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2026, la saison avec les plus faibles rendements en pomme de terre

Les arrachages de pommes de terre touchent à leur fin pour certains. La Fiwap fournit les premiers résultats de la récolte, sous le signe de rendements historiquement bas, de petits calibres mais d’une bonne qualité technologique.

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Le suivi de Fontane, la principale variété produite en Belgique, a eu lieu toutes les deux semaines jusqu’au défanage. Challenger et Innovator ont été échantillonnées une seule fois, après le défanage. Le rendement brut échantillonné, à savoir tous les kilos prélevés, est réduit de 15 % pour tenir compte des pertes au champ.

Un PSE et un calibre assez faible pour Fontane

Concernant le rendement de Fontane, la croissance après le retour des pluies, vers le 17 août, a permis de gagner en moyenne de l’ordre de 10 t/ha sur l’ensemble des 33 parcelles suivies. Ce qui mène à un rendement final estimé à 38,6 t/ha, dont à peine 58 % de gros calibre (soit 22,4 t/ha). Le PSE a considérablement baissé, passant de 426 g/5 kg mi-août à 398 g/5 kg en fin de culture.

Géographiquement une différence considérable est observée entre Flandre et Wallonie, avec de l’ordre de 4,3 t/ha de mieux dans le Nord du pays. C’est surtout la Flandre occidentale qui a le mieux performé, grâce à des pluies plus abondantes en septembre.

Malgré l’apparition ponctuelle de rejet ou de repousses au champ, le PSE reste correct quasiment partout, avec toutefois plus de 10 % des parcelles restant sous la barre des 360 g/5 kg.

De toute évidence c’est le calibre qui fait le plus défaut dans la qualité de la récolte : une parcelle sur deux n’atteint pas la norme habituelle de 60 % de 50 mm+, et plus de 20 % sont même restées « calées » en dessous de 50 % de 50 mm+.

À propos des parcelles irriguées

Rappelons toutefois que quatre parcelles irriguées, régulièrement ou non, figurent dans le réseau suivi. Si on les retire, on « retombe » aux valeurs suivantes : 36,5 t/ha, 400 g/5 kg de PSE et 55 % de 50 mm+ sur le 35 mm+.

Dans cette situation toujours, la différence de rendement entre les régions se réduit à 3,8 t/ha. Compte tenu du faible pourcentage de surfaces réellement irriguées en Belgique, il faut considérer le rendement brut moyen belge à 36,5 t/ha, avec de l’ordre de 38 t/ha en Flandre et de 34 à 35 t/ha en Wallonie. Près de 15 % des parcelles sèches restent sous les 30 t/ha. Aucune parcelle sèche en Wallonie n’atteint la moyenne quinquennale de 48 t/ha, et seules trois parcelles en Flandre (sur 16) l’atteignent.

L’hétérogénéité est énorme entre sous-régions, mais aussi entre parcelles d’une même sous-région et à l’intérieur d’une parcelle. Les pires chiffres relevés dans les 33 parcelles suivies placent le plus bas rendement à 15 t/ha, la plus faible grosseur à 8 % de 50 mm+, et le PSE le plus bas à 336 g/5 kg.

2026 apparaît ainsi comme la saison avec le plus faible rendement brut moyen depuis le début du suivi de Fontane en 2015. En considérant uniquement les parcelles sèches, le rendement de 36,5 t/ha est même inférieur à 2018 (39 t/ha). Il est surtout nettement inférieur à l’an dernier et à la moyenne des cinq dernières années (de l’ordre de 11 t/ha, soit 23 % !).

C’est la conséquence directe de la sécheresse prolongée en juillet – août, mais aussi des périodes répétées de canicule connues de mai à août. Le recul de production est encore plus flagrant en gros calibre : 24 t/ha de moyenne observées cette année en parcelles sèches, c’est 60 % de l’an dernier (40 t/ha) et de la moyenne quinquennale (39 t/ha) !

Une très bonne qualité technologique

Malgré l’apparition de rejet ou de repousses sur un nombre limité de parcelles, la tare pomme de terre moyenne est très faible cette année. Elle est évaluée à 2,5 %, variant de 0 à 16 %.

