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À l’automne, préparons déjà le printemps!

Au cœur de l’automne, nous pouvons déjà penser à préparer le potager en vue des prochaines saisons de culture. C’est l’occasion de faire le point sur plusieurs techniques destinées à protéger les sols et faciliter le travail futur.

Temps de lecture : 5 min

Les jardiniers peuvent se questionner sur l’opportunité de bêcher ou de labourer le sol, ou au contraire de ne pas le retourner.

L’incorporation de matières organiques issues de fumiers, de compost ou d’engrais verts est essentielle pour l’activité biologique.

Quant à la gestion de l’enherbement, elle est très chronophage. Cependant, en s’organisant, nous pouvons soulager la pénibilité de ces tâches.

Bêcher ou pas ?

Une question revient régulièrement dans les revues ou sur les sites de jardinage : faut-il bêcher ou pas ? La question posée ainsi est importante, mais elle est réductrice. Il n’y a pas deux techniques de préparation de sol, mais bien plusieurs.

Retenons que :

Les matières organiques sont décomposées dans le sol en présence d’oxygène. Il convient de les enfouir peu profondément ou de les laisser en surface.

Le sol décompacté laisse pénétrer l’eau en hiver et permet le maintien d’activités biologiques intenses.

Les ados préparés en automne peuvent accueillir les premières cultures de printemps.

La maîtrise de l’enherbement intervient dans les choix techniques.

Les techniques développées en automne permettent de faciliter grandement le travail au potager lors de l’année prochaine.

N’oublions pas un principe : bien respecter la structure du sol. Si la terre n’est pas correctement ressuyée, nous nous abstenons de la travailler. Pour s’en assurer, nous prenons une poignée de terre à la profondeur que nous souhaitons décompacter. Si la poignée s’effrite, nous pouvons agir. Si elle forme une masse compacte, la terre est trop humide que pour être travaillée dans des conditions adéquates.

Les apports de matières organiques

Les apports de matières organiques à décomposition lente comme les fumiers et les composts ne sont pas recommandés en novembre et en première moitié de décembre. C’est une obligation pour les professionnels de l’agriculture. Il est également conseillé pour les jardiniers de respecter cette période de non-épandage.

Les matières organiques à décomposition rapide ne sont pas épandues de mi-septembre à mi-février. Dans cette catégorie, nous trouvons les fientes et fumiers de volailles et de pigeons, entre autres.

L’objectif est d’éviter des pertes de matières solubles par lessivage par les eaux de pluie lors de périodes à faible activité de croissance des plantes. C’est le cas notamment des matières azotées.

Les tas en compostage seront simplement retournés pour maintenir et améliorer leur état en attendant de meilleurs moments d’épandage.

Plus un tas de compost est évolué (compost mûr), plus tard il peut être appliqué avant l’implantation de nouvelles cultures.

Les composts les moins évolués peuvent être distribués au sol dès que les périodes susmentionnées le conseillent. Ces derniers devront encore évoluer dans le sol, ils ne seront donc pas enfouis profondément pour disposer d’oxygène en suffisance.

Il ne faut pas hésiter pas à compléter les apports organiques par des broyats de brindilles ou des feuilles sèches provenant des plantes ligneuses du jardin. Les légumes en profiteront dès l’année prochaine.

La maîtrise de l’enherbement

Si notre potager est fortement envahi de plantes sauvages, les travaux de désherbage peuvent être chronophages. Les jardiniers peuvent aussi rater des cultures parce que les jeunes semis sont rapidement envahis d’adventices non maîtrisées. Dans ce cas, le retournement de la terre avant l’hiver peut apporter une partie de la solution pour l’an prochain. Il ne doit pas nécessairement être profond. Il se fera sur un peu moins d’une dizaine de centimètres, juste pour recouvrir les matières végétales présentes. Ce travail est suffisant pour la question des adventices présentes. Si l’automne est doux, des germinations commenceront. Le gel hivernal pourra réduire la nouvelle pousse. Si ce n’est pas le cas, des binages et extirpages légers compléteront le travail au printemps, avant les nouveaux semis.

Si en plus d’être fortement envahi de plantes sauvages, le sol est compacté, nous pouvons le décompacter à l’aide d’un outil à dents jusqu’à 25 cm de profondeur. Une fourche bêche convient pour cette opération. Des outils sont également proposés dans les jardineries, sous différentes appellations commerciales. Nous décompactons avant le retournement de surface, c’est plus facile.

Si le sol est envahi de liserons ou d’une autre plante dont il faut extirper les racines ou rhizomes, un travail en profondeur est nécessaire. Le retournement à la fourche bêche permettra de les remonter. Ensuite, ils devront sécher avant d’être décomposés dans un tas bien maîtrisable.

Si nous avons la chance d’avoir un potager avec peu d’adventices compliquées à gérer, il n’est pas indispensable de retourner le sol. Le décompacter et le pailler avant l’hiver est une solution. L’eau de pluie y pénètre bien. Le paillage limite l’apparition d’adventices. Il se décompose et est partiellement incorporé au sol par la faune naturellement présente. Au printemps, nous retirons le reste de paillage pour faire les plantations et semis.

Sur les terrains très humides, la préparation d’ados en automne permet de faciliter le drainage localement. C’est intéressant de disposer d’une partie de la surface préparée de la terre afin de pouvoir implanter les premières laitues, les premières carottes et autres cultures précoces. Les ados font de 1,2 à 1,5 m de largeur d’axe en axe et une vingtaine de centimètres de hauteur.

Les tontes de pelouses apportées seules évoluent mal en compostage. Trop humides, elles évoluent en «ensilage» et s'acidifient. Trop sèches, les champignons et moisissures dominent, l'évolution est lente, comme le montre la photo.
Les tontes de pelouses apportées seules évoluent mal en compostage. Trop humides, elles évoluent en «ensilage» et s'acidifient. Trop sèches, les champignons et moisissures dominent, l'évolution est lente, comme le montre la photo. - F.

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