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Des rendements en retard et des tubercules sensibles aux coups

Au 24 août, les rendements moyens étaient estimés à 32,2 t/ha. Le PSE est évalué à 418 g/5 kg, avec 51 % de 50 mm+. Le gain moyen (en 35 mm+) depuis le 11 août est de 270 kg/ha.jour et – 9 g/5 kg de PSE.

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Au total, 33 parcelles ont été échantillonnées du 24 au 25 août, en Wallonie et en Flandre. Les parcelles suivies ont été plantées entre le 30 avril et le 3 mai, avec une moyenne au 20 avril.

Une variation énorme des rendements

En semaine 35, après 126 jours de croissance en moyenne, Fontane affichait un rendement moyen brut (35 mm+) de 32 t/ha, dont seulement 17 t/ha en 50 mm+ (soit 51 %), avec un minimum de 16 t/ha, un maximum de 47 t/ha et une médiane de 31 t/ha (Tableau 1). La variabilité est donc énorme entre parcelles. Seulement 1 parcelle sur 3 atteint 35 t/ha. Pour rappel, 4 parcelles ont été irriguées (de 2 à 4 passages), elles présentent un rendement moyen de 41 t/ha et un calibre de 58 % de 50 mm+.

36-synthèse de croissance fontane

Huit parcelles sur 33 montrent un recul de rendement par rapport à la semaine 33 (11 août) avec une sénescence moyenne de 67 %. Certaines de ces parcelles sont considérées comme finies en termes de progression de rendement.

On constate donc un maintien de la croissance grâce au retour de pluies conséquentes. Ces 10 derniers jours, ont été observés de 25 à 50 mm sur l’essentiel du territoire patatier belge, avec en moyenne 270 kg/ha.jour sur les deux dernières semaines. La progression moyenne entre les 28 juillet et 11 août était de 260 kg/ha.jour. Ces chiffres restent largement inférieurs aux données historiques. À cette période de l’année, au mois d’août, Fontane devrait afficher une croissance de l’ordre de 450 kg/ha.jour. Les prélèvements faits le 24 août ont eu lieu sans doute trop tôt pour voir l’effet complet des pluies revenues 5 jours plus tôt.

Les différences de croissance récente et le potentiel de croissance future sont à mettre en relation avec la sénescence du feuillage, qui est estimée en moyenne à 50 %, variant de 5 à 90 %. Il y a 2 semaines, elle était évaluée à 27 %. Au 24 août, 12 parcelles sur 33 conservaient plus de 60 % de feuillage jugé actif. Avec 125 jours de culture, elles ne sont toutefois pas (en moyenne) plus jeunes que l’ensemble des parcelles suivies.

Craindre les rejets et les repousses

Avec le retour de conditions favorables à la croissance, le rejet/repousses (induit par les pics de chaleur) est théoriquement à craindre sur les parcelles les plus vertes et les plus vigoureuses. En début de semaine, on constatait sur les 33 parcelles suivies 16 parcelles avec un symptôme quelconque (difforme, germe évoluant en tige feuillée ou en tubercule secondaire), pour une moyenne de 6 % des tubercules primaires concernés. Le même taux de symptômes (6 %) était observé sur les parcelles avec maximum 40 % de sénescence…

Parmi les parcelles montrant du rejet/repousses, 4 d’entre elles sont fortement touchées (de 10 à 40 % des tubercules primaires concernés). L’application d’hydrazide maléique a été réalisée sur une minorité de parcelles dont les plantes peuvent, a priori, rester actives encore 3 semaines de façon à amener la matière active en quantité suffisante dans le tubercule. L’effet espéré est de réduire le désordre physiologique et les symptômes de rejet/repousses sur les tubercules primaires. Chaque parcelle doit être évaluée séparément, ce qui rend le conseil général difficile voire impossible. On restera attentif à l’évolution car, à nouveau, le prélèvement du 24 août est intervenu un peu trop tôt après les pluies pour que tous les symptômes de rejet/repousse soient déjà exprimés.

Si on intègre les parcelles « indemnes », le taux de rejet/repousses retombe à 3 % des tubercules primaires, avec comme symptôme principal la formation de nouveau feuillage ou de germe sans tubercule secondaire.

Le calibre reste très en retard avec seulement 51 % de 50 mm+. La moyenne des cinq dernières années est de l’ordre de 79 %. Seules un tiers des parcelles atteignent actuellement la norme de 60 % de gros calibre. Le (trop) grand nombre de tubercules par plante (17 cette année, contre 13 en moyenne quinquennale) continue de pénaliser le calibre et la longueur des tubercules. Le calibre moyen n’a progressé que de 8 % en 2 semaines.

Par rapport aux années antérieures

Sur base de la date calendrier, la présente saison reste fortement en retard (de l’ordre de 7 t/ha) par rapport à la moyenne quinquennale. La courbe 2026 continue de suivre celle de 2022 mais avec le même déficit de +/- 7 t/ha. Rappelons que 2022 a terminé à 40,5 t/ha avec 74 % de gros calibre. 2026 reste meilleure que 2024 mais la date de plantation en 2024 se situait mi-mai.

Sur base du nombre de jours de croissance, les mêmes constats sont faits : déficit de l’ordre de 6 t/ha par rapport à 2022, et de l’ordre de 11 t/ha (!) par rapport à la moyenne quinquennale.

La tare pomme de terre (vertes, difformes, pourries, crevassées reste minime (de l’ordre de 3,5 % – évaluation sur les 19 parcelles en Flandre, principalement sous forme de difformes). Les 3 parcelles les plus « touchées » montrent de 10 à 14 % de tare, essentiellement des difformes et des crevassées.

Avec un PSE (très) élevés, prêter attention aux coups

Grâce au retour des pluies, le PSE moyen a régressé de 8 g pour « descendre » vers 418 g/5 kg. Il reste très largement réparti entre 348 et 476 g/5 kg. Plus de la moitié des parcelles a régressé mais des valeurs « excessives » (supérieures à 440 g/5 kg) restent observées sur 7 parcelles. À ces teneurs en matière sèche le risque d’une forte sensibilité aux coups est élevé (rupture des parois cellulaires et formation de tyrosine, composé bleu-gris). Une seule parcelle irriguée reste sous 360 g/5 kg.

La qualité de friture a été évaluée sur 19 parcelles en Flandre, avec un indice moyen très bon de 1,7 (variant de 1,1 à 2,2), avec 0,9 % de frites hétérogènes, et sans bouts bruns.

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