Sur les 33 parcelles suivies, trois parcelles montrent plus de 10 % de tubercules « défectueux » (verts, difformes, pourris), dû essentiellement aux pommes de terre vertes (deux parcelles) et difformes (une parcelle pourtant sans symptômes de rejet ou repousses).

La qualité technologique semble très bonne. L’indice de friture moyen pour les 33 parcelles s’établit à 1,58 (variant de 1,00 à 2,00), sans frites hétérogènes ni bouts vitreux. Fontane confirme ainsi sa robustesse sur ce critère, malgré les aléas de croissance vécus au champ.

Plus de tubercules pour Challenger

Sur les parcelles non irriguées, Challenger atteint un rendement 35 mm+ final de 41 t/ha, soit 15 t/ha de moins que l’an dernier, 11 t/ha de moins que la moyenne quinquennale, et 10 t/ha de moins que la moyenne décennale (2015 – 2024).

Tout comme en Fontane, la baisse de rendement est ainsi de l’ordre de 25 % par rapport à 2025. Le rendement varie du simple au double, de 27 à 55 t/ha, entre les parcelles. Une distinction nette est observée entre la Flandre (45 t/ha) et la Wallonie (36 t/ha). La parcelle irriguée atteint un rendement de plus de 55 t/ha, avec 68 % de gros calibre et un PSE de 380 g/5 kg.

Challenger a produit en moyenne encore plus de tubercules par plante que Fontane (20 contre 18), ce qui pénalise le calibre moyen dans la récolte : à peine 55 % du rendement est en gros calibre sur les parcelles non irriguées, soit 24 t/ha ; à comparer aux 43 t/ha de l’an dernier, et aux 39 t/ha de moyenne quinquennale.

La moitié des parcelles est en défaut de calibre par rapport à la norme de 60 % de 50 mm+ et trois parcelles (sur 14) ne parviennent même pas à 40 % de 50 mm+. Challenger ne permettra pas mieux que Fontane de faire des longues frites cette année.

Le PSE moyen est de 400 g/5 kg. Le PSE varie très fort entre parcelles (de 356 à 456 g/5 kg) avec deux parcelles sous la barre des 360 g/ 5 kg.

Les défauts de tubercules sont très minimes (1 % en poids en moyenne) avec quelques difformes sur de rares parcelles. La couleur de friture est aussi excellente : indice moyen de 1,68 variant de 1,10 à 2,00, sans frites hétérogènes ni bouts bruns.

Peu de de défauts pour Innovator

Le rendement final atteint 36,3 t/ha en moyenne toutes parcelles confondues, avec 65 % de gros calibre et un PSE moyen de 395 g/5 kg.

L’irrigation apporte logiquement une nette différence de rendement et de calibre : 30,6 t/h et 53 % 50 mm+ sur le 35 mm.

Les chiffres régionaux ne sont donc pas comparables entre eux, toutes les parcelles avec un apport d’eau étant situées en Flandre.

Tout comme en Fontane et en Challenger, et malgré la plus faible tubérisation (11 tubercules par plante), le calibre est défaillant aussi en Innovator produite sans irrigation. Seules trois parcelles sèches sur huit atteignent 60 % de 50 mm+, mais le très gros calibre (70 mm+) y reste peu présent (moins de 10 % sur le 35 mm+, soit à peine 2,5 t/ha). L’irrigation améliore évidemment le calibre, avec en moyenne 84 % de grosses (sur le 35 mm+), soit près de 40 t/ha.

Le PSE est globalement correct, avec deux parcelles au-delà de 440 g/5 kg (attention aux coups !) et une seule parcelle (irriguée) sous les 360 g/ 5kg.

La comparaison avec les années antérieures ne peut se faire que sur base des parcelles sèches, la base de données historique de la Fiwap ne comprenant pas de parcelles irriguées. Avec 30,6 t/ha, le rendement final 2026 est inférieur de plus de 11 t/ha à l’an passé, et de plus de 13 t/ha par rapport à la moyenne quinquennale (soit 30 % !). La moyenne décennale est de l’ordre de 48 t/ha.

Les tubercules « à défauts » (verts, difformes, crevassés ou pourris) sont quasiment absents tandis que les couleurs de friture sont partout excellentes (indice moyen de 1,02, variant de 1,00 à 1,20).

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