Surveiller l’ensemencement spontané des plantes sauvages
Durant l’été sec et chaud, de nombreuses semences de plantes sauvages n’ont pas germé. Elles sont restées en attente. Après les pluies des dernières semaines et l’abaissement de la température, certaines espèces ont pu germer et sont maintenant en plein développement. C’est le cas notamment entre les rangées cultivées et sur les surfaces temporairement inoccupées.

Les espèces à cycle de développement court pourront produire des semences cet automne. Le stock de leurs semences viables sera alors maintenu ou augmenté. Les plantes vivaces pourront accroître leur vigueur si le jardinier les laisse se développer.
Les herbes sauvages poussent allègrement, certaines sont en fleurs et produiront bientôt des semences. Il faut absolument décider de casser leur cycle de multiplication si nous voulons éviter d’être envahis l’année prochaine. Le mouron des oiseaux, le pâturin annuel et les galinsoges sont de celles-là.
Le chiendent, les liserons, les prêles sont des espèces vivaces dont le développement est à limiter également.
Pour réduire le travail de désherbage du printemps prochain, c’est déjà maintenant qu’il faut agir.
Comment s’y prendre ?
Plusieurs méthodes sont facilement mises en pratique à cette période de l’année.
Les moyens mécaniques font appel à la fameuse formule « huile de bras » et rasette. Le sol se ressuie, le travail de surface permet de détruire facilement les jeunes plantes sauvages non désirées. En outre, l’incorporation des matières végétales sur quelques centimètres de profondeur permet un excellent apport de matière organique fraîche. La vie du sol en profitera.
Un autre moyen mécanique est l’emploi d’un broyeur sur roues : la tondeuse à gazon, tout simplement. Sa hauteur de coupe est réglée par rapport à la végétation des plantes présentes et nous pouvons intervenir à plusieurs reprises si nécessaire. La masse broyée peu rester en surface de sol ou être emmenée sur un tas de compost. Si le jardinier intervient avant la formation de graines viables, il n’y a pas de précaution particulière à prendre. Au contraire, si les plantes sont montées à graines, le compostage avec un retournement pour faire monter la température est nécessaire. Enfin, si les plantes sont d’un tel développement que les interventions à la rasette et à la tondeuse ne sont plus possibles, il reste le bon vieux sarclage : nous arrachons les plantes à la main et les évacuons vers le tas de compost. N’oublions pas de retourner le tas pour permettre un bon compostage.
Le thermique convient parfaitement lorsque les conditions d’humidité du sol ne permettent pas l’emploi des moyens mécaniques dans de bonnes conditions. La plupart des brûleurs fonctionnent avec le gaz comme source d’énergie. Il ne s’agit pas de griller les plantes immédiatement, mais simplement d’élever leur température au-delà d’une septantaine de degrés durant un très court moment. Les cellules des tissus foliaires ne seront plus capables de vivre, la plante se desséchera lors des jours suivants.
Au début de l’hiver, la nature apporte un moyen thermique gratuit mais pas contrôlable : le gel. Avec une température de – 6°C, pas mal de plantes adventices sont détruites, comme les galinsoges. C’est facile et efficace… sauf lors de certains hivers durant lesquels il ne gèle pas suffisamment !
Une autre possibilité est de couvrir le sol d’un mulch constitué de débris végétaux. Le sol sera protégé, les adventices ne lèveront plus. Au printemps, nous récupérerons ce mulch ou le laisserons en place selon la culture à implanter. Nourrir le sol pour qu’il nous nourrisse au printemps prochain… Une autre solution est d’incorporer cette masse végétale aux premiers centimètres de sol, en s’aidant d’une houe par exemple. Ces matières organiques végétales pourront être décomposées par les organismes vivants du sol qui s’en nourrissent. Par le cycle immuable de la vie, ceux-ci mourront et se décomposeront en libérant les matières minérales dont profiteront les légumes lors de la prochaine saison.
Ne pas laisser faire, mais maîtriser la nature
Faut-il laisser faire la nature ou détruire les plantes présentes naturellement pour en implanter d’autres qui ne poussent pas spontanément à cet endroit-là ? Lorsque nous discutons entre jardiniers, ce sujet qui fâche revient régulièrement dans les conversations. C’est toute la différence entre le comportement du chasseur-cueilleur des populations primitives et de celui du paysan qui élève et cultive. Maîtriser certaines plantes en favorisant le développement d’autres n’empêche pas de respecter la nature dans son ensemble.
La permaculture permet de trouver un équilibre durable entre les plantes naturellement présentes et celles amenées par le jardinier.
L’important est de ne pas abandonner son potager pour l’hiver en laissant les plantes adventices croître et se multiplier. Un petit travail de désherbage maintenant va entraîner l’économie de la mise en œuvre de grands moyens de désherbage lors du printemps et de l’été prochain.






