température sont idéales. Le tremblement induit des fleurs suffit. C’est rapide et suffisant. Une fleur reste mature au moins un ou deux jours.

Une bonne aération de la serre permet également ces tremblements, facilitant la fécondation.

La luminosité est l’un des facteurs influençant la fécondation. Une serre ombrée par les obstacles liés à la configuration des lieux peut la rendre moins complète. Il faut que la luminosité directe du soleil soit possible au moins cinq heures par jour, en une ou en plusieurs périodes étalées sur la journée.

La densité de plantation dans la serre influence la quantité de lumière reçue par chaque plante et par chaque bouquet de fleurs. Une densité élevée diminue la luminosité pour chaque fleur. Avec une influence sur la fécondation…

Les fleurs n'ont pas été formées en même temps,  elles sont arrivées à maturité à des stades différents.  Les fruits se forment l'un après l'autre.
Les fleurs n'ont pas été formées en même temps, elles sont arrivées à maturité à des stades différents. Les fruits se forment l'un après l'autre. - F.

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